‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 246 sur 545 · N° S5. — MARAIS PONTINS · texte numérisé non relu

N° S5. — MARAIS PONTINS

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se trouve que Peau surabondante des bassins limitrophes Sépanche par dessous les montagnes dans la dépression des marais Pontins. M. de Pron a constaté que lt masse liquide versée à la mer par le Badino, canal d'écoulement des marais, dépasse de plus de moitié l'eau de pluie reçue annuelle ment dans de bassin. C'est que le Kacco, tributaire du Garigliano, et de

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Teverone, affluent du Tibre, s'écoulent partiellement dans les marais par des ruisseaux cachés qui passent au-dessous des monts Lepini et rejaillissent de Pautre côté en sources très-abondantes. Lors des grandes pluies, tout se trouve inondé, Pendant les sécheresses, un nouveau danger se produit : que des pâtres insouciants allument des broussailles sur Les pâturages desséchiés, le sol tourbeux S'enflanme aussitôt et brûle jusqu'au niveau des eaux souterraines; ainsi se forment de nouvelles euvettes marécageuses dans les endroits que l'on croyait le plus à Fabri des inondations. Mais, pendant la plus grande partie de l'année, l'aspect des marais Pontins est celui d'une plaine couverte d'herbes et de fleurs : on se demande avec étmmement comment ces campagnes si fécondes restent encore inhabitées. La ville de Ninfa, qui fut bâtie vers le onzième où douzième siècle à l'extrémité septenirionale de Ha plaine, dans la région li moins insalubre, est pourtant abandonnée. On la voit encore presque entière, avec ses murs, ses tours, ses églises, ses couvents, ses palais, ses demeures, toute revêtue de lierre, d'autres plantes grimpantes, d'arbustes fleuris.

Pour l'assainissement des marais Pontins, 1 semblait tout naturel d'avoir recours à la pratique du colmatags, qui a rendu tant de services dans la vallée de la Chiana. On la tenté, en effet, et çà et Re quelques bons résultats ont été oblenus; mais, ainsi que le fait remarquer de Prony, €ehair » des montagnes avoisinantes est presque épuisée; les eaux n'en détachent plus guère que des blocs de rochers, des cailloux, des graviers; 1 men descend que fort peu de ces sables fins et de ces argiles ténues nécessaires à la formation des colmates, Il faudra done recourir à des moyens d’assainissement moins simples el plus coûteux. Ces moyens existent, aucun mgénieur n'en doute, Test possible d'assécher et de repeupler ces contrées, qui sont aujourd'hui des foyers de pestilence et dont les rares habitants, toujours sccoués par les fièvres, succombent d'anémie au bord des chemins. Bien employées, les dépenses seront largement couvertes par les produits de celle plaine féconde, qui, presque sans culture, fournit déjà les plus belles récoltes de blés et de maïs. Lorsque ce grand travail de récupération aura été conduit à bonne fin, les antiques cités des Volsques renaitront du sol qui

recouvre leurs ruines.

Jusqu'à nos jours, le fleuve romain par excellence, Le Tibrè, est aussi resté Incorrigibles; ses crues soudaines, sans être comparables à celles du Po, de la Loire et du Rhône, sont fort dangereuses 2 on les dit plus redou-

bles qu'aux temps de Fancienne république. Depuis Aucus Martius, on

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