‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 87 sur 552 · INDUSTRIE ET COMMERCE DE LA BELGIQUE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE ET COMMERCE DE LA BELGIQUE

dant des saisons entières et même des années, livrent les ouvriers, par dizaines de mille, à la misère et aux maladies qui en sont la conséquence. On peut juger du dénûment d’une part considérable de la population par ce fait, que la moitié des maisons ont dù être exemptées de l'impôt, leur valeur locative étant estimée à moins de 42 francs. I faut ajouter toutefois que le fise se contente souvent pour cette statistique de déclarations fictives, qui restent bien au-dessous de la valeur locative réelle !,

Les échanges des cités belges se sont accrus dans la même proportion que leur industrie, D'ailleurs ils ont toujours été considérables depuis l'époque historique. Dès les temps de l'empire romain, le commerce des tissus, du sel, des oies, des jambons, était très-actif entre le pays des Ménapiens et Fltalie; mais il est vrai qu’une forte part de ce trafie, peut-être la plus considérable, revenait aux Ménapiens des bords du Rhin, habitant les contrées qui sont devenues la Prusse rhénane et le grand-duché de

Luxembourg

. On sait aussi quelle fut l'importance des exportations, rs de la prospérité de l'industrie flamande, pendant les siècles qui précédèrent les guerres de religion. Mais, en comparaison du mouvement commercial actuel de la Belgique, celui des époques les plus prospères d'autrefois est insignifiant, pour ainsi dire. Em ameun pays du monde, si ce n’est dans les contrées récemment colomsées, comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, le va-et-vient des marchandises n’a pris une plus grande rapidité qu’en. Belgique : depuis la constitution de cet État en royaume séparé de la Neerlande, la valeur de ses échanges avec l'étranger à plus que vingtuplé. Quatre milliards et demi, plus que le coruaeree d'un vaste empire comme l’Austro-Hongrie, telle est la somme totale à laquelle s'élève l'ensemble des importitions et des exportations de la Belgique : à lui seul, le commerce spécrl depasse deux milliards et demi*, Par tête d'habitant, les échanges extérieurs sont de 600 franes, sans le transit; de 1000 francs, en tenant compie des marchandises et des denrées qui traversent le pays, de frontière à frontière. Parmi les États de l'Europe, la Belgique oceupe pour le commerce le quatrième rang; elle n'a de supérieures que l'Angleterre, la France, FAllemagne*,

* Nombre des maisons exemptées de l'impôt. en 1868 : 468 000, sur 969 000, Sur 4000 maisons en 1856 : 782 n'ayant qu'un rez-de-chaussée; Æ83 à un étage ; 35 à deux élages où plus. (Bertillon, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.) * Ernest Desjardins, Notes manuscriles.

5 Commerce général de la Belgique :

1831. , . .. 202 600 000 fr. |! 1860. 4 801 400 000 fr 1840. 429 900 000 » | 1N70 . 3 2892 000 000 » 1850. 919 500 000 » | 1876. 4 545 800 000 »

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C'est avec la France que la Belgique entretient les relations les plus importantes *. ne saurait en être différemment, puisque la frontière du royaume, du côté de la France, est de beaucoup la plus longue, et que Paris est le centre commercial vers lequel convergent toutes les Tignes de Ta Bel-

N® 5£, — ACCROISSEMENTS COMPARÉS DE LA POPULATION ET DU COMMERCE DE LA BELGIQUE.

sique, celles de Liège, de Bruxelles, d'Ostende, Mais si lon tient compte du mouvement de transit dans le commerce général de la Belgique, F'Alle-

magne devient la rivale de la France, paree que le territoire belge est son

| Ï nerce spécial de la Belgique avec les diverses nations en ISTà : Hnpor ( . 996 597 000 fr, Export. en France, 344 047 000 fr. Total, 700 354 000 fr. l'\nzlet 249 275 000 » n en Angleterre 208 642 000 » ) 457 915 000 Lollverein. 162 574 000 » au Zollverein 229 295 000 » 591 796 000 il ! 169 5356 000 en Hollande, 150 155 000 » \ 219 691 000 »

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COMMERCE DE LA BELGIQUE. 169 intermédiaire naturel avee l'Angleterre !. Les principales marchandises qui traversent le pays sont les laines et les tissus de toute espèce, tandis que les

grains sont la denrée importée en plus grande quantité pour être consommée

dans la contrée, Loin de pouvoir produire la nourriture nécessaire à sa popu-

lation surabondante, la Belgique est obligée d'acheter à l'étranger des céréales® pour une somme de 160 à 180 millions, qu'elle échange prineipalement avec ses houilles et ses cokes, ses fers, ses fils et ses tissus de lin, de laine, de chanvre *.

La part du commerce belge qui se fait par les frontières de terre constitue

environ les deux tiers des échanges *. L'autre tiers se concentre presque

entièrement dans le port d'Anvers, qui non-seulement est le grand marché maritime de la Belgique, mais en même temps, grâce au transit, une place commerciale des plus importantes pour tout le centre de l'Europe. Toutefois, ce ne sont point des navires belges qui prennent la grosse part des marchandises entreposées dans les magasins d'Anvers : ils n'en reçoivent pas même la dixième partie; FAngleterre s'est emparée de près des

deux tiers du commerce maritime de la Belgique”. Sauf quelques excep-

ns, les industriels belges n'exportent pas les produits de leurs fabriques pour leur propre compte; faute de relations directes avec l'étranser, ils attendent que des intermédiaires viennent prendre leurs marchandises. De la même manière, les expéditeurs belges s'adressent à des marins étrangers, anglais, scandinaves, allemands, italiens même, pour leur faire transporter les cargaisons : les Flamands, qui furent les prineipaux initiateurs des Hollandais dans Part de la navigation, sont maintenant presque sans marine, sans doute par l'effet de fausses mesures fiscales, car ni le fer pour fournir la coque des bâtiments, ni le chanvre pour les gréer, ni les ouvriers pour les construire, ne manquent à la Belgique.

! Commerce général en 1879 : Entre la Belgique et la France, 1201950 000 fr. » » » à » et PAllemagne. 1151019 000 ; ? Grains étrangers consommés en Belgique en [875 : 686,708 tonnes, d'une valeur de, 4, , , . 182 666 000 fr. 5 Principales marchandises exportées de Belgique en 187 : Fils de coton, laine, ete... 411055 000 fr, Fers de toute espèce, …… . 67410000 fr Houilles et cokes 99 561 000 Peaux brutes... . 48 206 000 » Étoupes et ins... . 93411000 » Machines et mécaniques... 47 914000 : Tissus de laine, coton, lin, ete, 81 207 000 Pierres... . , à à 40 297 000 Verre... 0 2 2 40049 000 fr.

* Commerce belge fait par la voie de terre en 1876 2 64,9 pour 100, » » de mer ) 09,1 Ù 5 Part de la Belgique dans le tonnage de son propre commerce maritime en 1876 : 7,1 p. 100, » l'Angleterre dans le tonnage du commerce maritime de la Belgique 5 65,9 p. 100.

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