LACS, RIVIÊRES, CLIMAT, FLORE DU RIO GRANDE DO SUL
bien au sud du territoire brésilien, au-dessous du rapide de Salto, ville de la Banda Oriental.
Le Rio Grande do Sul, le plus méridional des États du Brésil, est aussi celui qui par sa température ressemble le plus à l'Europe occidentale. Le contraste des saisons ÿ est parfaitement marqué : le pays a son été brûlant et son froid hiver, et les extrêmes de température peuvent y atteindre un écart dépassant 40 degrés : en janvier et en février on a observé des chaleurs de 58 et de 39 degrés centigrades, et en hiver, notamment au mois de juillet de 1870, une nappe de neige recouvrit la contrée. Dans la région des collines le thermomètre descend jusqu'à 8 degrés; mais pareilles sautes de température ne se produisent que rarement et d'ordinaire les changements de saison se font par gradations régulières : la variation moyenne entre le mois le plus chaud et le mois le plus froid ne comporte qu'une douzaine de degrés. Les écarts les plus brusques ont lieu lorsque soufflent les vents d'ouest ou de sud-ouest, le minuano, descendu des plateaux froids des Andes, ou le pampeiro, qui vient de balayer les pampas argentines. Les pluies annuelles sont fort inégales. Normalement elles tombent en hiver ; mais les pluies d'été, plus courtes, plus violentes aussi, versent une quantité d’eau à peine moins considérable. La tranche d’eau pluviale est évaluée à À mètre environ.
De même que dans les États voisins jusqu’à Sûo Paulo, les forêts contrastent avec les campos dans le Rio Grande do Sul. L'opposition entre les deux paysages se montre parfois brusquement et la mer d'herbes succède à la mer d'arbres. Ailleurs, la transition est ménagée : la forêt se continue par des archipels, puis par des îlots d'arbres, et des catingas ou demi-bois annoncent la proximité des campos. En plusieurs régions, herbeuses des paliniers nains (butià rasteira) sont épars au milieu des herbes, La grande forêt, continuant la selve du nord, occupe la serra do Mar et se prolonge sur le rebord des monts qui dominent au nord la dépression du Jaeuhy. Au nord et au nord-ouest de l'État, les régions que borde le cours de l'Uruguay forment aussi de vastes étendues forestières, les plus riches par la variété des espèces et celles qui, par la fertilité du sol, promettent de
* Conditions chmatiques du Rio Grande do Sul, sur la côte et dans l'intérieur :
Latitude. Température, Plues. Jours de plue, Santa Cruz, . . . : 990,45 190,9 (350 — (0) (?) 107 Pelotas. . . . ". 310,467 170,2 (370,5 — 00,5) 1,066 83
Rio Grande (6 années). 990,7" 180,8 (390,4; 10) 0,912 RO
devenir la partie la plus populeuse de l'État. Au sud du Jacub, les hautes saillies des serras do Herval et dos Tapes portent aussi leurs forêts vierges; mais presque toute la région centrale et occidentale de Rio Grande do Sul appartient à la zone des campos. Au sud, ces étendues, presque complètement sans arbres, prennent le caractère de pampas : déjà commence l'aire de l'Argentine. Si l'on devait choisir une limite naturelle, au point de vue de la végétation, entre les deux grandes régions dont l'une à pour axe l’'Amazone et l’autre les pampas argentines pour centre, il faudrait prendre le rebord des hautes terres, qui coupe diamétralement le Rio Grande do Sul, au nord de la dépression où coulent l'Ibicuy Grande et le Jacuhy.
De nombreuses espèces d'arbres et d’arbustes représentent dans le Rio Grande do Sul la flore argentine et se mêlent à la flore brésilienne : certains types végétaux entrecroisent dans cette région tempérée les aires de l'Amazone et de la Patagonie". On ne voit plus dans cette province végétale qu'une dizaine de palmiers : le cocotier a disparu, mais il reste encore une espèce voisine, le jerivä (cocos coronata), dont les feuilles, enveloppant des épis de maïs, sont la nourriture préférée du cheval. Les pignons (pinhôes) des araucarias attirent des bandes de perroquets sur les arbres et engraissent les troupeaux de pores. La flore locale comprend aussi diverses espèces de bambous et la broméliacée cravatä (caraguatä), qui ressemble à l'ananas. Certains bois précieux, tel le jacaranda, manquent aux forêts du Rio Grande; mais les essences propres à l'ébénisterie ou à la construction dépassent largement la centaine.
L'extrémité méridionale du Brésil fait encore partie du monde amazonien, non seulement pour la flore, mais aussi pour la faune. Le Rio Grande do Sul a des singes et des vampires, des jaguars et des pumas ou « lions », — quoique ceux-ci soient devenus fort rares, — des crocodiles jacarés, des iguanes et des tortues. Cependant on se trouve dans le voisinage d'une frontière zoologique. Le pécari, le cutia, le tapir, qui habitent encore les forêts du Rio Grande do Sul, ne se sont pas avancés dans la Bande Orientale, De même, la viscacha (lagostomus trichodactylus), que l'on rencontre sur la rive droite de l’Uruguay, dans l'Argentine, est inconnue dans le territoire de la rive gauche. Le fleuve sert de limite à d’autres espèces animales : le tamanoir ou fourmilier, le coati (nasua socialis) ne vivent qu’à l’est du courant fluvial”.
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