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SAO PAULO ET LES PAULISTES

devancière, Santo Andrès de Piratininga. Mais entre les deux éléments étrangers, les colons libres et les prêtres, le conflit éclata bientôt. Les premiers, avides de richesses, asservissaient les Indiens pour leur faire cultiver la terre ou chercher de l'or, tandis que les seconds, tout en employant les Indiens à leur service, les protégeaient contre les violences des colons et l'esclavage : après les avoir convertis à la foi catholique, ils n’entendaient pas que ces fidèles, les plus dociles de leur église, fussent molestés par tous les aventuriers. D'autre part, quand des missions eurent été fondées sur territoire espagnol aussi bien que sur territoire portugais, les jésuites des deux États restèrent solidaires de chaque côté des limites coloniales, et, sauf pendant la période où toute la péninsule Ibérique se trouva réunie sous le pouvoir du roi d'Espagne, on put facilement profiter de cette alliance internationale des missionnaires pour les accuser de trahison quand ils essayaient d'empêcher ou de punir les incursions des bandeirantes paulistes dans les missions du Paraguay et des plaines de Bolivie. Il en résulta des luttes constantes, où les jésuites finirent par succomber, quoique souvent soutenus par le pouvoir central et toujours par l'autorité du souverain pontife. Les chasseurs d'Indiens eurent toute liberté, et, dans leurs expéditions de traite, on les vit franchissant les fleuves et les montagnes, poussant leurs itinéraires jusqu'à l'Amazone, et même par delà le grand fleuve, jusque sur les pentes des Andes équatoriales. Muratori évalue à deux millions le nombre d'Indiens capturés par les Paulistes dans l'espace de cent trente années.

Cette indomptable énergie, que les Paulistes déployaient à pourchasser l’homme, ils l'appliquent maintenant au travail, et vraiment, depuis le milieu du siècle, ils se distinguent à cet égard parmi tous les autres Brésiliens. Ils se sont adonnés à la plantation du cafier avec une sorte d’emportement, et c'est à eux surtout que le Brésil doit sa prépondérance parmi les nations comme groupe producteur de café. Les premiers dans l'agriculture, ils sont aussi les premiers dans l'aménagement industriel : ils possèdent le plus ample réseau de voies ferrées, et même ils ont devancé les Minas Geraes et Rio de Janeiro par la préparation d'une carte topographique à l'échelle du cent-millième, qui se raccordera bientôt avee des travaux analogues dans l'État de Minas. Bien plus, une expédition composée uniquement de Brésiliens, explorant l'un des grands chemins naturels qui rattacheront un jour leur pays aux régions platéennes, a dressé au cinquante-millième une carte de tout le cours de lItapiringa et du Paranapanema, carte qui l'emporte certainement sur celles du même genre qu'ont données de Castelnau pour le Tapajoz et l'Araguaya,

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