‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 268 sur 545 · VÉSUVE EE TREMBLEMENTS DE LLRRE. TR · texte numérisé non relu

VÉSUVE EE TREMBLEMENTS DE LLRRE. TR

l'Italie méridionale, la plupart ont été ressentis dans cette région, et quelques-uns ont exercé une force de destruction dont les résultats épaus vantent.

Le grand désastre le plus récent, celui de décembre 1857, coûta la vie à plus de 10,000 personnes, à Potenza et dans les environs ; mais le plus terrible de ces ébranlements raconté par l'histoire fut celui de 1785, qui secoua la pointe extrême de la péninsule des Calabres. Le premier choc, dont le point initial se trouvait à peu près au-dessous de la ville d'Oppido, dans le massif de l'Aspromonte, ne dura que cent secondes, et ce court espace de temps suffit pour renverser 109 villes et villages, contenant une population de 166,000 personnes, dont 52,000 restèrent écrasées sous les débris. La disposition des terrains de la contrée fut pour beaucoup dans ce désastre, En effet, les talus ravinés qui s'appuient sur les flancs des montagnes granitiques de la Calabre Ultérieure sont composés de formations tertiaires, sables, marnes et argiles. En passant à travers la roche, douée d'une certaine élasticité, quoique fort dure, les secousses se propageaient régulièrement sans brusques soubresauts; mais, arrivées aux terrains meubles, elles se retardaient soudain; le mouvement se troublait, changeait de direction, et de grands éboulis se produisaient ; marnes et sables s'écroulaient en entraînant avec eux les cultures et les édifices de la surface; comme dans la plaine de San Salvador, en Amérique, des secousses relativement faibles déterminaient ainsi d’effroyables éeroulements. Telle est la cause de ces lézardes bizarres, de ces étranges déchirures du sol qui firent l’étonnement des savants et que reproduisent à l’envi, d’après les figures de l’époque, tous les ouvrages de géologie. En certains endroits, la terre était étoilée de fissures comme une vitre brisée; ailleurs des fentes s'étaient ouvertes à perte de vue dans les profondeurs ; des ruisseaux s'étaient engouffrés el plus loin reparaissaient en lacs; des marnes délayées avaient coulé sur les pentes comme des fleuves de lave, noyant les maisons et recouvrant les cultures d’une couche infertile. Les ruines, les changements de niveau, les crevasses béantes rendaient plusieurs sites presque méconnaissables. Aux désastres causés par tous ces écroulements s’ajoutèrent les maux occasionnés par les tremblements de mer. Une grande partie de la population de Scilla, craignant de rester sur le rivage vibrant, s'était réfugiée sur une flottille de barques; mais une énorme masse de terre, se détachant d’une montagne voisine, s’éboula dans les eaux, et la vague d’ébranlement vint se heurter sur les rives avec les débris des embarcations rompues. Puis vinrent la famine, causée par le manque de vivres, et le typhus, conséquence ordinaire de tous les autres fléaux.

S'il est encore impossible de prévoir les tremblements de terre et de se prémunir contre eux autrement que par une construction plus intelligente des maisons, il est du moins une cause de misère et de dépopulation que les habitants du Napolitain peuvent écarter, puisque leurs ancêtres y avaient réussi. Da temps des Grecs, les marais du littoral étaient certainement beaucoup moins nombreux qu'ils ne le sont de nos jours; les guerres et le retour des populations vers la barbarie ont détérioré le régime des eaux et, par conséquent, le climat lui-même. Baïa, le lieu salubre par excellence, la ville de campagne des voluptueux Romains, est devenue le

séjour de la malaria. De même, l’ancienne Sybaris, la ville du luxe et du plaisir, est remplacée par les mares de la plaine Fiévreuse (Febbrosa), «terre pourrie qui mange plus d'hommes qu'elle ne peut en nourrir. » Les miasmes paludéens, tel est le fléau qui, avec la misère et l'ignorance, décime encore les habitants de la Pouille, de la Basihicate, des Calabres. Certaines maladies asiatiques, léléphantiasis, la lèpre même, font aussi leurs ravages parmi ces populations, que la fertilité du sol et l'excellence du elimat naturel semblaient destiner à une grande prospérité.

En effet, les contrées napolitaines, bien nommées Siale continentale, depuis les temps de la domination normande, qui fonda le royaume des DeuxSiciles, sont une région favorisée. Le versant occidental surtout, baigné par une quantité suffisante de pluies annuelles, pourrait devenir un immense jardin, comme le sont déjà quelques-unes de ses plages, à Sorrente, à Salerne, à Reggio. La température moyenne de Naples est semi-tropicale ; en hiver, ie thermomètre n’est pas même inférieur d’un degré à la hauteur qu'il offre à Paris pour la moyenne de toute l'année. La neige y tombe fort rarement et ne se montre pendant quelques <emaines ou quelques mois que sur les croupes des montagnes". Dans les jardins et les vergers du bord de la mer, la végétation est d’une richesse toute méridionale : les orangers et les citronniers, chargés des plus beaux fruits, y poussent en grands arbres; les dattiers, se groupant en bouquets, y déploient leurs éventails de feuilles, et parfois, à Reggio notamment, ils ont mûri leurs fruits ; l’agave américaine Y dresse ses hauts candélabres; la canne à sucre, le cotonnier et d’autres plantes industrielles, qui dans le reste de l'Europe se hasardent à peine en dehors des serres, vivent ici dans les champs en pleine Hiberté, Quant à l'olivier, l'arbre par excellence des plages de la Méditerranée, c’est dans les Calabres qu'il faut en parcourir les admirables forêts, non moins ombreuses que

1 Climat du Napolitain :

Température moyenne, Extrôme de hand, Extrême de froid, Pluies annuelles.

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