‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 209 sur 401 · MATTO GROSSO, A · texte numérisé non relu

MATTO GROSSO, A

apprirent le chemin du Matto Grosso et, traversant le Goyaz, suivirent la voie directe qui conduit à Cuyabä, par la vallée du rio das Mortes. Mais les mines d'or, aussi mal exploitées que dans le reste du Brésil, perdirent graduellement leur force d'attraction, et le Matto Grosso était presque retombé dans l'oubli lorsque, avec l'indépendance brésilienne, commença l'ère des explorations scientifiques. D'Orbigny, de Castelnau, d’Alincourt, Leverger surtout, contribuèrent à faire connaitre la nature de la contrée; puis, lorsque la guerre du Paraguay eut démontré que le Matto Grosso se trouvait encore matériellement en dehors de l'empire, de nombreuses commissions explorèrent le pays les unes après les autres. Certes, on ne pourrait comprendre que le Matto Grosso soit resté une dépendance politique du Brésil, si l’insignifiance numérique de la population blanche, perdue au milieu de tribus indiennes, n'en donnait la raison. Une colonie puissante eût voulu conquérir son autonomie et y fût certainement arrivée, puisque l’absence totale de voies praticables à des troupes aurait empêché toute incursion du dehors. Même dans leur état de débilité politique extrème, les habitants de Cuyabä ont essayé à plusieurs reprises, notamment en 1834, de se constituer en État libre ; mais les représentants du pouvoir central l’emportèrent. Toutefois, aux débuts de la guerre du Paraguay, le gouvernement brésilien dut assister, impuissant, à l'invasion du Matto Grosso et à la capture de ses postes avancés : c'est par l'estuaire de la Plata, et avec l'aide des républiques Argentine et Orientale, qu'il eut à reconquérir le territoire perdu.

Jusqu'à cette époque, le Matto Grosso, découvert par les Paulistes, était resté dans la zone commerciale du port de Santos, le pays de ses anciens découvreurs, mais le trafic qui suivait cette route longue et coûteuse ne représentait que des sommes insignifiantes. Les difficultés des comraunications étaient si grandes, que, pour répondre à la déclaration de guerre faite par le Paraguay, il fut impossible aux troupes rassemblées dans les provinces du littoral d'aller secourir directement leurs compatriotes du Matto Grosso. Le corps expéditionnaire, parti de Rio de Janeiro en avril 1865, ne put s'organiser à Uberaba, dans le bassin supérieur du Paranä, qu'au mois de juillet; fort de 3000 hommes, il se mit en marche à travers les solitudes, mais de campement en campement perdit plus du tiers de son eflectif par les fièvres et le beriberi : deux ans presque entiers s'étaient écoulés lorsque les soldats arrivèrent enfin à la bourgade de Miranda, près de la frontière paraguayenne. En franchissant la rivière Apa, en avril 1867, la petite troupe comprenait 1680 hommes de combat; mais, ne trouvant pas à se ravitailler comme elle l'avait esperé,

Page 1