‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 226 sur 401 · k pu | 2000 kil · texte numérisé non relu

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dans les États amazoniens prouve que là aussi la race peut s'acclimater. Les régions du littoral, de Maranhäo à Bahia, sont peuplées de quatre millions d'hommes, sur lesquels plus d'un million appartiennent à la race blanche, sans évidence de métissage. Ces blancs sont venus des Açores, de la Galice, des bords du Minho et du Douro. Des Basques, des

1 {lermann von lhering, Rio Grande do Sul.

Espagnols, des Provençaux s'acelimatent également et leurs qualités d'élégance, de force et d'agilité se retrouvent chez leurs descendants', Les régions les plus saines paraissent être les plateaux de Bahia et des Minas, les campos de Paranä et les campagnes élevées du Rio Grande do Sul. Le bourg de Santa Anna de Contendas, dans les sertôes qui dominent à l'orient le rio San Francisco, en aval du confluent du rio das Velhas, est un lieu devenu fameux au Brésil par l'excellence du elimat et l'accroissement rapide des familles. Sans immigration, le nombre des familles à rapidement décuplé, puis centuplé dans le district, depuis la fin du siècle dernier. Les aïeules pouvant réunir autour de leur table des centaines de descendants n'y sont pas rares : dans certaines années on ne comptait que deux morts pour quarante naissances.

On sait que les Européens nouvellement débarqués dans les villes du littoral brésilien craignent surtout la fièvre jaune, et avec raison, Depuis la fin du dix-septième siècle, ce fléau n'avait pas ravagé le Brésil, lorsque, au milieu du siècle, plusieurs de ces épidémies ont sévi d’une manière terrible dans les villes de la côte, notamment à Rio de Janeiro et à Santos. Mais à une certaine élevation au-dessus du niveau de la mer la fièvre jaune n’a plus de prise sur l'organisme, les nouveaux venus sont parfaitement à l'abri quand ils vont s'établir à huit ou neuf cents mètres d'altitude, derrière l'écran formé par la saillie de la serra do Mar. De même, les plateaux de Minas Geraes, du Goyaz n’ont point à redouter les visites de la terrible fièvre, dont une école médicale de Rio dit avoir découvert le microbe et pratique le traitement depuis une dizaine d'années. Le choléra, qui s'acharne sur les nègres, ne se laisse pas arrêter, comme la fièvre jaune, par des limites de hauteur ou de climat : il va chercher ses victimes sur les hauts plateaux aussi bien que dans la plaine, et quoique en général il suive surtout les routes fréquentées et s'attaque aux habitants des grandes villes, il n’est guère de bourgades, si écartées qu’elles soient, qui échappent à ses ravages. Les visites du choléra sont heureusement peu fréquentes, et les hygiénistes ont acquis quelque habileté à le combattre : ce fléau fait certainement beaucoup moins de victimes au Brésil que la phtisie et le beriberi. Dans les provinces de l’intérieur, le goitre est commun; sur le littoral, on constate des cas nombreux d'éléphantiasis et d’autres maladies analogues. On peut dire d’une manière générale que, sauf dans certaines villes de la côte, les blancs, même

1 II. Coudreau, Notes manuscrites.

2 Spix und Martius, Auguste de Saint-Hilaire, ouvrages cités.

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