POPULATIONS NAPOLITAINES
de nourrices aux enfants des bourgcois de Reggio. De mème les femmes de Bagnara, entre Scilla et Palmi, sont d'une étonnante beauté, célébrée d'ailleurs par un proverbe italien ; mais elles ont un type quelque peu farouche, où lon croit discerner une trace d’origine arabe ; leur visage n’a pas la noble placidité de la figure grecque.
On raconte que les fenimes des villages encore helléniques des Calabres exécutent fréquemment une danse sacrée, qui dure pendant des heures el qui ressemble tout à fait à celle que l’on voit représentée sur les anciens vases ; seulement elles dansent devant l'église et non plus devant les temples, et ce sont des prêtres qui bénissent leurs cérémonies. Lors des enterrements, des pleureuses accompagnent le mort en poussant des cris el recueillent précieusement leurs larmes dans des lacrymatoires. Ailleurs, notamment dans les environs de Tarente, les enfants consacrent leur chevelure aux mänes des parents défunts. Avec ces anciennes mœurs s'est également maintenue l’ancienne morale. La femme est encore considérée comme un être très-inférieur à Fhomme; sa position n'a guère changé depuis deux mille ans dans cette partie de la Grande Grèce. Même à Reggio, les dames de la bourgeoisie et de Ta noblesse qui se conforment à la tradition restent dans le gynécée; elles ne vont point au théâtre, sortent rarement, et, quand elles se promènent, elles se font accompagner, non par leur mari, mais par des suivantes aux pieds nus.
Aux éléments samnites, iapygiens et grecs qui ont formé la grande masse de la population de lltalie méridionale, il faut ajouter les Étrusques de la Campanie ; les Sarrasins, qui s’'établirent dans là presqu'île du Gargano et ceux dont on croit reconnaitre les descendants, dans la Campanie, à la marine » de Reggio, à Bagnara et dans plusieurs autres villes de Ta côte ; les Lombards de Bénévent, qui parlaient encore leur langue 4 a huit cents ans: les Normands, dont les fils seraient actuellement des pâtres de x montagne; enfin les Espagnols, que l’on retrouve en plusieurs villes du littoral, notamment à Barletta dans l'Apulie. De tous les étrangers domiciliés dans l'Italie méridionale, ceux qui ont fourni le contingent le plus considérable pendant les derniers siècles sont probablement les Albanais. Is sont nombreux sur tout le versant oriental de la Péninsule, du promontoire de Gargano à l'extrémité des Calabres, Dès 1440, un de leurs clans s'était établi en Htalie, mais la grande émigration se fit pendant la dernière moitié du quinzième siècle, après les héroïques luttes soutenues par le grand Seanderbeg; les Chkipétars vaineus n'avaient alors d'autre ressource que lexpatriation pour échapper au joug des Musulmans, Les rois de Naples, heureux d'ac-
cueillir dans leur armée de st vaillants soldats, concédèrent aux familles