‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 462 sur 545 · SEE · texte numérisé non relu

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Faudrait-il voir dans cette habitude des Asturiens et des Galiciens l'effet d'un amour instinetif de la nature, ou bien plutôt ne serait-elle pas, comme chez leurs voisins les Basques, une conséquence: naturelle de l'état de profonde paix dans lequel ont presque toujours vécu les populations de la Cantabrie? Grâce à leur isolement, les habitants de l'Espagne nord-occidenlale se sont heureusement distingués parmi tous leurs compatriotes par leur immunité de la guerre extérieure et de la guerre civile. Contrées montueuses situées vers la « fin des terres », en dehors de la grande route des armées, les Asturies ct la Galice ont eu le bonheur de rester épargnées par les marches et contre-marches des égorgeurs; en outre, le caractère naturellement pacifique des indigènes les a tenus à l'écart de toute révolution intestine : c’est par un travail long et patient qu’ils s'efforcent de conquérir le bien-être, Ce n’est point dans ces contrées qu'est né le type espagnol du « malamore »; tout entier à sa besogne pacifique, le Gallego n’a rien de celte férocité native dont les incessantes guerres cut laissé quelque chose dans le sang de tous les autres Espagnols. Aucune des villes du nord-ouest n'a de cirques pour les combats de taureaux ; elles n’envient pas à leurs voisines des Castilles le barbare plaisir de voir la bête éventrer les chevaux, piétiner sur les hommes, puis tomber elle-même, foudroyée d'un coup d'épée. Cependant tout n'a point été avantage dans l'isolement et la vie paisible des habitants de la Cantabrie, Pendant le moyen âge, les seigneurs locaux en ont profité pour asservir les eullivateurs, leur ôter toute propriété et tout droit d'hommes libres. Dans le reste de PEspagne, le péril commun obligeait les nobles, les prêtres, les bourgeois, le peuple, à se faire des concessions mutuelles et à prendre des habitudes de fière égalité. [n'en était point ainsi dans les Asturies, si ce n’est du côté des provinces Vascongades. Là tous les paysans étaient réputés nobles, comme leurs voisins les Eusealdunae, et leurs communautés jouissaient des mêmes prérogatives que celles de la Biscaye ; mais dans les <Ilustres Montages » et dans toutes les Asturies proprement dites les cultivateurs du sol n'étaient qu'un bétail; les anciens documents établissent qu'on pouvait les engager et les vendre, comme on l'eût fuit d'une marchandise. Encore au commencement du siècle, presque Loutes les propriétés des deux Asturies se trouvaient entre les mains de quatre-vingts familles et des couvents de moines et de religieuses : sauf quelques petits eullivateurs isolés, la grande masse des paysans était composée de gens attachés à la glèbe. 1en était de même dans la Galice, quoique à un moindre degré : le peuple n’y possédait presque rien, et la plupart des terres appartenaient à des nobles, à des églises et à des

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