‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 371 sur 545 · ER PE · texte numérisé non relu

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7 NOUVELLE GEOGRAPITE LNIVERSELLE,

niter la partie méridionale du bassin de la Bétique. Les sierras de Mari et de las Estancias, celle de los Filabres, fameuse par ses montagnes de marbre blane, se succèdent du nord au sud en remparts parallèles, contournés à l'occident par les affluents du Guadalquivir. A Portent, elles sont nettement séparées les unes des autres par les cours d'eau qui descendent à la Médilerranée ; mais à ouest les deux chaînes les plus méridionales se rapprochent et se confondent en un méme massif, a Sierra de Bazas qu'un isthme peu élevé, aux pentes étrangement ravinées, rattache à li haute cHadelle de la Sierra Nevada, point eulminant de la Péninsule.

Celle énorme masse, en grande partie composée de schistes, qui traversent des roches de serpentine et de porphyres parait d'autant plus élevée, qu'elle se dresse sur une base plus étroite; de Fest à ouest, du Monte Negro au Cerro Caballe, elle a seulement SO kilomètres de longueur, et du nord au sud, de Fune à Fautre plaine, sa largeur n'atteint même pas 40 kilomètres, Dressées comme dun seul jet, les montagnes présentent de toutes NE des CSCAPPOMents difficiles à ravir, et partout on peut voir les zones de végétation se succéder régulièrement sur les pente vusqu'à la région des névés persistants que dépassent les trois cimes de Mulahacen, du Pieacho de la Veleta, d'Mleaah, Au-dessus des premiers soubassements, revètus de visies et doliviers, les déeliités, trop déboisées, sonCombragées çà et là de novers, de chätugmiers, puis de chènes d'espèces diverses, au delà desquels se montre la verdure pâle des gazons, recouverte de neige pendant une moitié de Fannée, Dans les creux bien abrités, surtout dans ceux du versant septentrional, des amas de neige sont les glacières naturelles que louent les habitants de Grenade et où ils envoient des nereros pour S'approvisionner de neige pendant Fété on donne à ces névés Le nom de rentisqueros, à eause de la tourmente où rentiset qui souvent en fut tourbilonner en nuages les innombrables aiguilles, Pr de ces amas, emplissantle cirque ou corral de a Veletas qui s'ouvre entre les deux sommets de Molahacen et du Picacho, est transformé en un véritable glacier de 60 à 100 mètres d'épaiseur et tout bordé de moraines, Ce champ de glace, qui donne naissance à la souree principale du Gent est le plus méridional de FEurope et peutétre le seul de FEspagres péninsule, au sud de li ehaine pyrénéenne: quelques petits lacs épars çà et ri plus de 3,000 mètres d'altitude témoi snent du passage d'anciens glaciers disparus depuis une époque inconnue, Les neiges fondantes de la serra Nevada donnentaux campagnes des vallées eUdes planes environnantes une exubérance prodigieuse de végétation, C'est du elles, aux ruisseaux gazoulleurs qui en découlentque la Vega de Grenade,

chantée par touts lus poëles, doit la riches de sa verdure, Féclat de ses

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SIERRA NEVAPA. 717

fleurs, l'excellence de ses fruits, C'est aussi à Fabondanee de ses eaux que la vallée, plus belle encore, de Lecrin, à la base des pentes méridionales du Picacho de la Veleta, doit son nom de «€ Vallée d'Alégresse » et de « Paradis de FMpujarra ».

Dans ces montagnes, chaque nom, chaque légende, rappelle le séjour des Maures. Le sommet principal, Le Molahacen (Mules - Hassan), est encore Phomonyvme d'un de leurs princes ; le Picacho de la Veleta est la cime où ils allumaient leurs feux de signal pour avertir les populations de l'Andalousie musulmane de Fapproche des chrétiens; lAMpujura où mont des Pâturages est Fensemble des contre-orts méridionaux, où ils menaient leurs brebis, Depuis que les Maures ont été presque tous chassés où exterminés, après une sanglante guerre qui dura jusque vers la fin du seizième sièele, les colons de la Galice et des Asturies qui reçurent les terres conquises sont pour la plupart restés dans un état de véritable barbarie: ils ne sont en rien des supérieurs des Maures convertis qui obtinrent à prix d'argent le privilége de rester à Ujijar, capitale de l'Alpujarra. Ni les uns ni les autres ne se sont guère donné la peine d'exploiter les richesses de ces belles montagnes, qu'entoure une ceinture de despoblados; 1$ se sont bornés à en dévaster les forêts. C'est à me époque toute récente que les visiteurs de Grenade ont ajouté les sommets de la Sierra Nevada au nombre de ees buts d'escalade que se sont donnés les membres des divers élubs alpins. 1 est vrai qu'à bien des égards les monts de la sierra Nevada ne sont comparables ni aux Alpes, ni même aux Pyrénées, Quoique supérieurs à ces dernières en altitude, ils occupent une trop faible étendue pour offrir li même diversité de conlrastes, les mêmes oppositions de roches, de elimats, de paysages. Mais ils ont la grâce de leurs basses vallées, Faspeet sauvage de teurs défilés de l'Alpujarra, taillés comme au cisean dans épaisseur des roches; ils ont surtout ladmirable panorama que lon contemple de leurs eimes,

Déjà les voyageurs eélébrent comme d'une merveilleuse beauté Le tableau que l'on a sous les veux quand'on gravit les contreforts occidentaux de la Sierra, par Le chemin qui mène à Fpajarra au del d'Ahendin, perehée sur un rocher sauvage, on montre Fendroit précis où, suivant la légende, \bou-Abdallah où Boabdit, fagiif, se serait retourné pour contempler une dernière fois et pour pleurer les belles campagnes de Ta Vega, les tours et les palais de Grenade, tout cel ensemble si beau de villes, de cultures, de montagnes qui avait été son royaume et qu'il ne devait plus revoir © telle est l'origine du nom de «€ Dernier Soupe du Maure » (Use Suspiro del

Moro) où de « Côte des Larmes on (Cueste de las Lagrimas) que les Espa-

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unols donnent au col d'Mhendin, Mais du haut des sommets de la chaine, combien Le spectacle est encore plus grandiose et plas étendu! Du Picacho de la Veleta la vue n'est peut-être pas moins belle que du sommet de l'Etna, On voil à ses pieds ec Le midi de l'Espagne, avec ses riches vallées d'irrigation, ses pres rochers, ses solitudes rousses, rendues daporeuses par l'éloignement, a noire muraille des monts de FEstremadure et de la Serra Morena, qui bordent le plateau central Au sud, d'autres montagnes juillissent comme d'un abime, mais le regard se sent attiré surtout vers la lisière verdoyante du Hitoral, vers Be grande mer et le protil embrumé des

monts de Barbarie, que Pilot d'Mboran elle haut promontoire marocain de

las Tres Horeas, situés précisément sud de li sierra Nevada, semblent rate

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lacher comme un reste d'isthime au continent d'Europe, Parfois, quand le vent souffle du midi, on entend distinetement Le bruit des eaux gron-

dantes, Toutes les montagnes qui forment li ecour des colosses grenadins sont de

ane oi. hat Mamans 2 pale

hauteur beaucoup plus modeste elsonten partie couvertes de débris erraliques

apportés par les anciens glaciers de la Sierra Nevada, Mu nord, dans l'espace

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compris entre les vallées du Gent du Gnadiani Menor et du Guadalquivir, elles S'éléventen désordre sur un plateau raviné, les unes semblables à des iles de rochers, comme le dabaleon de Baza, les autres disposées en chaines et S'orientant pour Be plupart dans la direction de Fest à ouest et du nord est au sud-ouest, parallèlement au Htoral méditerranéen et Pane de la vallée du Guadalquivir : elles sont, au-dessus des plaines de en, li sierra de Jabaleuz et la Sierra Maginas telle est plus au sud, li chaine Alta- Coloma, que la route de daen à Grenade franchit au Puerto de Nrenas, défilé semblable à celui du Despeñaperros par ses roches sombres, ses amas de blocs éeroulés, ses CSCArpements (QI surplombh, ses redoutables précipives, Entin, au-dessus méme de Grenade, se prolonge li eroupe de la sierra Susana, que continue à Pouest le massilde Parapanda, Le barométre des

cultüvateurs de a Vega.

Cuando Parcpanda se pone la montera,

Lluvre, aunque Dios no lo quisiera.

(Quand Le Parapanda reel son capuchon, pleure sûrement, que Dieu te vente ou non

Presque toutes les montagnes de cette région sont découpées en massifs distinets par les eaux torrentielles et portent autant de noms différents qu'elles dominent de villes et de villages. La mème désgnation sert an

groupe d'habitations humaines et aux sommets voisins,

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