VILLES DE LA CORSE
Liamone, baigne aussi des plages dépeuplées, et de la ville même de Sagone, exposée à la malaria, il ne reste qu’une tour et un débris d'église. Mais tandis que la € marine » de ce golfe perdait ses habitants et son commerce, celle d'Ajaccio qui découpe le littoral, au sud d'un cap prolongé au loin dans la mer par les blocs de granit rouge des îles Sanguinaires, prenait une importance croissante. Ajaccio, d'abord simple faubourg maritime de Castelvecchio, qui se dresse sur une colline de l'intérieur, était déjà au milieu du siècle dernier la ville la mieux tenue, la plus agréable de la Corse; maintenant elle espère devenir bientôt la rivale, peut-être la supérieure de Bastia par la population et le mouvement des échanges ; d'ailleurs, en qualité de chef-lieu administratif de l’île, elle jouit d'avanlages auxquels se sont ajoutées les faveurs du plus célèbre de ses fils, Napoléon Bonaparte, et de loutes les puissantes familles qui se sont alliées à sa fortune. Tous les édifices, toutes les rues d’Ajaccio rappellent par quelque trait les deux périodes de l'empire. Comme industries spéciales, les habilants n'ont guère que la pêche et la culture des riches vergers environnants ; depuis quelques années ils ont aussi les ressources que leur procure la visite de nombreux étrangers, malades où en santé, qui viennent jouir
du climat local, de l'admirable vue du golfe et des promenades charmantes
que l'on peut faire dans les jardins et sur les coteaux des alentours.
Les autres villes de la Corse sont de petites localités sans importance, Sartène, quoique chef-lieu d'arrondissement, n'est qu'une simple bourgade, et toute l'activité du district se concentre dans le petit port de Propriano, rendez-vous de la flottille des corailleurs napolitains dans le golfe de Valinco; Corte, autre chef-lieu d'arrondissement, et fameuse dans l'histoire de la Corse comme l'acropole de l'île et comme la patrie des héros de lindépendance, est à peine plus populeuse que Sartène ; Porto-Vecchio, quoique possédant le havre le plus sûr de toute la Corse, n'est fréquenté que par quelques caboteurs ; enfin Bonifacio, l'ancienne république alliée de Gênes, n'a d'importance que par ses fortilications". Ville fort pittoresque, elle occupe une position tout à fait isolée, au sommet d’un rocher de ealeaire blanchâtre, percé de grottes que ferment à demi les festons des Tianes et où viennent s’engouffrer les vagues marines. Le profil des hautes montagnes de Limbara se dessine dans le ciel, «r delà les eaux du détroit et son
1 Population des villes principales de la Corse en 1872 :
Bastia... , , . . . 17,850 hab, Bomifacio, , , , , , ,. 2,600 hab. Ajaccio... . . . . . 16,50 » Bastelica. . , . . , . . 92,990 » Corte., , . , . . . . 5,450 » Calenzana, 2,600 » Sartène. , , , , , , . 4,150 » Calvi, .,,,,.,,. 2,17 »
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archipel d'îles et d'écueils graniliques où sont venus se briser tant de navires. On se rappelle encore le naufrage de la frégate la Sémillante en 1855 : près de mille hommes périrent dans ce désastre.
Département français, la Corse est divisée administrativement comme les circonscriptions de l'État continental. Elle se partage en cinq arrondissements, subdivisés en 62 cantons et en 360 communes, et dépend du 2° sous-arrondissement maritime de Toulon, de la 7° inspection des ponts et chaussées, de l'arrondissement minéralogique de Grenoble. Le chef-lieu de préfecture Ajaccio est aussi le siége du diocèse de la Corse ; Bastia possède la Cour d'appel!
1 Département de la Corse :
Arrondissements. Cantons. Communes. Superficie. Popul. en 1872. Popul. kilome Ajaccio, . . . 12 19 205,403 hect. 65,988 ôl Bastia. . . . 20 95 136,209 » 77,053 97 Calvi, 4... 6 3 100,284 » 25,124 25 Corte. . . . . 16 109 248,909 » 61,168 24 Sartène. , , . 8 #4 184,536 » 32,728 18
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