‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 288 sur 545 · ETNA, PELORE ET MADONIA · texte numérisé non relu

ETNA, PELORE ET MADONIA

tues sur leurs flancs de calcaires et de marbres, ces montagnes longent d’abord le littoral de la mer d’Ionie, tout bordé de caps abrupts, puis elles reploient vers l’ouest leur crête principale et courent parallèlement aux côtes de la mer Éolienne. Vers le milieu de sa iongueur, la chaîne, connue en cet endroit sous le nom de Madonia, atteint sa plus grande élévation, et de magnifiques forêts, encore épargnées par la hache, lui donnent un aspect tout septentrional : on pourrait se croire dans les Apennins ou dans les Alpes Maritimes. Des promontoires calcaires, presque entièrement isolés, s’avancent dans les flots au nord des montagnes et, par la beauté de leur profil, la variété de leurs formes, font de cette côte une des plus remarquables de la Méditerranée. Même après avoir visité le littoral de la Provence, de la Ligurie, du Napolitain, on reste saisi à la vue des caps superbes de la côte sicilienne; on contemple avec admiration l'énorme bloc quadrangulaire de Cefalà, la colline plus doucement ondulée de Termini, les masses verticales de Caltafano, et surtout, près de Palerme, la forteresse naturelle du Monte Pellegrino, roche presque inaccessible de 20 kilomètres de tour, où le vieil Hamilcar Barea se maintint durant trois années contre tous les efforts d’une armée romaine. Le mont San Giuliano, qui termine la chaîne à l'occident, esi aussi un piton calcaire presque isolé : c’est l’ancien mont Evyx, jadis consacré à Vénus.

Toutes les montagnes qui rayonnent de la grande chaîne vers les parties méridionales de l’île vont en s’abaissant par degrés. La déclivité générale de la Sicile est tournée vers les côtes de la mer d'Ionie et de la mer d'Afrique ; aussi l'écoulement des eaux se fait-il presque uniquement sur ces deux versants extérieurs ; toutes les rivières à cours permanent, le Platani, le Salso, le Simeto, coulent au sud de l’arête des monts Nébrodes et Madonia ; les torrents du versant septentrional ne sont que des fumare, formidables après les pluies, perdus dans les champs de pierre pendant les sécheresses. C’est également au sud des montagnes que s'étendent les lacs et les marais de l’île, les pantanà et le lac ou biviere de Lentini, la plus grande nappe d’eau de la Sicile, le lac de Pergusa où d'Enna, entouré jadis de gazons fleuris où jouait Proserpine lorsque le noir Pluton vint la saisir, le « vivier » de Terranova, et plusieurs autres nappes marécageuses qui furent autrefois des golfes de la mer, Autant la côte septentrionale est pittoresque, imprévue de contours, hérissée de promontoires escarpés, autant la côte du sud est uniforme ct rhythmée en anses également infléchies, sableuses et manquant d’abri, Sur ce rivage, les ports naturels sont rares et périlleux : pendant les tempêtes d'hiver les navires ont à courir de grands dangers dans ces parages.

La longue déclivité de la Sicile, au sud des monts Madonia, se compose

ETHEESS

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