BASQUES
ont Haissé passer, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, tous les peuples en marche, D'abord, il faut tenir comple de ce fait, que les Pyrénées occidentales sont les plus éloignées de Rom: et devaient, par conséquent, échapper plus facilement à l'influence du peuple-roi; mais le faible relief des montagnes a dù également aider les Euskariens à garder leur cohésion nationale, leurs mœurs et leur langue, Dans les autres parties des monts, les tribus ibériennes, séparées par des crêtes neigeuses difficiles à franchir, étaient refoulées par leurs ennemis en d'étroites vallées latérales, et ne pouvaient s'entr'aider en eas de péril commun, Les Basques avaient, au contraire, le privilége d'habiter un pays offrant à la fois de sérieux obstacles à l'invasion étrangère et, par-dessus les chainons parallèles, des passages faciles pour les indigènes. Les peuplades des diverses vallées pyrénéennes du nord et du midi pouvaient ainsi se former en une masse épaisse et puissante au milieu des nations qui les entouraient et qui toutes entraient, Fune après l'autre, de gré où de force, dans le monde latinisé,
On ne sait quelle était, après l'époque romaine, l'étendue des territoires secupés par des populations de langue basque, mais ilest très-probable que cette étendue à peu changé, car, depuis lors, les Euskariens ont presque toujours été leurs propres maitres, et nulle raison majeure n'a pu les porter à laisser leur langue pour celle de voisins qu'ils tenaient en mépris. Du côté de la France, les limites actuelles des dialectes euskariens sont assez bien connues; du côté de l'Espagne, elles ont été déterminées avec moins de précision. Elles ne correspondent nullement aux frontières des circonscriptions administratives et politiques. Le domaine actuel de la langue basque commence à Pouest par la vallée du Nervion, au-dessous de Bilbao ; sa limite contourne cette ville, qui est devenue presque entièrement espagnole, el traverse au sud le col d'Orduña pour suivre les flanes de la Peña de Gorbea et longer à une certaine hauteur le versant méridional des Pyrénées en laissant en dehors toutes les villes situées dans Le plaine de l'Alava. Au delà de Salvatierra, elle descend pour remonter sur Îles flanes de la sierra de Andia et rattache au pays basque toute la vallée où court le chemin de fer d'Alsäsua à Pampelune; mais cette ville elle-même, l'ancienne Fran des Ibères, n’est euskarienne que par les souvenirs historiques, et, plus à l’est, le basque n’est parlé que dans les hautes vallées de Roncevaux, d'Orbaiceta, d'Ochagavia, de Roncal, tandis qu'au sud les noms seuls des villages, Baigorri, Mendivil, Sansoain, Lazaguria, rappellent l'idiome d'autrefois. Le pie d'Anie, qui, du côté de la France, est la borne des populations de langue basque, l’est également du eôté de PEspagne. Ainsi, des
quatre provinces euskariennes, une seulement, le Guipüzcoa, est en entier comprise dans le domaine de l’idiome antique ; encore les deux villes d’frun et de Saint-Sébastien ÿ forment-elles des ilots de langue castillane. Toute la zone méridionale des contrées qui fort politiquement partie de la Navarre et des provinces Vascongades, est depuis un temps immémorial envahie par les dialectes latins, et les populations y parlent un castillan mélangé de quelques termes locaux d’origine euskarienne. D'après les affirmations des paysans, que pourtant n’a point encore corroborées un seul document au-