RC PE SI PATES
690 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE.
douteux que si les habitants des Castilles n'avaient pas eu à subir le régime économique et politique auquel ils ont été soumis, ils auraient utilisé inieux qu'ils ne Pont fait les riches terres arrosées par le Ducro, le Tage, le Guadiana. Si la densité de population de certaines provinces castillanes
est à peine de 15 habitants par kilomètre carré, ce n’est pas la nature,
c'est l'homme qu'il faut en accuser.
Quoique toute statistique précise relative au passé de l'Espagne manque
À — — a ee
aux historiens, les autres documents transmis par les écrivains permettent d'affirmer qu'autrefois la région des plateaux castillans a été beaucoup plus
peuplée qu'elle ne l'est de nos jours. La vallée du Tage, les campagnes du Guadiana étaient couvertes de villes devenues aujourd’hui des bourgades ; le fleuve était navigable de Tolède à la mer, soit qu'il roulàt une quantité d'eau plus considérable, soit plutôt parce que son lit et ses bords étaient mieux entretenus. L'Estremadurs, qui est actuellement l'une des provinces les plus désolées de l'Espagne, celle qui, proportionnellement à son étendue, nourrit le moins d'hommes et les nourrit le plus maigrement, était trèsfortement peuplée du temps des Romains : c’est là que se trouvait Colonia Augusta Emerita, la cité la plus considérable de la Péninsule. Sous la domination des Maures, cette contrée continua d'occuper lun des premiers rangs parmi les diverses régions de l'Ibérie; ses plaines st fécondes, anjourd'hui presque inutiles à l’homme, lui donnaient alors des produits en abondance. Les cités ont été remplacées par les solitudes ; les genêts, les bruyères et les cistes ont succédé aux céréales et aux arbres fruitiers. Personne n'ignore que les exterminations partielles des Maures et le bannissement de ceux qui restaient dans le pays ont été l'une des grandes causes de Ta désolation des provinces centrales de l'Espagne et notamment de l'Estremadure: mais des raisons d'un ordre différent, outre les causes générales de décadence pour Là Péninsule entière, ont aussi contribué au dépeuplement des plateaux, Le grand nombre des castillos qui ont donné leur nom aux provinces centrales, l'insécurité du travail, la prise de possession du sol par les grands feudataires de la coësonne, les communautés religicuses et les ordres militaires, Méäntara, Calatrava et autres, eurent pour conséquence fatale de dégoûter le cultivateur et de éloigner de la terre : les champs retombèrent en friche, la misère devint générale; les villes et les villages se dépeuplèrent, Plus tard, quand Cortez, les Pizarre, et d'autres conquistadores originaires de lEstremadure eurent accompli leurs prodigieux exploits dans le Nouveau Monde, toute la jeunesse vaillante du pays futentrainée à leur suite. Les imaginations S'allunèrent, un esprit général d'aventure S'empara des habitants, la paisible agriculture fut tenue en mépris,
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