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voisinage de grandes forêts, actuellement disparues, devait donner à la contrée une salubrité relative et modérer les excès de température.
De la partie la plus basse des plateaux au sommet des montagnes qui les dominent la variété des plantes est fort grande; mais, dans son aspect { ŒUITUS ral la flore présente une singulière uniformité, Le nombre des plantes qui peuvent supporter tour à tour des froids intenses et de violentes chaleurs est naturellement limité: en outre, les mêmes conditions du relief et de la
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nature géologique du sol favorisent le développement des mêmes plantes; on parcourt dans quelques distriets des dizaines et des centaines de kilomètres sans que lon puisse observer un seul changement notable duns l'apparence de Ta contrée, Les végétaux dominants qui donnent à la nature sa couleur uniforme sont pour la plupart des plantes basses et des sousarbrisseaux, Dans le haut bassin du Duero, et sur les plateaux qui s'étendent à l'est du Tage et du Guadiana, les fourrés se composent surtout de thym, de lavande, de romarin, d'hysope et d’autres plantes aromatiques; sur le versant méridional des monts Cantabres, les bruyères aux fleurettes roses l'emportent sur les autres espèces; les spartes aux fibres tenaces oc cupent de vastes étendues sur les hautes eroupes des montagnes de Cuenca: les salicornes peuplent les roches à formations salines des environs d'Abücete, Ces régions, fréquemment désignées sous le nom de steppes castillans, mérileraient plutôt la désignation de désert: la nature du sol et la grande rarelé de Peau ont laissé à la contrée sa nudité primitive, lei parfaitement horizontal, ailleurs bosselé de eroupes monotones, le steppe se développe en de vastes étendues sans arbres, d'un rouge brun sur les rochers du trias, grises où blanches sur les formations gypseuses. Autour du village de San Clemente, on ne voit pas un ruisseau, pas une fontaine, pas un arbre sur un espace de plusieurs lieues autour de Ta bourgade. À ouest, le steppe se prolonge par les interminables plaines de la Manche, la Terre desséchée » des Arabes; les champs de blé, les vignes, Les pâtis, + sont entremélés de chardons gigantesques, au milieu desquels les moulins à vent montrent à peine leurs grands bras. L'Estremadure et les pentes de Ki sierra Morena sont recouvertes principalement de cistes d'espèces diverses; du haut de certaines montagnes on n'aperçoit dans tout l'horizon que le tapis des jarales d'un vert tantôt bleuâtre, tantôt brun, suivant les saisons; au printemps, la terre resplendit de fleurs blanches comme d'une neige fraîches ment tombée,
Quant aux arbres, on ne les voit plus guère en forêts où en bois eluirsemés que sur les pentes des montagnes. Les ehâlaigniers et surtout les chênes se rencontrent dans la zone inférieure; chênes-tauzin, chênes-lityes, chênes-nains, chênes à glands doux et autres espèces encore sont les restes de l’ancienne parure forestière de la contrée, Plus haut, des pins de diverses essences, dont l'une ne se retrouve qu'au centre de Europe et en Sibérie, croissent jusqu'à la limite de la végétation arborescente ; His forment encore des bois étendus sur les eroupes du plateau de Cuenca, De vastes surfaces de sable n'ouvant, qui s'étendent au nord de a chaîne de Guadarrama, dans les provinces d'Avila, de Sévovie, de Valladolid, sont également
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revètues de pins; ces terres, analogues aux landes françaises, ne se prêteraient facilement à aucune autre culture que celle du pin, arbre qui fournit au moins le hois et la résine,
Des animaux sauvages vivent encore dans les restes de forêts qui recouvrent les montagnes. Les ours étaient nombreux au commencement du sièele sur le versant méridional des monts Cantabres et dans Kà sierra de la Demandas les loups, les loups-cerviers, les chats sauvages, les renards peuplent les fourrés de Guadarrama, de Gredos, de Gata, à distance des habitations humaines; on v rencontre même des bouquetins, Les chasseurs vY poursuivent aussi le cerf, le daim, le lièvre et tout le menu gibier de l'Europe occidentale. Le sanglier habite les forêts de chênes, où ilatteint une taille el une force étonnantes; mais le pore domestique, à peine moins sauvage que son congénèére, el mené souvent par des gardeurs déguenitiés, qu rappellent les barbares des anciens jours, dispute les glands à Panimal encore bre. Jadis, après le triomphe des chrétiens sur les mahométans, élit un acte mériloire d'entretenir de grands troupeaux de cochons, Le voyageur qui aventure Join des villes dans les provinces de Leon, de Valladolid et dans la haute Estremadure, peut se convainere que Paneienne foi n'a pas disparu, S'il en juge du moins par les hordes porcines, à laspeet peu rassurant, qu'il rencontre souvent sur la lisière des forêts de chênes. Les poureeaux noirs des environs de Trujillo et de Montanchez sont fameux dans toute l'Espagne, à cause des excellents jambons qu'ils fournissent aux marchés de la Péninsule,
L'étendue st considérable des pâturages a fait de l'industrie pastorale le travail par excellence de nombreuses populations des Castilles, et, par un retour naturel, l'élève des moutons et du gros bétail a augmenté la superlice des pâturages, aux dépens des forêts et des terres en culture, Certaines régions des deux Castilles se prêtent admirablement à la production des céréales el donnent des récoltes moyennes d'une grande abondance. Telle est, dans Le bassin du Duero, la Terra de Campos, où coulent le Carrion et le Pisuerga, et que fertilisent, par eapillarité, les eaux d'une nappe souterune qui Sétend àcune faible profondeur au-dessous de a surface ; telles sont aussi mes de Ocaña et d'autres districts des hauts bassins du Tage et du Guadiana, dont la sécheresse n'est quapparente et que nourrit une humidité cachée, Nur les terrains arides et pierreux, la vigne, cultivée avec intelligence, pourrait donner des produits exquis ; même laissée presque uniquement aux soins de la Mère bienfaisante, elle fournit aux paysans des vins de qualité supérieure. On peut en dire autant de Polivier, richesse du
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bois, offre done aux habitants des Castilles des avantages assurés, mais la paresse du corps et de l'esprit, Pautorité de la routine, là persistance des coutumes féodales plus où moins modifiées, quelquefois aussi le découragement produit par de longues sécheresses, ont maintenu les vieilles pratiques de la vie nomade, et de vastes étendues de terres excellentes, auxquelles des centaines de milliers de eullivateurs pourraient demander leur subsistance, ne sont encore utilise: que comme de simples pâtis: pendant une saison elles sont animées par les troupeaux, puis elles ne sont plus, jusqu'à Pannée suivante, que de mornes solitudes.
Pour se nourrir, là plupart des troupeaux mertnos, composés chacun d'environ 10,000 brebis, qui se divisent en groupes de 1,000 à 1,200 animaux, ont à traverser près de la moitié de F'Espagne, Un mayoral, assisté d'autant de rabadanes qu'il a de troupeaux distinets, dirige cette bande de brebis d'étape en étape, chaque rabadan commande à son tour à tout un petit groupe de subordonnés, Les meilleurs bergers sont, dit-on, ceux du district de Bälia, dans la province de Leon: ee sont ausst ceux dont les animaux ont La laine la plus fine. Au commencement d'avril, les merinos abandonnent leurs pâturages de P'Andalouste, de la Manche ou de FEs- Lremadure pour remonter au nord'en suivant travers Le pays une large zone, d'où li poussière S'élève en nuages épais. La lot a fixé à SO mètres la largeur du chemin que peuvent occuper les brebis dans leur voyage de transhumance; mais les animaux S'écartent sans cesse à droite et gauche, surtout aux abords de leurs gîtes de nuit. Parmi les troupeaux, les uns vont passer la belle saison dans les montagnes de Ségovie, d'Âvila, de Puerto de Baños: les autres poussent jusque sur le plateau de Cuenca, jusqu'au Moncavo, à lUrbion et aux montagnes Cantabres ; puis, à a fin de septembre, le voyage recommence de nouveau, les bêtes reprennent le chemin du pays cextrème » où Estremadure. Sans tenir compte des inévitables détours de Ta route et des déplacements incessants sur le lieu de pâture, Fespace que parcourent certains Lroupeaux dans Fannée dépasse un millier de kilomètres, Le terri- Loire entier, on peut le dire, est exposé aux ravages du mouton, cet animal qu'un économiste dit être la bête € féroce » par excellence, Jadis était bien plus dangereux encore, car les quatre où cinq millions de brebis qui composaient les troupeaux transhumants appartenaient à la puissante corporilon de la mesta, disposant depuis le commencement du serzième siècle d'une autorité vraiment royale, Les grandes maisons princières, les commu nautés religieuses qui s'étaient associées pour exploiter en commun les pàturages de FEspagne, avaient en même temps usurpé d'exorbitants priviléges sur les terres d'autrui, jusqu'à celui de pouvoir interdire la culture, Leurs ber-
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gers faisaient la solitude devant eux. C'est en 1856 seulement que la mesta fut abolie et que les propriétaires estremeños reprirent le droit de cultiver leur domaine ou de le laisser en pâturage au mieux de leurs intérêts.
Cependant, en dépit de tous les avantages que la nature et les coutumes avaient faits à l'industrie pastorale, les races d'animaux dégénéraient, L'Espagne, qui vers le milieu du dix-huitième siècle avait donné au reste de l'Europe les beaux moutons mérinos, à fini par être obligée d'importer à son Lour des espèces étrangères pour renouveler ses bercails, De même, les mulets, que leur force et la sûreté de leur pied rendent presque indispensables sur les chemins pierreux et montants des Castilles, ne proviennent pas seulement de la province de Leon et de PAndalousie : on les importe en grande parue de France; ee sont principalement les éleveurs du Poitou qui gardent dans leurs étables les baudets reproducteurs de la race pure, Quant aux animaux exotiques introduits en Espagne, le chameau + lama, le kangurou, le nombre n'en à jamais été assez considérable j 4 qu'on les dise acelimatés sur le sol de la Péninsule. Par sa faune domestique et sauvage, aussi bien que par sa flore de plantes cultivées et de végétaux croissant en liberté, les plateaux des Castilles gardent ee caractère d'uniformité qu'ils ont aussi par leur relief général et leur aspect géologique.
Les habitants eux-mêmes ressemblent singulièrement à la terre qui les porte. Les gens de Leon et des Castiiles sont graves, brefs dans leur langage, majestueux dans leur démarche, égaux dans leur humeur; mème quand ils se réjourssent, ils se comportent Loujours avec dignité ; ceux d’entre eux qui gardent les traditions du bon vieux temps règlent jusqu'à leurs moindres mouvements par une étiquelts gènante el monotone, Cependant ils aiment aussi la joie, à leurs heures, et Fon cite surtout les Manchegos ou gens de la Manche pour la prestesse de leur danse et a gaie sonorité de leur chant, Le Castillan, quoique toujours bienvetllant, est fier entre les fiers. « do soy Castellano! » Ce mot remplaçait pour lui tout serment, L'interroger davantage eût été Pinsulter, ne reconnait point de supérieurs, mais il respecte aussi Porgueil de son prochain et lui témoigne dans la conversation toute la politesse due à un égal, Le terme de Aombre, dont les Castillans, et à leur exemple tous les Espagnols, se servent pour S'interpeller, n'inplique ni subordination ni supériorité et se prononce toujours d'un accent lier et digne, ainsi qu'il convient entre hommes de mème valeur. Tous les étrangers qui se trouvent pour la première fois au milieu d’une foule, à Madrid ou dans toute autre ville des Castilles, sont frappés de Fasance
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