CADIZ
a eu l'honneur d’expédier les caravelles qui découvrirent les Indes occidentales, c’est le port de Cädiz qui, pour sa part, à eu, pendant une longue période de l'histoire ecloniale, les bénéfices du commerce avec ces contrées, surtout depuis 1720, époque à laquelle le tribunal des Indes fut transféré de Séville à Cüdiz. En 1792, les Gaditains expédiaient en Amérique des marchandises d’une valeur de 67 millions de francs et en recevaient des denrées et des matières précieuses pour une somme de 175 millions. Il est vrai que, bientôt après, l'Espagne devait payer trois siècles de monopole commercial par la perte subite et presque totale de ses échanges avec le Nouveau Monde, et Gädiz vit ainsi tarir la souree la plus abondante de ses revenus; elle n'avait plus guère que la pêche et les salines, mais la fortune lui est revenue en partie, et de nouveau les navires se pressent devant ses quais". Sur cette partie du Hittoral d'Espagne, entre PAlgarve portugais e, le détroit, Gäidiz est la seule ville qui soil en relations d'affaires avec le monde entier; Huelva, si active d'ailleurs, n'a qu'un trafic spécial, celui des minerais de toute espèce qu'elle expédie aux usines de FAngleterre.
Pour son tralie et sa population nombreuse, Cädiz est trop à l'étroit : le littoral de la baie est peuplé d'environ 200,000 habitants, dont le tiers n'a pas mème trouvé place dans la ville, À l'est, en dehors de la « Porte de Terre », existent il est vrai quelques terrains qu'il serait facile d’agrandir en endiguant les bas-fonds de la baie; mais les officiers du génie n’y laissent point bâtir de grands édifices, et ce quartier extérieur wa pris qu'une faible importance. D'après le proverbe espagnol, «€ Gädiz n'est qu'un plat d'argent posé sur la mer. » De toutes parts entourée d’eau, la « Venise espagnole » à dù gagner en hauteur ce qui lui manque en surface; ses maisons ont dù se dresser jusqu'à cinq el six élages, el presque toutes sont encore surmontées d'un belvédère d'où l'on voit se dérouler autour de la ville le grand cercle des eaux, Quoique ainsi emprisonnée el n'ayant pour promenade que le parapet de ses murs d'enceinte, Cädiz est pourtant fort gaie d’aspeel : ses maisons, badigeonnées de nuances claires, sont plaisantes à voir; les habitants, réputés pour leur amour du plaisir, leur vivacité, leur talent de répartie, leur élégance presque créole, ont mérité à la ville le nom de « Cädiz la Joyeuse » ; mais ils ont d'autres titres auprès de leurs concitoyens d'Espagne. De tout temps, ils ont montré un grand esprit d'indépendance, el e’est au milieu d'eux que naquit l'Espagne moderne,
587,000 tonnes.
92,000,000 fr.
9,997, jaugeant 96,328 tonnes.
900,000 kilogr.
1 Mouvement général de la baie de Cädiz. en 1874... Commerce général » » »
Navires el embarcations appartenant à Cadiz, en ISGS. Produit de la pêche, en ISGS., , . . . . .,
lorsque les Cortès, assemblées dans Pile de Leon, représentaient la patrie debout contre l'envahisseur étranger.
Sur les rivages de Andalousie méditerranéenne, Almeria fut jadis une autre Cädiz pour l’activité du commerce, À l'époque où les deux rives opposées de la mer étaient occupées par des peuples de même langue et de mème religion, nul port n'était plus favorablement situé que eelui d'A: merfa pour la facilité des relations d'une rive à l'autre, car c’est là que commence l’étroit de la Méditerranée, et les voyageurs pouvaient ainsi changer de continent sans braver de grands dangers de mer el sans faire un long détour par le détroit de Gibraltar. La tradition de lancienne grandeur d'Almeria s’est maintenue dans le pays et l’on répète à ce sujet un dicton populaire :
Cuando Almeria era Almeria, Granada era su alqueria.
(Quand Almérie était Almérie, — Grenade était sa métairie.)
Mais les Espagnols ont pris soin de mettre un terme à celle prospérité lorsqu'ils S'emparèrent de la ville, au milieu du douzième sièele, avec l'aide des Génois et des Pisans, et mirent là main sur celte & coupe sacrée » (sacro caline) que la légende dit avoir été le Sant-Graal, le vase mystique dont la conquête coûta tant d'efforts aux chevaliers de li Table Ronde, Quoique vaineues, Almeria et les autres villes de son district restèrent longtemps mauresques, comme elles le sont encore par l'origine de leurs habilunts; mais il leur fallut cependant se défendre contre les incursions des Barbaresques, et la cathédrale d'Almeria, commencée au sciaième siècle, lémoigne, par son aspect de forteresse, des périls qu'avait à courir la population. Quant aux maisons blanches à terrasses, aux ruelles tortueuses, à la vieille casbah, qui pouvait contenir jusqu'à vingt mille hommes, elles ont conservé leur physionomie tout à fait arabe, et par les portes entr'ouvertes on entrevoit des femmes accroupies à lt manière orientale qui s'occupent à lisser des nattes. Depuis que PAlgérie à pris une grande importance comme pays de colonisation espagnole, Almeria renoue la chaîne de commerce qui Pattachait autrefois à la Maurétanie; à ses expéditions de minerai vers l'Angleterre et la France elle ajoute un mouvement incessant de voisinage avec le port algérien d'Oran.
À l'occident d'Ameria se succèdent des villes à Ta température et aux productions tropicales, Au débouché de la vallée du rio Grande d’Alpujarra, est le port de Dalias, qui jusüfie son nom arabe @la Treille », en produisant des raisins exquis : ee fut, dit-on, le premier établissement fixe des
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ALMERIA, MAÂLAGA 7ül
Arabes venus d'Afrique, Au delà se suivent Adra, les deux petits ports de Motril, Cala Honda et le Baradero, puis Mmuñecar, Velez-Milaga, et la cité de Mälaga «lenchanteresse », entourée de ses magnifiques jardins et de ses vergers qu'arrosent les eaux du Guadalmedina. Milaga, d'origine phénicienne comme la plupart des autres ports du littoal, est la ville la plus populeuse et la plus commerçante de P'Andalousie ; moins riche en beaux monuments arabes que Grenade, Cordoue, Séville, —eir elle ne possède que des palais dégradés, — moins fameuse par les événements de l'histoire que Cädiz, sa rivale de la côte atlantique, elle doit à son excellent port et à l'exubérante fertilité de ses campagnes d'avoir distancé toutes les autres villes de l'Espagne méridionale par Le nombre et Pactivité de ses habitants; en Espagne, elle n'est dépassée que par Barcelone pour limporlance annuelle de ses échanges. Mälaga à sur Câdiz l'avantage de n'être pas un simple lieu d'entrepôt. Les denrées qu'elle exporte, vins, oranges, fruits de toute espèce, mais surtout raisins secs (pasas), proviennent de sa banlieue immédiate, admirablement arrosée par les canaux d'irrigation du Guadal horce et débarrassée de tous les marécages qui SY trouvaient naguère, Mâlaga possède même pour alimenter son commerce ce que n'a pas Cädiz, plusieurs établissements industriels, et notamment des fonderies, de grandes fabriques de sucre de canne ; son climat délicieux ferait aussi de cette ville un séjour des plus désirables pour les étrangers, st les maisons et les rues étaient tenues plus proprement. Le port de Mälaga, fort vaste, serait me nacé, dit-on, de diminuer d'étendue par un exhaussement du fond; mais il ne faut peut-être attribuer les empiéiements du rivage qu'aux débris charriés par le torrent de Guadalmedinas; une large promenade à été conquise sur ses eaux devant les anciens quais. Vue de la mer, la cathédrale, qui domine le port, semble presque aussi grande que le reste de la ville; mais, outre les maisons groupées à li base de la colline et de Ta forteresse de Gibralfaro, il faudrait compter aussi comme appartenant à la cité les innombrables villas parsemées sur les pentes des coteaux environnants et dans les vallons tributaires du Guadalhoree et du Guadalmedina. Les villes de bains sulfureux et autres qui se trouvent çà et dans les régions les plus pittoresques des montagnes voisines, Mora, Mhaurin Grande, Carratraca, el mème Alhamä, sur le versant septentrional de la sierra de Alhamä, peuvent être considérées comme dépendant en grande partie de Mälaga, car ce sont principalement les Malagueños qui animent pendant l'été les rues de ces Dieux de villégiature et de guérison. On dit que les sources d'Alhamä étaient tellement fréquentées du temps des rois maures, qu'elles leur rapportaient 500,000 duecats par an. De nos jours les bains
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de ces contrées sont beaucoup moins appréciés qu'ilsne le méritent. Les eaux de Lanjaron, dans le valde Leerin, ont, diton, plus de vertu que celles de Vichy, et de plus ont avantage de jaillir dans le « Paradis » de Alpujarra, au milieu des sites les plus grandioses et les plus charmants, Les habitants sont eux-mêmes parmi les plus beaux de la Péninsule : «ns a qu'un Lanjaron en Espagne!» dit le proverbe,
Les villes d'Antequera et de Ronda, qu'on laisse à une certaine distance dans l’intérieur, appartiennent toutes les deux au bassin de la Méditerranée, puisque la première est située sur le Guadalhorce, qui se jette dans la mer un peu à louest de Mälaga, et que Pautre S'élève dans le bassin du huadiaro, dont les eaux baignent les pentes orientales des collines de San Roque, au nord de Gibraltar, Antequera est une des plus antiques eités de PEspagne; elle sert d'intermédiaire aux échanges qui S'opérent direcelement entre Mälaga et la vallée du Guadalquitie, en outre, elle à les produits agricoles de son admirable vega, Fune des plus fécondes de l'Andalousie, Sur une colline des environs s'élève un grand dolmen de six mètres de longueur, fort curieux par sa Situation géographique à égale distance des mégalithes de la Gaule et de ceux de PArique septentrionale : on lui donne le nom de Cueca del Mengal. Quant à la ville encore tout arabe de Ronda, elle ne peut avoir l'importance d'Antequera comme lieu d'échanges, à cause de sa position dans le cœur même de lâpre serrania, sur les deux rochers que sépare l'énorme coupure dite le Tajo ou « PEntaille », profonde de 160 mètres et d'une largeur de 59 à 70 mètres, Un pont, que l’on croit romain, unit les deux rives dans la partie supérieure de la gorge ; un autre, d'origine arabe, franchit le défilé à 40 mètres audessus du Guadalevin; enfin, les trois arcades superposées d'un pont moderne rejoignent les deux lèvres mêmes du défilé. Après avoir dirigé la construction de cette œuvre prodigieuse pendant quarante-huil années, de 1740 à 178$, l'architecte Aldehiuela Pinaugura tristement, en tombant dans le gouffre où tournoient les aigles et les vautours. Du palier et des terrasses suspendues, on jouit d'une vue enchanteresse sur la vallée du Guadalevin el la sierra de San Gristébals mais le spectacle Le plus saisissant est celui qui se présente quand, au sortir de li roche, où serpente un escalier arabe taillé dans la pierre vive, on se trouve tout à coup dans la gorge ténébreuse, au bord des cascades du Guadalevin, et que lon voit au-dessus de sa tête les arbres, les tourelles et les hautes arcades se profiler dans le ciel, Un ruisseau tranquille, qui sort des profondeurs de x roche, vient près de là mêler son eau pure à celle du torrent.
Comme forieresse, Ronda défendait bien les passages de li montagne