‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 36 sur 545 · VUE D'ENSEMBLE · texte numérisé non relu

VUE D'ENSEMBLE

La Grèce politique, resserrée dans ses étroites limites au sud des golfes de Volo et d'Arta, est une contrée d'environ 50,000 kilomètres carrés, représentant au plus la dix-millième partie de la surface terrestre, En d'immenses territoires comme celui de l'empire russe, des districts plus vastes que la Grèce n'ont rien qui les distingue des régions environnantes, et leur nom éveille à peine une idée dans l'esprit. Mais combien au contraire ce petit pays des Hellènes, si insignifiant sur nos cartes en comparaison des grands royaumes, nous rappelle de souvenirs! Nulle part l'humanité n’atteignit un degré de civilisation plus harmonieux dans son ensemble et plus favorable au libre essor de l'individu. De nos jours encore, quoique entrainés dans un cyele historique bien autrement vaste que celui des Grecs, nous devons toujours reporter nos regards en arrière pour contempler ces petits peuples qui sont restés nos maîtres dans les arts, et qui furent nos initiateurs dans les sciences. La ville qui fut « l'école de la Grèce » est encore par son histoire et ses exemples l'école du monde entier. Après vingt siècles de déchéance, elle n'a cessé de nous éclairer, comme ces étoiles déjà éteintes dont les rayons continuent d'illuminer la terre.

C'est évidemment à la situation géographique de la Grèce qu'il faut attri-

buer le rôle si considérable qu'ont rempli ses peuples pendant une longue période de l'histoire universelle, En effet, des tribus de même origine, mais habitant des contrées moins heureuses, notamment les Pélasges de l'Ilyrie, que l'on croit être les ancètres des Albanais, n'ont pu s'élever au-dessus de

Page 1