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DÉCRET Er mer
l'intérieur, Paceent Tombard a gardé quelque chose de celui des anciens maîtres franco-normands, D'ailleurs le dialecte sicilien, surtout dans les districts les plus reculés de l'intérieur, n'est pas encore complétement italianisé; il contient toujours plusieurs termes grecs ; en outre, beaucoup de mots arabes et de noms de villes rappellent l'ancienne domination des Sarasins, Une des expressions les plus curieuses est celle de «val», qui S'ipplique aux diverses provinces de la Sicile, et que l'on croit dérivée de vali, l'ancien Utre des gouverneurs politiques. L'idiome sicilien, moins sonore que ceux du continent italien, supprime souvent les voyelles entre les consonnes et change les 0, et même les «et les ?, en où, ce qui rend le parler à la fois plus dur et plus sourd; mais il se prête admirablement à la poésie. Les chants populaires de la Sicile ne le cèdent en grâce naturelle eten choix délicat d'expressions qu'aux admirables rispetti de la Toscane.
De tous les immigrants qui sont venus, de gré ou de force, peupler la Sicile à diverses époques, les Albanais, dits Greci dans le pays, sont les seuls qui ne se soient pas encore entièrement fondus avec les populations environnantes ; ils forment des groupes distinets de langage et de rites religieux dans quelques villes de lintérieur, et surtout à Piana de’ Greci, sur une terrasse qui domine au sud la conque de Palerme. Mais, si la fusion entre tous les autres éléments ethniques semble accomplie, la différence des populations siciliennes est néanmoins très-grande, suivant la prépondérance de teile ou telle race dans le croisement, Ainsi les Etnéens, surtout les habitants de Catane et d’Aci-Reale, qui sont peut-être d'origine hellénique plus pure que les Grecs eux-mêmes, puisqu'ils ne sont point mélangés de Slaves, ont une excellente renommée de bonne grâce, de gaieté, de douceur, d'hospitalité, de bienveillance. Ge sont les plus intelligents, les plus instruits des Siciliens. Ceux de Trapani et de San Giuliano sont, dit-on, les plus beaux, et leurs femmes charment l'étranger par la régularité de leur visage et la grâce de leur physionomie, Les Palermitains, au contraire, chez lesquels l'élément arabe à eu plus d'influence que partout ailleurs, ont en général les traits lourds, disgracieux, presque barbares; ils n’ouvrent pas volontiers leur demeure pour la mettre à la disposition de Pétranger ; ils gardent jalousement Pépouse dans la partie la plus sombre de leur maison ; leurs mœurs sont encore un peu celles des musulmans.
C’est aussi dans Palerme et son district que les mœurs féroces de la guerre, de la piraterie, du brigandage se sont maintenues le plus longtemps. Les lois de l'omertà, « code des gens de cœur, » font un devoir de la vengeance. À chi tà toglie il pane, e tu toglili la vita ! (A qui te prend le pain, eh bien, toi, prends la vie!) tel est le principe fondamental du code; mais,