‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 289 sur 545 · TS · texte numérisé non relu

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540 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE.

de terrains tertiaires et'de strates plus modernes, contenant en abondance des coquillages fossiles, dont la plupart se trouvent encore à l'état vivant dans les mers voisines, Divers géologues, et surtout Lyell, ont pu mesurer l'âge relatif des argiles et des brèches calcaires de ces contrées par la proportion plus ou moins grande des"testacés que l’on recueille à la fois dans les roches et dans les eaux. On à constaté que nulle part en Europe les strates de formation récente ne sont plus solides, plus compactes et plus élevées qu'en Sicile ; près de Castro-Giovanni, au centre même de l’île, les roches postpliocènes atteignent 900 mètres de hauteur ', Une autre particularité remarquable est que des couches tertiaires, constituant des massifs de hautes collines au sud de Ia plaine de Catane, alternent avec des strates de matières volcaniques. Ce sont évidemment des éruptions sous-marines qui ont maçonné ces assises de caleaire et de tuf entremêlés, Tandis que les argiles, les sables, les amas de coquillages se déposaient en lits réguliers au fond de la mer, des bouches d’éjection s’ouvraient soudain, pour vomir des cendres et des scories, puis la mer recommençait son œuvre; elle égalisait les débris et formait de nouvelles couches alluviales, que d’autres matières voleaniques venaient crevasser et recouvrir. C’est de la même manière que se forment au-dessous de la mer les couches profondes situées à l'ouest du bane de Nerita, entre Girgenti et l’île de Pantellaria. Le volcan de Giulia ou Ferdinandea y fait de temps en temps son apparition depuis la période historique. On dit Pavoir vu en 1801 ; trente ans plus tard, il surgit de nouveau et s’entoura d’un îlot de 6 kilomètres de tour, que purent étudier de Jussieu et Constant Prévost; en 1865, il a reparu pour la troisième fois; mais le temps de l’émersion définitive n’est pas encore venu. La mer a toujours balayé les cendres et les scories pour les étaler en couches régulières et les faire alterner avec ses propres dépôts. En 1840, la butte sous-marine du volcan n’était recouverte que par 2 mètres d’eau ; actuellement la sonde n’y trouverait pas le sol à 100 mètres de profondeur.

Cette bouche d'éruption ouverte en pleine Méditerranée n’est pas le seul témoignage de l'activité du foyer souterrain dans les parties méridionales de la Sicile. Diverses sources minérales dégagent de lacide carbonique et d'autres gaz provenant du travail intérieur. Dans le lac intermittent de Nafla ou de Palici, situé près de Palagonia, au sud de la plaine de Calane, trois petits craières s'ouvrant au milieu des eaux bitumineuses lan-

Altitudes diverses de la Sicile :

Mont Etna.. 5,919 mètres (trig.). | Centorhi.. , . . . . . 796 mètres (lrig.) Madonia (Pizzo di Case). 1,951 » Monte San Giuliano, . . 700 » Dinnamare. 1,100 » Monte Pellegrino. . . , 600 »

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FOYERS SOUTÈERRAINS DE LA SICILE. o41

cent à gros bouillons des gaz irrespirables; les oiseaux évitent de voler au-dessus du lac et les petits animaux qui s’en approchent y laissent leurs adavres. Les dieux Paliei étaient tellement redoutés par les anciens, que l'asile de leur sanctuaire était inviolable et que les eselaves réfugiés y acquéraient le droit de dicter des volontés à leurs maîtres ; encore de nos jours, ces cratères lacustres inspirent une grande terreur aux indigènes, quoiqu'ils n'aient pas remplacé par une chapelle propitiatoire les temples des païens. Il est probable que le lac de Pergusa présente aussi quelquefois des phénomènes du même genre ; cet ancien cratère, d'environ 7 kilomètres de tour, est presque toujours très-peuplé d’anguilles et de fainches, mais soudain tous ces poissons périssenc et la surface du lac se recouvre de leurs corps en décomposition . sans doute ce sont des émissions de gaz qui causent la foudroyante mortalité, Plus à l'ouest, près de Palazzo Adriano, une nouvelle salse à jailli du sol en décembre 1870. Tout le sous-sol de la Sicile cit en effervescence chimique.

En dehors de la Sicile etnéenne, le principal centre de l’activité volcanique se trouve dans les environs de Girgenti, au lieu dit les Maccalube, L'aspect de la plaine y change suivant les saisons; en été, de petits cratères emplis d'une bouillie argileuse dégagent incessamment des bulles de gaz et déversent de la boue sur leurs talus extérieurs; mais quand viennent les pluies d'hiver, tous les cônes sont délayés et mélangés en une sorte de pâte d'où s'échappe la vapeur. Au commencement du siècle, de petits tremblements de terre secouaient parfois le sol, et des jets de boue et de pierre s’élevaient en gerbes à 10 ou 20 mètres de hauteur; en 1777, une éruption exceptionnelle avait projeté les débris à plus de 50 mètres de haut. De nos jours, les Maccalube sont plus tranquilles. Comme les volcans de laves, ces laboratoires de boues ont leurs périodes de calme et d'exaspération.

Les gisements de soufre, qui sont l’une des principales richesses de la Sicile, proviennent sans doute indirectement des foyers de lave qui bouillonnent au-dessous de la contrée; mais aucun ne se trouve sur les pentes ni dans le voisinage immédiat du Mongibello. Les masses de soufre, éparses en petits bassins, sont disposées de l’est à l'ouest sur plus d'un quart de la superficie de Pile, dans les terrains tertiaires qui s'étendent de Centorbi à Cattolica dans la province de Girgenti. Ils datent tous de l'époque miocène supérieure et reposent sur des bancs d'infusoires fossiles exhalant une forte odeur de bitume. Les géologues discutent encore sur la manière dont s’est déposé le soufre, mais il semble très-probable qu'il provient de sulfure de chaux apporté du sein de la terre par les sources thermales et décomposé

par les intempéries, La formation géologique où se tronve le soufre est

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