N°15 — ZONE DE LA LANGUE BASQUE
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thentique, on aurait encore parlé le basque à Olite et à Puente la Reina, situées à une grande distance au sud de la zone actuc'le de langue euskarienne, M. Proca voit dans ce déplacement de langues, dont il importerait d'abord de constater la réalité, une conséquence toute naturelle de Ta juxtaposition imraédiate du basque avec un idiome disposant de la prépotence administrative et de l'influence littéraire, sociale et religieuse. Au sud des Pyrénées, le basque n'est pas de force à lutter contre l'espagnol, tandis qu'au nord des Pyrénées il n’est pas même menacé par le patois béarnais.
D'un côté l'espagnol, de l’autre le français, travaillent à se substituer au
basque, non par la conquête violente, mais par un lent travail de désorganisation, Déjà scindée en sept dialectes, modifiée par des mots et des tour-
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HN | il BASQUES. 861 ‘in , est en entier à nures contraires à son génie, la langue des Ibères cherche à s’accommoder À À: x villes d'Irun È de plus en plus à l'esprit des étrangers qui viennent s'établir dans le pays ; ù sf ane. Toute la ‘4 elle perd sans cesse en originalité et se transforme en patois. Chaque grande ni 1 » Ja Navarre et 1 route qui pénètre dans le territoire basque fait en même temps une trouée Fu fl envahie par é dans la langue elle-même. Chaque progrès, surtout celui de l'instruction, “ip n mélangé de 3 ne peut qu'être fatal aux dialectes euskariens ; le demi-million de Basques, irmations des ï. désormais enfermé dans un étroit horizon de collines et de montagnes, ne sl | document au- À saurait plus compter sur une longue durée pour le langage des aïeux!. à \ À À Strabon parle des Cantabres, les ancêtres immédiats de nos Basques, avec “is une admiration mêlée d'horreur. Leur bravoure, leur amour de la liberté, ! leur mépris de la vie, lui paraissaient des qualités tellement surhumaines, +5 Îl De pe : $ qu'il y voyait une sorte de férocité, une rage bestiale. Il raconte avec effroi #1 il otre | 41 que, dans leur guerre d'indépendance contre les Romains, des Cantabres se “ he | du i sont entre-tués pour ne pas être réduits en captivité, que des mères mirent 1. f à elles-mêmes leurs enfants à mort pour leur éviter lopprobre et les misères te | (i À de l'esclavage, que des prisonniers, mis en croix, entonnèrent leur chant À ( 4 de victoire. À cette époque, les Ibères avaient coutume de se prémunir N À 4 contre les malheurs inattendus en portant sur eux un poison préparé à l'aide l È ‘hi 4 d'une plante semblable à Pache et qui tuait sans douleur. Maîtres de leur ; ‘| | propre vie, ils ne craignaient plus rien ; ils la risquaient facilement, ie | S surtout quand il s'agissait de combattre pour un ami. ME k Leurs qualités de courage, souvent mises à l'épreuve depuis leurs luttes 1e 4Ë avec les envahisseurs romains, n’ont jamais été trouvées en défaut, mais A LA elles ne sont point les seules qu'il faille leur accorder. L'histoire et les lois ee LA des fédérations pyrénéennes témoignent de la prééminence que là droiture LA des Basques, leur générosité, leur amour de lindépendance, leur respect Fi de l'homme libre leur donnaieit sur les sociétés voisines. Les serfs malheu- Fa reux qui les entouraient, S'imaginant dans leur abjeetion que la liberté iente la Reina, 1 est un privilége de noblesse, voyaient en eux des gentilshommes. Tous les : langue euska- [A habitants du Guipüzeoa et de la Biseaye proprement dite étaient nobles, is il importerait 3 même en vertu de la hiérarchie espagnole, tandis que dans PAlava et dans | ile de la juxta- 1 la Navarre, où les Maures dominére:t pendant quelque temps, et où plus tard #4 5 4 la prépotence se fit sentir l'influence eastillane, le noblesse seigneuriale prit naissance $ | se. Au sud des À 4 Nombre approximatif de la population de langue basque, en 187% : al He | spagnol, tandis 4 Basses-Pyrénées (France)... . 4 116,000 ‘He atois béarnais. 4 FOUR: His il | ; Provinces basques. © Viscaya. 120,000 i | | e substituer au Âlava. . 50,000 AE ail de désorga- F3 Navarre... 4 LE ‘ti si 556,000
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