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DÉMOGRAPHIE BRÉSILIENNE

immigrés d'Europe, sont moins souvent malades et ont une vie moyenne plus longue que les Indiens et les noirs. Les blessures et les amputations se guérissent bien plus facilement sous ces climats que dans l'Europe occidentale. Comparé aux hôpitaux de Paris, celui de Pernambuco, où d'ailleurs la plupart des malades vivent comme en plein air, paraît aux médecins un lieu de guérisons miraculeuses.

L'importance de l'immigration européenne varie suivant les années; mais elle est devenue, depuis le milieu du siècle, assez considérable pour influer d'une manière sensible sur l'accroissement de la population brésilienne : en 1891, le nombre des immigrants égala peut-être le croit naturel provenant de l'excédent des naissances sur les morts. Avant la proclamation de l'indépendance, les Portugais seuls avaient l'autorisation, d’ailleurs restreinte par des règlements de toute espèce, d'immigrer dans la partie du Nouveau Monde qui appartenait à leur souverain. Les étrangers qui se domiciliaient au Brésil devaient tous au hasard ou à la faveur leur permission de séjour : c'étaient des naufragés, des marins, des prisonniers, surtout des soldats mercenaires qu'il eût été difficile de apatrier et auxquels on donnait des terres. Cependant le gouvernement portugais introduisit aussi directement des « insulaires », c'est-à-dire des Agçoriens, lorsque les colons lui manquaient au Brésil mème, pour occuper des districts ayant une certaine importance stratégique.

La colonisation proprement dite commença en 1820, lorsque le roi Joûo VI établit des paysans suisses catholiques dans les terres de Nova Friburgo. Quatre années après se fondait, dans le Rio Grande do Sul, la colonie allemande de Säo Leopoldo, qui devint le noyau de plusieurs autres communautés du mème genre et qui est encore au Brésil le centre le plus important de la colonisation étrangère. Des colonies privées s’ajoutèrent à celles qui s'étaient formées sous les auspices directs du gouvernement, et nombre de grands propriétaires, que l'abolition de la traite empêèchait de recruter leurs ateliers et qui prévoyaient l'abolition prochaine de l'esclavage, songèrent à substituer des ouvriers libres aux noirs de leurs plantations. Mais, trop souvent, ils ne se souciaient que de remplacer des esclaves par d’autres esclaves, et plusieurs de ces colonies prétendues « libres », surtout celles qu'on fonda au bord des rivières marécageuses, dans les terres brûlantes du Bahia méridional et d’Espirito Santo, aboulient à une misérable fin : les colons succombèrent par centaines et par milliers. On peut dire d’une manière générale que les essais de colonisation réussirent dans la proportion exacte de la liberté laissée aux nouveaux venus; les colonies prospérèrent là où l'étranger devenait le

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