MONTAGNES ET GLACIERN DE L'ISLANDE
sence de mesures précises on attribue à l'ensemble de l'ile". Dans son ensemble, l'Islande peut être comparée à un plan incliné de l'est à l'ouest et surtout au sud-ouest. La région la plus peuplée, celle où se trouve la apiiale, Reykjavik, est aussi la partie de l'Islande dont l'altitude moyenne est la moins considérable.
La limite des neiges persistantes varie dans les montagnes de l'ile suivant les latitudes et l'exposition; mais elle est plus haute que le nom de « Terre des Glaces » ne pourrait le faire supposer : en maints endroits, des sommets de plus de 1000 mètres sont complètement découverts de neiges pendant l'été ; en moyenne, c'est à 860 où 870 mètres * au-dessus du niveau de la mer que passe cette ligne de la fusion des neiges d'hiver, Par un singulier contraste, les neiges descendent beaucoup plus bas sur les pentes méridionales du Vatna-Jükull que sur le versant du nord; la cause en est au vent du sud, qui apporte en abondance sur le penchant du midi les vapeurs sous forme de neige”. Le fell est la montagne, isolée ou rattachée à d'autres sommets, dont les chaleurs de l'été font reparaître en entier les escarpements rocheux ; le jJükull, au contraire, reste couvert de neiges, et de vastes névés emplissent les cavités de ses pentes".
Les glaciers proprement dits ne sont pas très-nombreux en Islande. Il est vrai qu'une grande partie de l'ile est couverte de jüklar*, mais la plupart de ces masses glacées sont très-faiblement inclinées où même horizontales sur de vastes étendues et leurs dômes les plus élevés atteignent à peine une centaine de mètres au-dessus des plaines environnantes. Par suite de leur immobilité relative, les jüklar restent à l'état de névé et ne se transforment que très-imparfaitement en glace. L'immense Vatna ou Klofa-Jükull, qui s'étend au sud-est de l’île sur un espace évalué diversement de sept mille cinq cents à huit mille huit cents kilomè- Les carrés, est un de ces champs de névé, çà et là bosselé de croupes, épanchant l'eau blanche des torrents. Les vrais glaciers se trouvent surteut
1 Altitude moyenne de l'Islande, d’après Le poldt : #70 mètres. ? Gunnlaugsson ; — Burton, Ultima Thule.
5 Watts, Across the Vatna-Jükull.
#“ Altitudes diverses de Pislande :
Oracfa-Jükull . . . . . . . . . 19956 mèt. Smjürfjull (nord-est)... . . . 1214 mt. Croupe supérieure du Vatna-Jokull, 1920 » | Lambafell (est)... . . . . . 1082 » Snaclell (est). . us 24e IN | Kistufell (sud-est). . . . . . . 1098 » Oester-Jükull où Evjafjallu-Jokull . ÆRIS » Dränga-Jôkull (nord-ouest). . . . 889 » Hekla . . . . . ue 150 | Glimu-Jükull( » » L.. . 90 » Ierdubreid. , Te | Keilie (au sud-ouest de Reykjavik). 389 » Snacfells-Jükull . . . . . . . . 1155 | Hoimaklettur (Vestimannacyjar). . 285 »
$ Pluriel de jükud
sur le pourtour de l'ile, à l'issue des brèches qui séparent les divers massifs de montagnes et des vallées qui découpent l'extérieur des plateaux. armi ces glaciers, le plus anciennement étudié est celui de Geitland, qui remplit une haute vallée, près du Hval-Fjérdr!, au nord de Reykjavik. Les nataralistes Olafsson et Pälsson le parcouraient déjà vers le milieu du siècle dernier et y faisaient, avant Pexploration des Alpes suisses, mainte observation sur les phénomènes des glaces : ils y reconnurent l'existence de crevasses, de courants superficiels, de & moulins », de « tables », de moraines, et cherchèrent à en donner l’explication. D’après les indigènes de l'époque, ce glacier, qu'ils n'osaient parcourir, aurait enfermé une profonde vallée, riche en prairies et en cultures, habitée par une tribu d'Hommes des Bois, descendants des anciens géants. Au sud-est de lIslande, les Skridjüklar ou « Glaciers Frémissants » qui s'épanchent des névés du Vatna-Jükull sont les plus considérables de l'île et ceux qui se meuvent avee le plus de rapidité, grâce à la pression des neiges supérieures. Is descendent jusque dans le voisinage de la mer, et ne laissent aux voyageurs qu'un étroit passage n'ayant guère plus de 200 mètres en 1874 et rendu fort dangereux par les torrents dont le lit change incessamment au milieu des sables. Ces glaciers ressemblent à ceux de la Suisse et le travail intérieur de la masse cristalline en mouvement S'y accomplit de la mème manière : les seules différences sont celles qui proviennent du climat et de la nature du sol.
Comme dans le reste de l’Europe, les glaciers ont en Islande des périodes d'accroissement et de diminution, Au milieu du siècle dernier, ils étaient en voie de développement, puisque Olafsson et Pälsson visitèrent sur la côte occidentale, près du Borgar-Fjürdr, des glaciers de formation récente. De nos jours, au contraire, il y aurait eu recul des fleuves de glace dans la plupart des vallées *; d’après le témoignage des indigènes, les monlagnes de l'Islande et les Alpes suisses, soumises depuis une vingtaine d'années aux influences d'une même vague atmosphérique, auraient vu leurs courants de glace diminuer dans la même proportion; cependant M. Wauts cite l'exemple de glaciers qui ont récemment débordé au loin dans les plaines. De 1871 à 1874, les moraines méridionales du Vatna-Jükull ont été repoussées vers le sud et, sur le versant septentrional du plateau, une langue de glace s’est projetée de 16 à 18 kilomètres en dehors de l'isthme qu'elle occupait lorsque Gunnlaugsson leva le plan de la contrée;
! La lettre islandaise D, D, se prononce comme le {4 anglais doux, dans the, these. La lettre » Pb, b, » Ur anglais dur, dans (hunder, trust. # Richard Burton, Ultima Thule,
divers mass plateaux.
eitland, qui Reykjavik.
e milieu du ses, mainte t l'existence ables », de s indigènes né une pro-
une tribu est de l’Isnt des névés se meuvent rieures, Ils L'aux voyaen 1874 et amment au se et le tramplit de la iennent du
les périodes , ils étaient rent sur la on récente, elace dans , les mone vingtaine wuraient vu cependant \u loin dans atna-Jükull lu plateau, dehors de la contrée ;
rusl,
GLACIERS ET LAVES DE L'ISLANDE, 90ÿ
la route qu'il prit alors est complètement recouverte par les glaces. Ainsi, en quarante années, les progrès du glacier auraient été d'au moins 400 mètres par an", L'Islande semble avoir aussi passé par une période de froid, pendant laquelle les fleuves cristallins descendaient beaucoup plus bas, même jusque dans la mer : les flancs des vallées qu'ont explorées les voyageurs portent les Lraces du passage de glaciers disparus. On en voit aussi de chaque’côté des fjords, sur les falaises riveraines. IEest vrai que des glaces flottantes, tombées des glaciers dans les baies, à une époque où le sol de l’île était moins élevé que de nos jours, auraient pu laisser ces marques sur le rivage*; mais les stries profondes burinées sur la pierre et l'usure des rochers prouvent que les masses entrainées cheminaient à l'élroit dans les vallées et dans les fjords : c'étaient bien des
glaciers qui s'avançaient ainsi dans les couloirs des montagnes.
L'île des Glaces, on le sail, mérile aussi le nom d'ile des Laves : de là sans doute celle assertion de l'ancien chroniqueur Adam de Brême, que les glaces de l'Islande, rendues noires par l’âge, finissaient par prendre feu. L'île se compose en entier de lerrains sortis du sein de la terre sous forme de laves et de cendres ; mais il est vrai que dans la plus grande étendue de l'île ces roches ont été reprises par les eaux marines et distribuées en assises nouvelles de tufs et de palagonite : dans son ensemble, l'Islande est de formation récente ; elle appartient à l'époque tertiaire. C'est alors que les volcans islandais commencèrent de s'élever hors des flots et que S'épanehèrent les premières coulées de lave qui servirent de fondement solide à tous les terrains de l'ile. Depuis cette époque, lIslande, tantôt déprimée, lanlôt soulevée, relativement au niveau des mers environnantes, n'a cessé d'être secoude par les feux intérieurs, Des volcans flambent encre en mainte partie de Pile et plusieurs eimes qui vomirent autrefois des laves et qui semblent se reposer actuellement témoignent d'un reste d'activité par les sources thermales et les fumeroles de leur base.
L'axe principal des voleans d'Islande est une ligne de fracture qui commence à l’est dans le plateau de Vatna-Jôkull et qui se continue vers l'ouest jusqu'à la pointe dite Reykjanes, et au delà, dans les profondeurs marines. Sur cette ligne de fracture s'ouvrent plusieurs bouches d'éruption, dont la plus connue est eelle de l'Hékla, ou le « Mont du Manteau », ainsi nommé
1 Watts, Across the Vatne-Jühull,
* Eugène Robert, Voyage en Islande et au Groenland. IV. 114
906 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,
des amas de vapeurs qui en entourent si fréquemment la cime‘. Cette montagne fameuse, qui fut longtemps considérée, avec le Vésuve et l'Etna, comme l'un des soupiraux de l'enfer, n'a pas de fréquentes éruptions : de 1104, « l'année de la grande pluie de sable », à 1875, on en compta seulement une vingtaine, et l'intervalle de repos dura jusqu'à trois quarts de siècle; mais d'ordinaire les convulsions de la montagne brûlante sont terribles. Les cendres qui s'en échappent, et que le vent’ emporte à des centaines de kilomètres, s'abattent en couches épaisses dans les plaines environnantes, dont elles brlent toute la végétation. En 1766, l'air fut complètement ohseurei à la distance de 240 kilomètres autour de la monlagne : à quelques mètres, la lumière la plus brillante disparaissait aux regards. En 1845, une poussière noire sortie de l'Hékla recouvrit le pont d'un navire, à 590 kilomètres au sud de la montagne : dès lé soir même de l’éruption, la cendre tombait aux Färôer ; le lendemain, elle noircissait le gazon des Oreades?, Autrefois, les fréquentes aurores boréales que l’on voyait de l'Écosse du Nord étaient prises pour le reflet des éruptions de l'Hékla. Halley lui-même, au commencement du dix-huitième siècle, raconte que des Orcades il à vu cette lueur dans la direction de l'Islande et
que, d’après le témoignage unanime des insulaires, il fallait en attribuer
la cause à un incendie de l'Hékla”, Après chaque éruption, la forme de la montagne se trouve avoir changé; on à même pu croire, en comparant les mesures de MM. Descloiseaux et Bunsen à celles de leurs prédécesseurs, que l’éruplion de 1845 aurait eu pour résultat d'abaisser de 150 mètres le cône suprême de l'Hékla ; il est vrai que le cratère de 1845, encore visible, s'ouvre sur le versant, à une assez grande distance au-dessous du sommet*; mais peut-être celte bouche n'était-elle que l'issue inférieure des laves et les cendres s'échappaient-elles par le sommet du volcan. Depuis 1770, époque de l'ascension de Bank et Solander, l'Hékla à été souvent gravi; avant l'éruption de 1875, la cime principale était percée de deux bouches.
Le volean le plus méridional de lislande, le Katla où Kôllugjä, qui s'élève à 60 kilomètres au sud-est de l'Hékla et que les marins d'autrefois ont souvent confondu avec lui, a fait explosion à peu près aussi fréquemment que l’Hékla : son cratère, maintenant empli de glace, à rejeté des cendres et des torrents d’eau quinze fois depuis l’année 900, et parfois
1, Preyer et F, Zirkel, Reise nach Island.
# Eugène Robert, Voyage en Islande et au Groenland sur.la rorvetle la Recherche, 5 Atlas maritimus el commercialis, p. 41.
# Burton, Ultima Thule,
me'. Cette set l'Etna, éruptions :
en compla rois quarts ùlante sont jorte à des les plaines j, l'air fut de la monaissait aux rit le pont soir même noircissait es que l'on uptions de siècle, ral'Islande et n attribuer orme de la parant les lécesseurs, 50 mètres 45, encore dessous du inférieure lu volcan.
a été soupercée de
lugjä, qui d'autrefois
fréquemrejeté des et parfois