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MATTO GROSSO, DIAMANTINO, SÂO LUIZ DE CACERES

disparu. Ce ne sont plus que des taperas, indiquées soit par des cabanes éparses, soit par des clairières de bois ou des arbres fruitiers redevenus sauvages; même on ignore l'emplacement de quelques mines jadis fameuses, Le gouvernement hâta l'œuvre de dépopulation en interdisant aux colons libres l'entrée des districts où lon avait trouvé des diamants. S'en réservant Jalousement le monopole, il voulait être seul à diriger, à surveiller les recherches, faisant le désert autour de trésors dont il ne savait pas profiter. Maintenant les gisements de Diamantino, de Burityzal et autres villages encore existants ou désertés sont abandonnés à tout venant : quelques chercheurs, munis de cordes et de paniers, plongent encore dans les vasques profondes des rivières pour rapporter du sable et en extraire les cailloux précieux. On espère que l'exploitation des forêts de caoutchouquiers rendra sa prospérité au pays.

La cité de Villa Maria à également changé de nom : c’est aujourd’hui Säo Luiz de Cäceres. Très heureusement située sur la rive gauche du araguay, à l'endroit où ce fleuve à déjà reçu le Sepotuba et le Cabaçal et va bientôt s'unir au Jaurüû, cette ville oceupe un centre naturel pour la convergence des routes, et les vastes pâturages qui l'entourent nourrisseut d'immenses quantités de bétail : des fazendeiros possèdent des charqueadas pour la préparation des viandes. Les gisements de fer qui constituent les mornes et le sol des alentours ne sont pas exploités; mais, quand le pays se peuplera, ils fourniront à l'industrie locale une matière première inépuisable, Un ilot de la lagune Uberäba, que traverse la ligne de frontière entre le Brésil et la Bolivie, contient une si grande proportion de sulfure de fer, que les travailleurs ne peuvent allumer de feu sur le sol pierreux : la chaleur fait éclater les cailloux, en les projetant dans tous les sens".

Cuyabä, la capitale, s'élève dans un cirque de plaines parsemé de mornes et entouré par un amphithéâtre de collines s’ouvrant du côté de l’ouest : ses premiers habitants, les Indiens Cuyabä, furent chassés au commencement du dix-huitième sièele par les orpailleurs, qui bouleversè-

rent le sol, alors très riche en paillettes et en pépites; encore de nos jours,

les enfants de la ville s'amusent après les grands orages qui ont lessivé la terre à chercher de l'or dans les sables entrainés*. La ville minière, aux sables appauvris, succéda comme chef-lieu à la Villa Bella do Matto Grosso, en 1820, à la veille de l'indépendance brésilienne, Choisie à cause

1 Severiano da Fonseca, ouvrage cité 2 Francis de Castelnau, ouvrage cité.

de la salubrité de son elimat, elle a justifié les espérances de ses nouveaux fondateurs, et la population n ‘a pas à souffrir des fièvres endémiques ; tandis que Matto Grosso déchoit, Cuyabä s'agrandit et peut être classée parmi les cités brésiliennes de troisième ordre. Toutefois elle n'a guère de commerce ni d'industrie; elle n’exploite plus ses mines et n'a pas

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