‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 365 sur 545 · ER LE · texte numérisé non relu

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ou moins vaguement les croupes sous les monuments qui les recouvrent. Mais, en dehors des mérites fietifs que lui donnent les historiens nationaux, Tolède à la réelle beauté que lui donnent ses portes, ses tours, ses édifices de l'époque musulmane et des siècles chrétiens. Na cathédrale, l'édifice primatial des Espagnes, est d'une éblouissante richesse, qui contraste singulièrement avec Ja pauvreté des maisons environnantes, La ville est fort déchue, On sait ce qu'y est devenue la fabrication des armes depuis que les ateliers des artisans libres ont été remplacés par une manufacture gouvernementale et que les lames portent une estampille officielle, Nombre de localités des environs, jadis fort populeuses, ne sont plus que des ruines. Les débris mêmes de lancien palais des rois visigoths avaient disparu, et c'est par hasard que l'on a découvert en 1858, à la Fuente de Guarrazan, sous les Sillons inégaux d'un champ, la cave où se trouvaient suspendues neuf couronnes royales d'un travail curieux.

En aval de Tolède, sur le cours du Tage, auquel vient se réunir FAberche, Talavera de la Reyvnas attachée à la rive gauche du fleuve par un pont de 400 mètres, à conservé quelques restes de ses industries des soles el des faïences. Plus bas, Puente del Arzobispo et les autres villes riveranes du Page ne sont plus que des bourgades sans importance, Le pont trois fois séculaire d'Amaraz, dont les deux arehes franchissent le fleuve à une verligineuse hauteur, est éloigné de toute ville populeuse, Le fameux pont d'Alconctur, sur lequel passait autrefois la route romaine d'Emerita à Nalmantiea, eUque lon dit avoir été formé de trente arches de marbre blanc, n'existe plus £on m'en voit que de faibles débris. Meintara, e'est-àdire en arabe, cle Pont» par excellence, qui franchit le Tage non loin de a frontière du Portugal, est Le chefd'aœuvre des édifices romains de l'Espagne : le non de Parchitecte, Lacer, qui le construisit, dit l'inserip- Uon, «avec un art divin, » est celui d'un Espagnol. Le pont fut achevé en 105, sous le règne de Trajans restauré avec soin en 1943, 11 l'a été de nouveau récemment, et réunit de nouveau les deux rives. Du haut des Six arcades de granit, que surmontée, précisément au centre, un are de triomphe, on voit à une grande profondeur S'écouler rapidement Peau du Tage, qui, Suivant les saisons, S'éléve on <abaisse de Vingt à trente mètres dans son avenue de rochers; en moyenne, Le niveau du fleuve est à oÙ métres au-dessous du viaduc.

Malgré la longueur de son cours et l'abondance relative de ses eaux, le Tage espagnol estencore Si peu utilisé pour Farrosement el pour Hnavisation, que loutes les villes importantes de FEstremadure sont éloignées de

ses bords : Plasencia dresse ses vieilles tours à une trentaine de kilo-

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TOLÈDE, BADAJOZ, MÉRIDA. 7ôt

mètres au nord du fleuve, sur une colline couverte de jardins et de vergers d'où la vue s'étend au loin, d'un côté sur les hautes montagnes souvent chargées de neiges, de Pautre sur de belles plaines accidenlées et verdoyantes. Câceres, à l'air salubre, est à peu près à une égale distance au sud du fleuve, Ien est de même pour Trujillo, la ville à demi ruinée où les conquérants du Pérou expédièrent pourtant de si prodigieux trésors, el qui n'a maintenant pour S'enrichir que ses bandes de pores et ses troupeaux de bétail, Dans la partie de l'Estremadure qu'arrose le Guadiana, les villes de quelque importance, Badajoz, Mérida, Medellin, Don Benito, ont une position plus avantageuse; elles sont situées au bord du fleuve.

Badajoz est à quelques kilomètres à peine du mince ruisseau qui sépare l'Espagne et le Portugal, En face de la forteresse Tusitanienne d'Elras, elle garde la frontière espagnole, et sa cathédrale, qui doit servir de refuge en cas de siége, est en même lemps une citadelle à l'épreuve de la bombe ; mais le rôle militaire de Badajoz est amoindri depuis qu'elle est chargée de servir l'intermédiaire principal de commerce entre les deux nations, el qu'un chemin de fer, le seul qui traverse la ligne des confins, a fait de la ville un entrepôt d'échanges entre Lisbonne et Madrid, Mérida se trouve sur li mème voie ferrée; mais, fort déchue de son ancienne prospérité, elle n'est plus que li ruine de ee qu'elle fat jadis, De toutes les villes de l'Espagne Mérida est celle qui a conservé le plus de monuments de Fépoque romaine; elle à son are de triomphe, son aquedue dont il reste de superbes piles en granitelen briques, son amphithéâtre aux sept rangées de gradins, sa naumachie, un vaste cirque dont Farène estenvahie par les cultures, un forum, des routes payées, des bains, enfin un admirable pont de près de 800 mètres de longueur et composé de quatre-vingts arches en granit, Celui de Badajoz, également célèbre et à bon droit, n'a guère plus d'un demi-kilomètre; date de Ta fin du seizième siècle,

Quoique beaucoup plus connue à cause de ses monuments du passé, Mérida est cependant beaucoup moins mehe et moins populeuse qu'une autre ville de FEstremadure Située plus haut sur le cours du Guadiana, à l'issue de la vaste plaine de li Serena 2 eest la ville de Don Benito, presque entièrement ignorée de la légende et de Fhistoire, Elle à été fondée an commencement du seiième Siècle par des fugitis, les uns quittant leurs villages pour échapper à une inondation du fleuve, les autres cherchant à se soustraire aux eruautés du comte qui dominait à Medellin. De même

que sa voisine Villanueva de la Serena, Don Benito a les grands avantages

que Jui donne la fertilité du territoire environnants ses fruits et surtout

ses melons d'eau sont fort appréciés, De lautre côté du Guadiana, les plaines qui se relèvent vers la Sierra de Montanchez et celle de Guadalupe sont riches en rognons de phosphates de chaux, vrai trésor pour Pamendement des campagnes épuisées, L'Angleterre et la France ont importé déjà de lEstremadure une certaine quantité de ces phosphates, mais on peut dire que l'immense réserve des agriculteurs faturs est à peine entamée,

Les villes de lai Manche, dans le bassin supérieur du Guadiana, ne sont guère plus riches que Don Benito en monuments historiques ; elles n’ont que de rares constructions du moyen âge. Cindad-Real, jadis fort indus- Wicuse; Almagro, enrichie par la manufacture des dentelles; Daimiel, près de laquelle se trouvait le château principal de lordre de Calatravas Manzanarës, où se bifurquent les chemins de fer d'Andalousie et d'Estremadure ; Val de Peñas, aux collines pierreuses, tirent leur importance principale de leurs entrepôts, où S'emmagasinent les blés et les vins de la contrée. Almaden, c'est-à-dire «la Mine », située dans une des longues vallées de roches stluriennes qui S'étendent au nord de la Sierra Morena, à ses mines de einabre, qui pendant trois siècles fournirent au Nouveau Monde tout le mercure nécessaire à Fexploitation des mines d'or et d'argent et d'où l'on extrait encore en moyenne plus de 1,200 tonnes de mereure par an. é Un mètre cube de terre v donne environ 200 Kkilogrammes de métal; | malheureusement le travail des mines est des plus insalubres : les ouvriers, au nombre de 500 en moyenne, entrent au chantier pendant vingt jours tous les mois: le reste du temps, ils Soceupent de a eulture de leurs champs.

Par une bizarrerie qui n'est point unique dans Fhistoire, la Manche est beaucoup plus fameuse par Le roman que par les événements réels, Les 4. fiers chevaliers de Calatrava, dont les châteaux se dressent encore çà et Là,

sont oubliés, mais on se rappelle toujours le chevalier de li Triste Figure » qu'a fait vivre le génie de Cervantes. Toboso, les champs de Montiel, Argamasilla de Alba, les moulins à vent dont on voit les grands bras Sagiter au-dessus des champs moissonnés, font surgir devant la pensée le pe immortel de Fhomme qui se dévoue à faux et que poursuivent a moqueuse destinée et les Sareasmes de ceux pour lesquels se dévoue, La Castille orientale, au climat trop rigoureux, au sol trop inégal et raviné, ne peut nourrie une population plus dense que la Manche et TEstremadure. Les agglomérations de quelque importanee y sont peu nome tr breuses, el lt capitale ellesmême, Cuenca, m'est qu'une ville provineiale de À troisième ordre; elle n'a guère, comme Tolède, que les souvenirs de son

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