‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 191 sur 401 · N° 88, — SOROCABA ET LES MINES DE FER D'IPANENA · texte numérisé non relu

N° 88, — SOROCABA ET LES MINES DE FER D'IPANENA

‘ à \ | fonte do Canfuassü CA Rita

de Greenwich

Ouest

C, Perron,

à la foire; on peut dire de Sorocaba que, par son importance au point de vue de l’union économique et commerciale du Brésil, elle exerçait un

rôle de premier ordre pour l'unité « nationale». Les mules de Rio Grande

traversent toujours les États de Santa Catharina et de Paranä et pénètrent par Faxina dans l’État de Säo Paulo; mais, arrivées aux stations diverses, elles sont expédiées en masses par les voies ferrées vers les plateaux et le

littoral : on délaisse de plus en plus la foire de Sorocaba. Non loin de là,

une autre industrie a aussi périclité, celle du fer. Le bourg d’'Ipanema ou de la « rivière Inutile », ainsi nommé du cours d’eau qui serpente dans sa

1 Eduardo Prado, Notes manuscrites.

vallée et va se jeter dans le Sorocaba, est fameux en minéralogie par ses collines de minerai ferrugineux qui fournit de 70 à 80 pour 100 de métal pur, d'une excellente qualité. Mème sans attaquer la roche, il suffirait d'en ramasser les fragments désagrégés, épars sur le sol, pour alimenter pendant des années les plus grandes usines métallurgiques; cependant l'établissement qu'on y a fondé en 1811, et que l’on a depuis transformé plusieurs fois sous la tutelle directe du gouvernement, n'a point réussi : exemple remarquable de l'incapacité de l'État quand il entre en concurrence avec l'industrie privée. Tous les travaux coûtent plus cher qu'ils ne rapportent, et la butte ferrugineuse d’Araçoyaba (970 mètres), dite communément 0 morro do ferro, reste presque sans emploi.

Actuellement (1895), Botucatü, dans une région montueuse que borne le Tieté du côté du nord, est la dernière ville importante de la région peuplée. Au delà des caféteries qui l'entourent et où l'on cultive surtout des plants aux baies jaunâtres, commencent les vastes solitudes inexplorées comprises entre le bas Tieté et le Paranapanema. Depuis le dixseptième siècle, un grand recul s’est fait dans ces contrées, Plus de cent mille Indiens policés se groupaient autour de missionnaires, et des villes, telle Säo Ignacio Mayor, s'élevaient au bord du Paranapanema; une autre mission se trouvait sur le fleuve Paranä, à quelques kilomètres en amont de la grande cascade. Mais les chasses à l'homme dépeuplèrent le pays. L'exploration confiée à la commission géographique de Säo Paulo permettra de recommencer presque à coup sûr l'œuvre de colonisation. On connaît parfaitement la rivière, avee ses chutes, ses rapides, ses dormants, ses ports naturels, et les terrains favorables sont désignés, soit pour la culture, soit pour l'élève du bétail, Les colons s'y établissent et déjà des embryons de villes se dessinent en aval des cascades et aux confluents des rivières. En 1890, on évaluait à cent mille têtes la production annuelle du bétail dans ces régions découvertes à nouveau, et on avait fait quelques tentatives de plantations, en cannes, cafiers, cotonniers et tabac*,

La partie méridionale de l'État, non encore réunie à Säo Paulo par route carrossable ou voie ferrée, constitue avec les distriets limitrophes du Paranä un tout géographique distinet, Ge territoire est encore faiblement peuplé et ses chefs-lieux ne sont que des villages : Apiahy, qu'ont abandonnée les chercheurs d'or; Xiririca, dont les beaux marbres blancs restent

1 Theodoro Sampaio, Consideragôes geographicas e economicas sobre o valle de rio Paranapanema.

e par ses de métal

suffirait limenter ependant ansformé t réussi :

concurer qu'ils res), dite

ue borne la région e surtout es inexs le dixs de cent es villes, ne autre n amont le pays.

ulo pernisation.

ses dorsoit pour déjà des nfluents duction on avail niers et

ar route hes du lement t aban-

restent

Parana-

BOTUCATÉ, CANANEA, CURITIBA. 383

inexploités; Iguapé et Cananea, deux ports que visitent seulement des goélettes de cabotage. Iguapé, située près de l'embouchure du Ribeiräo, communique aussi par un canal navigable avec le marigot dit Mar Pequeno, qui longe la côte sur plus d'une centaine de kilomètres. Si les approches du port d'Iguapé étaient rendues plus faciles et qu'un chemin de fer la rattachàt à la ligne de Sorocaba, ce point du littoral acquerrait promptement de l'importance pour l'exportation des cafés du plateau, du riz et du minerai de fer des montagnes voisines, Cananea, bâtie dans une île au bord du Mar Pequeno où marigot d'Iguapé, offre plus d'avantages nautiques, et les grands navires peuvent à marée haute mouiller devant sa plage : l'ilot de Bom Abrigo, éclairé d'un phare, donne aux bateaux le « bon abri » que promet son nom. Cananea est une des villes historiques du Brésil. Christoväo Jacques et Amerigo Vespucei y mouillèrent en 1505, et de là partit la première bandeira pour la recherche de l'or dans les régions de l’intérieur : des quatre-vingts aventuriers qui la composaient pas un seul ne revint. Cananea reprendra rang si l'on donne suite aux projets qui en font le havre terminal d'un chemin de fer tracé directement vers le Matto Grosso par les vallées du Paranapanema et de l'Ivinheima.

La population se distribue de la même manière dans l'État de Paranä que dans celui de Säo Paulo, et les villes, moins nombreuses et moins peuplées, y occupent des positions analogues. La cité capitale, Curitibä (Curitybä, Coritybä), c’est-à-dire la ville des euri où arauearias', s'élève, comme Säo Paulo, sur un plateau bordé à l'est par la serra do Mar, et se rattache de la même manière à son port du littoral, un autre Santos, situé également au bord d'un golfe semé d'îles et d'ilots. Les deux villes de la serra-acima et de la betra-mar, des « hauts » et de la « marine », forment un seul organisme urbain.

Curitibä s'étale largement dans une plaine, jadis couverte de forêts et maintenant presque déboisée : un jardin publie, des avenues d'arbres remplacent pauvrement les ombrages d'autrefois. Située à 889 mètres d'altilude, sous un climat qui rappelle celui de l'Europe occidentale, Curitibä est une ville à demi européenne, où des colons d'Europe viennent vendre sur le marché des fruits et des légumes introduits de l'Ancien Monde. De même que Sûo Paulo, Curitibä n'a grandi que pendant les dernières années; au commencement du sièele ce n'était qu'un humble village,

1 Adolpho de Varnhagen, Historia geral do Brazil.

moins peuplé que Paranaguñ, sa ville maritime, et le rang de capitale ne Jui appartient que depuis 1854, époque à laquelle le territoire de Paranä se détacha comme province distincte de celle de Säo Paulo.

Une route carrossable, encore utilisée par des convois muletiers, descend de Curitibä vers la mer, en passant, sur le versant de la serra, par la ville de Graciosa, justement nommée. Le chemin de fer n’est construit que depuis l’année 1885. Contournant la superbe montagne de Morumby (1450 mètres) dont les rochers nus contrastent avec la sombre verdure des talus extérieurs, la voie descend par une succession de tranchées, de tun-

N° 89. — DE CURITIBÂ A PARANAGUA.

Quest de faris

os.

d'après la carta de la Compa£nie Bén'® de chemins de fer brésilens C.Perran

Page 1