COIMBRA, POPULATION DU BRÉSIL
manquer de s'accroitre, — le Brésil comprendra autant de citoyens que la France bien avant le milieu du vingtième siècle".
Aucune tentative d'énumération ne peut réussir complètement au Brésil, Une grande partie de la population se méfie de tous interrogatoires et les recenseurs n'ont aucun moyen d'action pour forcer les citoyens à inscrire ou laisser inscrire leurs noms et ceux de leurs proches, La dernière opération de cens, qui devait avoir lieu en 1890 et qui n'a été faite que deux années plus tard ou même négligée en certains États, comprenait un long questionnaire où se trouvaient des colonnes relatives aux « défauts physiques » et à l'état de fortune; aussi les principaux personnages, des législateurs même, donnèrent-ils l'exemple d'un refus de réponse. Partout les nornbres signalés par les recenseurs ont été moindres que les chiffres réels. À Bahia, le chef de la statistique évalue à plus d’un huitième l'écart de proportion entre la statistique officielle et la réalité. Des paroisses entières ont échappé au recensement : dans le seul État de Rio de Janeiro, un tiers des habitants aurait été oublié”, On procéda à une nouvelle énumération à la fin de l’année 1890, mais les résultats en furent sans doute très incertains, puisqu'on négligea même d'en instruire le public; enfin en 1892, M. Favilla Nunes fut chargé de la direction d'un troisième recensement, auquel six districts se refusèrent malgré tous ses efforts. Tandis que la population recensée dépassait quelque peu 1050 000 individus, elle devait être d’après lui d'au moins 1400 000, résultat considéré également comme fort douteux par d’autres statisticiens. Quoi qu’il en soit, de très grosses erreurs ont certainement eu lieu dans le cens de ces États côtiers, où le contrôle serait pourtant beaucoup plus facile que dans les régions de l'intérieur; à quels résultats s'attendre en des districts où tels employés chargés de l'opération ne savent pas même lire ni écrire? En mainte occasion, les statisticiens qui étudient une province préfèrent évaluer la population plutôt que d'accepter les chiffres dits officiels, mais évidemment erronés.
Colonisé par des habitants d’origine européenne et africaine, de beau-
‘ Population du Brésil estimée ou recensée :
4776, . . . . . . 4 900 000 habitants.
1819. . . . . . . 3617 000 ) (recensement).
POP rer. + 9 930 000 ) ) 1883. . . . . . . 12 600 000 )
2 Favilla Nunes, Populaçào, territorio e representaçgäo nacional do Brazil; — À, À. Ferreira da Silva, Estudos de demographia sanitaria.
5 J, P, Favilla Nunes, Recenseamento do Estado do Rio de Janeiro.
A4 NOUVELLE GÉOGRAPITIE UNIVERSELLE,
coup supérieurs en nombre aux indigènes américains, le Brésil est très inégalement peuplé : les immigrants ont dà se grouper sur le littoral, autour des ports, qui forment autant de centres d'attraction; mais dans ce peuplement de la zone côtière on constate que les blanes se sont dirigés surtout vers les régions du sud, dont le climat correspond à celui de leur pays d'origine, et que les noirs, introduits pourtant comme esclaves, ont été importés en grande majorité dans les contrées chaudes à température africaine. Quant au monde amazonien, le pays brésilien le plus rapproché de l'Europe, mais aussi le plus différent par sa nature, il reste, pour ainsi dire, en dehors du cercle de la colonisation. La densité kilométrique des habitants varie singulièrement suivant les régions : tandis que dans certains quartiers urbains, la population se presse comme dans les cités européennes, plus d'une moitié du territoire n'a pas même un habitant par 10 kilomètres carrés. Pris dans son ensemble, le Brésil est encore 96 fois moins peuplé que la France, 109 fois moins que la Belgique.
Des statisticiens essayent encore de classer les habitants du Brésil par aces et sous-races, blancs, noirs, rouges et jaunes, suivant leurs diverses colorations. Ainsi, d'après le cens provincial de Säo Paulo, en 1886, il y aurait eu, sur 1000 Paulistes, 677 blancs, 155 pardos ou gens de couleur, 104 pretos ou noirs, 84 caboclos ou fils d’Indiens. Mais si le cens proprement dit ne saurait être obtenu avec quelque approximation, à bien plus forte raison ne saurait-on indiquer d’une manière précise la part des croisements qui se sont opérés : c’est ainsi que dans le Matto Grosso et les autres provinces de l’intérieur on distingue entre « blancs » et « blancs » : les uns, les Portugais, sont les brancos verdadeiros, les « vrais blancs » ; les autres les brancos da terra, les « blanes natifs! ». Un fait certain est que la population blanche ou tenue pour telle doit s’accroitre sans cesse, puisque l'immigration introduit constamment des éléments européens dans les familles brésiliennes; beaucoup d’immigrants portugais et italiens se marient avec des négresses.
On a pu douter longtemps que des gens immigrés d'Europe réussissent à s'acclimater au Brésil. L'expérience a prononcé d’une manière évidente dans les provinces méridionales, de Säo Paulo à Rio Grande do Sul, ainsi que sur les hautes terres de Minas Geraes. Même les immigrants
venus du nord de l'Europe prospèrent matériellement dans leur patrie
nouvelle mieux que dans leur patrie d'origine. On y a vu des femmes
4 Francis de Castelnau, ouvrage cité.
il est très e littoral, mais dans ont dirigés lui de leur * esclaves, s à tempéen le plus e, il reste, nsité kilois : tandis mme dans pas même », le Brésil ins que la
Brésil par rs diverses 1886, il y le couleur, ns proprebien plus à part des osso et les blancs » :
blancs » ; uit certain roître sans ents euroortugais el
réussissent e évidente e do Sul, mmigrants ur patrie ss femmes