‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 358 sur 545 · MŒURS DES CASTILLANS · texte numérisé non relu

MŒURS DES CASTILLANS

naturelle avec laquelle riches et pauvres, élégants et loqueteux, conversent ensemble, sans morgue d'une part, sans bassesse de l'autre. En témoignage de ces mœurs égalitaires, on peut citer la petite ville de Casar, non loin de Cäâceres, où naguère encore subsistait une coutume dont nulle autre contrée d'Europe n'offre d'exemple. Les habitants, au nombre d'environ 5,000, se répulaient tous parfaitement égaux en grade, conditions, qualité, et veillient avec le plus grand soin à ce que cette égalité ne Fàt jamais altérée par aucun signe extérieur d’honneurs et de distinctions, Ainsi lavaient établi d'anciennes chartes.

Quoique les Castillans soient devenus les maîtres du reste de l'Espagne, grâce à leur courage tenace et à la position centrale qu'ils occupaient, cependant, par un singulier contraste, ils ne dominent plus dans la capitale de leur propre pays. Madrid, foyer d'appel de toute la Péninsule, n'est une cilé castillane qu'au point de vue géographique, mais ce ne sont pas les indigènes qui y parlent le plus haut. Galiciens et Cantabres, Aragonais et Catalans, gens de Murcie et de Valence Sv rencontrent en foule, et ee sont principalement les Andalous qui se font remarquer par leurs gestes, leur animation, leur brillante faconde. On ne voit, on n'entend qu'eux : aussi les prend-on quelquelois pour les véritables représentants du caractère espagnol, el s'expose-t-on ainsi à faire de grandes méprises dans ses jugements, À bien des égards, ces hommes du Midi contrastent absolument avec leurs voisins du Nord. Certes, S'ils n'ont pas toutes les qualités des Castillans pour la force et la dignité du caractère, on ne peut les accuser de leur ressembler par la lenteur et Fapathie de Pesprit !

L'envahissement de Madrid et des Castilles par les provinciaux de toute l'Espagne n'est pas seulement l'effet naturel de la centralisation administrative, politique et commerciale, il est également produit par lt rareté des habitants sur le plateau des Castilless La population présente des vides que les émigrants des distriets plus riches en hommes peuvent seuls rem plie. Ineapables d'exploiter eux-mêmes les ressources de leur pays, les Castillans sont obligés de Jaisser des colons S'installer chez eux. D'une manière générale, on peut dire que les Galiciens et les Basques, les Catalans des Pyrénées et des Baléares Viennent faire à Madrid a besogne matérielle, tandis que les Méridionaux se chargent surtout des travaux de l'esprit, Les Castillans eux-mêmes ne suffiraient ni à Fun ni à l'autre ordre de travaux. Déjà l'âpreté du élimat et Favarice du sol, comparées à celui des régions littorales, devaient, nous l'avons vu, arrèter l'accroissement des populations sur les plateaux; mais à ces causes naturelles sont venues s'en ajouter d'autres appartenant à l'histoire. Il n'est pas

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