COUVENT DES CHEVALIERS DU CHRIST A THOMAR
THOMAR, SETÜBAL. 067
pentes de sa montagne, appelée la « Merveille », contemple le cours tortueux du fleuve, ses îles verdoyantes, et les terres bosselées de l’Alemtejo. Actuellement, Santarem et sa voisine, la ville fortifiée d'Abrantes, ont pour principale occupation d'alimenter Lisbonne de légumes et de fruits, Leurs campagnes sont de vraies forêts d'oliviers.
* Au sud de l'estuaire du Tage, la faible profondeur des eaux, la nature sablonneuse du sol, les marécages qui bordent les ruisseaux, sont de grands obstacles à l'établissement de villes considérables; ces plages seraient trèsprobablement désertes, si Lisbonne n'avait besoin de se compléter sur cette rive par des ateliers, des magasins, des chantiers, des embarcadères. Après Almada, la ville de plaisance, qui est déjà sur le goulet de l'estuaire, plusieurs villages, Seixal, Barreiro, Aldea Gallega, Alcochete, sont ainsi devenus des faubourgs grandissants de la capitale, et leur prospérité s'accroît ou diminue avec celle de la grande ville. Par contre, on peut dire que le port de Setübal, situé plus au sud, à l'issue de l'estuaire du Sado ou Sadäo, est ruiné par le trop grand voisinage de Lisbonne. Setübal a des avantages de premier ordre, comme lieu d'exportation d’une riche vallée; son port est bien abrité par l’abrupt chaînon de montagnes qui se dresse au nord-ouest et la langue de sable recourbée au sud-ouest; une grande baie, ouverte entre les deux caps d'Espichel et de Sines, invite les navires à pénétrer dans la rade; mais Lisbonne est trop rapprochée : le Portugal n’est pas assez riche pour alimenter de son commerce deux cités situées à une faible dislance l’une de l’autre. Cezimbra, placée à l’ouest de Setübal, sur la côte escarpée qui se termine au cap d’Espichel, est également une ville déchue ; enfin, la ville de Troja, qui précéda Setübal comme entrepôt commercial de l'estuaire du Sado, repose maintenant sous les sables de la dune; les fouilles entreprises récemment ont mis à découvert quelques mosaïques romaines, des assises de marbre, et toute une rue tracée peut-être par les Phéniciens. Le botaniste Link, qui vit encore quelques débris de la ville à la fin du siècle précédent, y reconnut des restes de cours, semblables à celles qui se trouvent au milieu de toute maison mauresque.
Quoique bien peu animée en comparaison de sa grande rivale des bords du Tage, Setübal a pourtant gardé le mouvement d'échanges que lui assurent ses vins muscats, ses oranges délicieuses, et surtout le sel de ses marais, très-renommé dans le Nord de l’Europe ; c’est un précieux élément de chargement pour les navires. On dit, et non pas seulernent en Portugal, que le sel de Setübal est le « meilleur du monde » pour la salaison des poissons. Les sauniers de Setübal, qui pourraient faire plusieurs récoltes par mois, se bornent à en faire deux par année; en outre, ils ont soin de ne jamais
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vider les eaux-mères qui restent dans les compartiments de leurs marais salants, et de laisser au fond le tapis de conferves qui sépare le sel des autres chlorures, et produit ainsi des cristaux d’une pureté presque chimique. Des tapis de roseaux protégent les camelles contre les intempéries ‘.
Setübal et Cezimbra ont aussi dans les mers voisines d'énormes quantités de poissons d'espèces diverses. Les eaux qui baignent le Portugal sont d’une richesse extraordinaire en vie animale, sans doute à cause de la rencontre des courants océaniques apportant chacun leur faune particu-