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do8 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
de l’étonnante fertilité des laves du volcan. Les jeunes pousses des taillis, si droites, si lisses et toutes gonflées de séve, s’élancent du sol avec une fougue singulière ; en quelques années, quand le voudront les agriculteurs, la zone déboisée de l'Etna pourra reprendre sa parure de feuillage.
Quant à la zone des cultures, qui forme une large bande cireulaire à la base de la montagne, c’est en maints endroits le plus admirable des jardins. Les bosquets d’oliviers, d’orangers, de citronniers et d’autres arbres à fruits, auxquels se mêlent çà et là des groupes de palmiers, transforment toutes les premières pentes en un immense verger ; de nombreuses villas, des coupoles d’églises et de couvents se montrent de toutes parts au-dessus des massifs de verdure. La terre est si fertile, que ses produits peuvent suffire à une population trois ou quatre fois plus dense que celle des autres contrées de la Sicile et de l'Italie. Plus de trois cent mille habitants se sont groupés sur les pentes de cette montagne, que de loin on considère comme devant être un lieu d’épouvante et de péril imminent, et qui de temps à autre s’ent’ouvre en effet pour noyer ses campagnes sous un déluge de feu. À Ta base du volcan, les villes touchent aux villes et se suivent comme les perles d'un collier!. Qu’une coulée de lave recouvre une partie de la chaîne d'habitations humaines, bientôt celle-ci se reforme au-dessus des pierres refroidies. Des bords du cratère de l'Etna, le gravisseur contemple avec étonnement toutes ces fourniilières humaines à l’œuvre au pied de la puissante montagne. La zone concentrique de verdure et de maisons contraste étrangement avec le désert de neiges et de cendres noires qui occupe le centre du tableau et, par delà le Simeto, avec les escarpements inhabités des monts calcaires. Mais ce n'est là qu'une partie de l’immense et merveilleux panorama de 200 kilomètres de rayon. C’est à bon droit que les voyageurs célèbrent le spectacle presqu> sans rival que présentent les trois mers d’Ionie, d'Afrique et de Sardaigne, entourant de leurs eaux plus bleues que le ciel le grand massif triangulaire de la Sicile, les hautes péninsules de la Calabre et les îles éparses de l'Éolie.
Les monts Pélore, qui continuent en Sicile la chaîne italienne de PAspromonte, sont de hauteur bien modeste en comparaison de lEtna, mais ils existaient déjà depuis des âges, lorsque la région où s'élève de nos jours le volcan était encore un golfe de la mer. On croyait jadis que la plus haute cime du Pélore, consacrée à Neptune par les anciens, puis à la « Divine Mère » (Dinna Mare) par les Siciliens modernes, était percée d’un cratère; mais 1l n’en est rien. Composées de roches primitives et de transition, revè-
Population kilométrique de l'Italie... . . . , . , , . « 90 hab.
» » de la zone habitable de l'Etua, , , « « 000 »