‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 511 sur 545 · N° 175. — ESTUAIRE DU SADO · texte numérisé non relu

N° 175. — ESTUAIRE DU SADO

d'aprés Folque

BE Saines Plages découvertes Forèts

à daree busse Echelle de 1.350.000 ht a dt o 5 10K]

lière. De toutes ces eaux, les plus riches peut-être sont celles de Setübal; en comparaison, la Méditerranée et la baie de Gascogne sont presque désertes. Les pêcheurs de Setübal exploitent ces trésors de la mer avec une singulière intelligence. Bien des siècles avant que les savants eussent imaginé d'explorer le fond des mers pour en étudier les organismes, lorsque la plupart des zoologistes affirmaient même que nulle vie animale ne se hasarde dans les ténébreuses profondeurs de l'Océan, les marins de Setübal savaient capturer, à 500 et 600 mètres au-dessous de la surface marine, d'énormes requins qui ne vivent point ailleurs : hissés sur

Production du sel en Portugal (1870)... . . , . . . . , 390,000 tonnes. » dans le district de Setübal.. . , , , , , 484,000 »

L NS |] | SETUBAL, ALEMTEJO. Y6y ; | eurs marais le pont de l’embarcation de pèche, ces animaux semblent sur le point La e le sel des de faire explosion, tant ils sont gonflés par l'air intérieur qui fait équi- l presque chi- libre à la pression des couches supérieures de l’eau marine. Quant aux itempéries . espèces communes de la surface, c’est par myriades qu’on les recueille. Les ( rmes quan- sardines se pêchent en si grande quantité dans les eaux de Cezimbra, que le Portugal %e peuple les utilise, non-seulement pour sa propre nourriture, mais encore Dh » à cause de pour celle de ses cochons. Aux temps dé sa gran. 'e prospérité commerciale, h une particu- le Portugal fournissait de poisson une grande partie de l’Europe; il exer- | çait même une sorte de monopole pour la vente de la morue; ses mar- (} chands allaient en porter jusqu’en Norvége. Vers la fin du quatorzième i siècle, la ville de Lisbonne s'était fait concéder par traité l'exploitation de | pêche des côtes anglaises. Chose qui paraît étrange aujourd’hui, c’étaient 1f alors les Lusitaniens qui se faisaient les initiateurs industriels des popula- à üons de la Grande-Bretagne : ! | IV \ LE PORTUGAL DU MIDI, L'ALEMTEJO ET L'ALGARVE | Les montagnes d'Outre-Tage n’ont qu’en un bien petit noinbre d’endroits 1: un aspect de chaînes régulières ; ce ne sont pour la plupart que des protubérances à faible saillie s’élevant au-dessus de larges plateaux à base avinée. L'ensemble de la contrée manque de relief et de variété; on pourrait se croire partout au imilieu du mème paysage. Toute cette région, comprise entre le Tage et les montagnes de l'Algarve, est la moins belle du Portugal. A l'exception de la serra da Arrabida, qui se dresse entre les 4 deux estuaires de Lisbonne et de Setübal, elle n'offre que des plaines al es de Setü- ; basses, des collines aux pentes monotones, des bois, des broussailles, des à ont presque é landes nues, où de rares groupes d'habitations se montrent comme des îles L er avec une 1 au milieu de la mer. Les terres basses qui bordent la rive gauche du Tage te nts eussent | et le littoral marin, sont formées d'une épaisse couclie de sable fin, repo- 1 ismes, lors- | sant sur une argile compacte, et portant encore çà et là des bois de pins animale ne d maritimes et des bouquets de chênes-liéges (azinheiras), reste des antiques marins de k forêts qui recouvraient toute la contrée. Plus haut sont les grandes landes : de la sur- ; | : hissés sur È 1 Populations des villes de l'Estremadure : 1 ' Lisbonne. , , , . . , 250,000 hab. Cintra. 10,000 hab. onnes. : Setübal. . , À Te 15,000 » Santarem. , , , . ,. 9,000 » » 4 Bemfica.. . 40,000 » À Thomars. : , : , . . 5,000 » dl

ou charnecas, avec leur variété infinie de bronssailles et d'arbustes à verdure permanente. Ce sont des bruyères d’espèces diverses, dont quelques-unes ont jusqu’à deux mètres de hauteur, des cistes, des genévriers, des romat rins, des myrtes et des chènes rampants, dont l’épaisse ramure, d’un verpâle, s'élève à peine au-dessus du tapis des autres plantes. Mais la diversité des végélaux, la multitude des fleurs roses et blanches qui les couvrent jusqu’au milieu de l'hiver, n’empêchent pas que l'aspect général du vrys ne soit monotone et triste, à cause du manque presque absolu des cultures. St" les collines plus élevées, presque toutes composées de schistes pailletés de mica, la nature finit même par devenir presque sombre ; là tout est recouvert de ces cistes (cistus ladaniferus) aux feuilles résineuses. C’est le prolongement occidental de la zone des jarales qui s'étendent sur des milliers de kilomètres carrés dans la sierra Morena et d’autres régions montagneuses de l'Espagne.

Le massif le plus élevé de la Lusitanie méridionale se trouve sur la fro..tière même du Portugal, entre les vallées du Tage et du Guadiana : c’est la serra de Säo Mamede, appelée aussi serra de Portalegre : ses chaînons parallèles de roches granitiques, abritant d’étroits vallons, où coulent, soit vers le nord-ouest, soit vers le sud-est, des affluents des deux fleuves, atteignent plusieurs centaines de mètres au-dessus du plateau, et même le plus haut sommet dépasse 1,000 mètres en altitude totale. Au sud de la large dépression qu’a utilisée le chemin de fer de Lisbonne à Badajoz, apparaît un deuxième massif granilique moins élevé, dressé sur le plateau comme une sorte de citadelle aux mille bastions avancés, et d’un aspect assez grandiose quand on le regarde des bords du Guadiana, qui coule à sa base orientale : c’est la serra de Ossa, connue également sous les noms des diverses villes qui se trouvent dans le voisinage, Elvas, Estremoz, Evora. Elle se rattache, par les hautes ondulations du plateau, à différentes serras qui viennent abaisser leurs escarpements aux rives du Guadiana et du Sadäo et dans les plaines uniformes dites Campo de Beja. Ces plaines se continuent, au sud, par le célèbre « champ d'Ourique », où deux cent mille Maures, commandés par cinq rois, eurent à subir, au milieu du douzième siècle, la désastreuse défaite qui permit aux princes du Portugal de fonder leur monarchie, C'est depuis cette bataille et les massacres qui en furent la conséquence que les plaines situées au sud du Tage se changèrent en un désert.

Toutes les hauteurs qui occupent la partie méridionale de l'Alemtejo appartiennent au système de la sierra Morena d’Espagne. Les contre-forts de la sierra de Aroche et ceux de la sierra de Aracena, si riches en minerai de cuivre, s'entremélent en un dédale de collines dans la partie du Portugal

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