N° 21, — DENSITÉ DES POPULATIONS D2 LA PÉNINSULE IBÉRIQUE, É
8 Gibraltar Tetuan sf d'après Minard etBehm Gravé cher Erhard.
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La face riveraine de la Péninsule, celle qui comprend les côtes de la Catalogne, de Valence et de Murcie, Mälaga, Gädiz et la vallée du Guadalquivir, le bas Portugal et le versant maritime des Pyrénées occidentales, est la région vivante par excellence : là est le mouvement des hommes et des idées. D'un autre côté, la capitale du royaume, située dans une position dominante, à peu près au centre géométrique de la contrée, ne pouvait manquer de devenir, elle aussi, un loyer vilal, à cause du réseau de
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routes dont elle occupe le milieu; mais elle est entourée de régions faiblement peuplées et même, en quelques endroits, de véritables déserts.
Cette inégalité de population entre les plaines basses du littoral et les plateaux de l'intérieur, et, bien plus encore, ce dédoublement de la civilisation péninsulaire en une zone extérieure et un foyer central ont produit les résultats les plus considérables dans l’histoire générale de l'Espagne. Consciente de sa propre vitalité, animée d’une suffisante initiative pour se gouverner elle-même, chacune des provinces maritimes tendait à s’isoler des autres parties de l'Espagne et à vivre d'une vie indépendante. Pendant les sept cents années que dura Poccupation des Maures, la haine de race et de religion, commune aux états chrétiens de la Péninsule, avait pu maintenir une certaine union entre les divers royaumes chrétiens de lIbérie et faciliter la création d’une monarchie unitaire; mais, pour conserver cette unité factice, le gouveraement espagnol dut avoir recours au système de terrorisme et d'oppression le plus savant sous lequel un peuple ait jamais été courbé, D'ailleurs le Portugal, auquel sa position sur l'Océan, l’'imporlance de son commerce, l'immense étendue de ses conquêtes coloniales avaient assuré un rôle à part, ne subit la domination détestée des Castillans que pendant moins d’un sièele et se sépara de l'Espagne comme une pièce neuve se détache d’un habit cousu de morceaux d'étoffes diverses. Au choc des événements extérieurs, là monarchie espagnole elle-même faillit disparaître, C'est en vain que, pour s'asseoir plus solidement , l'autorité royale avait abèli, appauvri le peuple et tarï en apparence la source des idées : d’incessantes révolutions et des guerres eiviles de province à province montrèrent bien que sous l'oppression commune la forte individualité de chacun des groupes naturels de population s'était maintenue. [est certain que d'année en année le lien d'unité politique se noue plus fortement entre ies divers peuples de Espagne, grâce à la facilité croissante des voyages et des échanges, à la substitution graduelle d’une même langue aux dialectes provinciaux, au rapprochement spontané qu'amènent la compréhension des mêmes idées et la formation des partis politiques; mais Andalous et Galiciens, Basques et Catalans, Aragonais et Madrileños, sont encore bien éloignés de S'être fondus en une seule natio-
nalité,
La constitution fédérale que était donnée pour un temps la république espagnole était done complétement justifiée par la forme géographique du pays et l'histoire de ses habitants. Cette autonomie provinciale que les gouvernants n'ont pas voulu consacrer par la paix ne s’en affirme pas moins par la guerre eivile : la violence veut réaliser ce que n’a pu le bon accord.
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Telle est, sous divers noms, intransigeance ou carlisme, et avec d'autres éléments de dissension civile, la grande cause des révolutions qui dans les dernières années ont agité l'Espagne. Les populations cherchent leur équilibre naturel, et lune des principales conditions de cet équilibre est le respect des limites tracées entre les provinces par les différences du sol et du climat, ainsi que par les diversités de mœurs qui en sont la conséquence, Il est donc nécessaire d'étudier à part chacune de ces régions naturelles de l'Espagne, en tenant compte de ce fait, que les divisions politiques ne suivent exactement ni les lignes de faite entre les bassins ni les frontières entre les populations de dialectes différents.