JUIFS ET TSIGANES
provenance arabe ; mais il ne parait pas qu'il en soit ainsi, car cette aspiration est plus fortement marquée dans les dialectes des provinces où n'ont jamais pénétré les Arabes, et, par contre, la langue des Portugais, qui pourtant furent asservis aux mahométans, ne possède pas la jofa castillane : ce son est done probablement d'origine locale, et se sera maintenu, malgré l'influence du latin, dans le parler des Espagnols.
En même temps que les Maures, les Juifs avaient singulièrement prospéré sur le sol de l'Espagne; quelques auteurs évaluent même à 800,000 le nombre de ceux qui vivaient dans la Péninsule avant l'époque des perséeutions. Souples comme la plupart de leurs compatriotes, ils avaient un pied dans les deux camps : ils servaient d'intermédiairés de commerce entre les chrétiens et les musulmans; ils s'enrichissaient en faisant les affaires des uns et des autres, en leur fournissant l'argent nécessaire pour se livrer bataille et s'entre-tuer, Pour subvenir à la guerre deux fois sainte de la croix et du croissant, il fallait pressurer le peuple, et les Juifs, agents du lise, s'étaient chargés de cette besogne. Aussi quand la foi chrétienne eut triomphé et que les rois, pour se payer des frais de la croisade, en proclamèrent une seconde contre les Juifs, ce fut avec une véritable explosion de fureur que le peuple se tourna contre eux; il les poursuivit d’une € immortelle haine, que le fer, le feu, les tortures, les bûchers n'assouvirent jamais ». Sans doute quelques familles de Juifs convertis par la peur au atholicisme réussirent à sauver leur existence el sont entrées depuis par les croisements dans la masse de la nation espagnole, mais l'élément israélite ne se trouve plus que pour une très-faible part dans la population de la Péninsule; la race à été plus que perséeutée, elle a été extirpée.
Plus heureux que les Juifs, les Tsiganes ou Zingares, dits Gitanos, c'est-àdire Égyptiens, sont assez nombreux en Espagne pour donner à certains quartiers des grandes villes une physionomie spéciale, Le mépris dont on les poursuivait et la simplicité empressée avee laquelle ils prationent la religion nationale les a fait tolérer partout ; jamais l'Inquisition, qui bràla tant de Juifs, de Maures et d’'hérétiques, ne fit périr un seul Gitano; elle se bornait à les laisser poursuivre comme simples délinquants civils et vagabonds par la police de la Santa Hermandad. Is ont pu vivre en paix, et, en maints endroits, sont devenus des eiloyens ayant leurs habitations fixes et leur gagne-pain régulier ; néanmoins ils diminuent, sans doute à cause des croisements qui les ramènent dans le gros de la population. Leur race est loin d'être pure, car il n’est pas rare que les Tsiganes épousent des Espagnoles ; en revanche la tribu ne permet pas souvent à ses filles d’épouser des étrangers. On dit que les Gitanos sédentaires, se rappelant d'instinct et de tradition la vie
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Sidés