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POPULATION DES GUYANES, GUYANE ANGLAISE

rouges et noirs, ceux qui gagnent peu à peu sur les Européens proprements dits sont, au nord les insulaires des îles portugaises, au sud les Brésiliens, également de langue portugaise, à l’ouest les Vénézolans espagnols, tous colons de langue et de civilisation latines,

Cette partie de la grande île des Guyanes, à frontières encore indéterminées, est de beaucoup la plus importante par le nombre des habitants et l'activité du commerce. On admet d'ordinaire, sans se donner la peine de chercher plus avant, que cette remarquable supériorité de la Guyane brilannique comme domaine d'exploitation a pour cause primordiale le « génie administrateur » des Anglais; mais, si l’une des raisons de cette prospérité relative doit être attribuée à la non-intervention du gouvernement dans les affaires locales, à la rareté relative des fonctionnaires et à l'esprit de suite maintenu dans l'administration, il n’en est pas moins vrai que la Guyane anglaise a joui de privilèges considérables, tant naturels que d'ordre politique. D'abord le plus grand bassin fluvial lui appartient, et ses plantations principales, que les Hollandais avaient depuis longtemps mises en valeur lors de la conquête anglaise, sont les plus accessibles pour les navires venus de l'Europe et des Antilles ; la zone cultivable, bien drainée du côté de la mer, borde le littoral, et les villes, les villages, les plantations ont pu se presser au bord du flot, sur la lisière étroite qui sépare les vagues des eaux dormantes de l’intérieur, tandis que dans la Guyane hollandaise et dans la plus grande partie de la Guyane française la zone marécageuse, masquée par des rideaux de palétuviers, occupe la régian bordière*.

Il était facile de commencer la culture sur ces côtes découvertes, et, grâce à la proximité des Antilles, les premiers planteurs, Écossais en majorité, purent recruter sans difficulté les travailleurs dont ils avaient besoin. Depuis 1802, époque à laquelle la Grande-Bretagne devint maitresse de la Guyane du nord, qui lui fut officiellement cédée en 1814, les dominateurs de la contrée ont largement profité du voisinage des colonies antiliennes en favorisant l'immigration des noirs de Barbadoes, l'ile surpeuplée, et de la grande île de Trinidad dans leurs terres conti-

1 Giflord Palgrave, Dutch Guiana.

nentales. Puis lorsque l'émancipation eut privé les propriétaires fonciers des esclaves qui exploitaient leurs domaines, le gouvernement des Indes ouvrit les portes de ses marchés de coulis aux riches usiniers de Demeara, Autant de raisons qui assurèrent à la Guyane britannique une très forte avance sur les contrées limitrophes, et cette avance même lui donna par contre-coup une meilleure situation commerciale, des ressourees industrielles, des relations plus nombreuses et beaucoup plus actives. Tout progrès antérieur devient une cause de progrès nouveau. Si li Guyane anglaise n'est pas plus une colonie, dans le sens propre du mot, que les deux autres Guyanes sous domination européenne, du moins est-elle devenue un lieu de peuplement spontané pour les émigrants des Antilles et des Açores. Dans le langage courant, les Anglais classent encore leurs possessions de Demerara et de Berbice comme faisant partie des Indes Occidentales (West Indies).

Jusqu'à une époque récente, la zone de grande culture agricole dans la Guyane britannique était limitée à la partie du littoral comprise entre le Pomerun et le Berbice. La région du nord-ouest, dont la possession est contestée à l'Angleterre par le Venezuela, restait inhabitée. Quelques Hollandais s'étaient établis sur les bords du Pomerun dès les premiers temps de la colonisation, en 1580, mais ne l’avaient point dépassé dans la direction de l’ouest, vers l'Orénoque'; même leurs plantations furent successivement abandonnées, et au milieu du dix-neuvième siècle les bords du Pomerun n'avaient d’autres habitants que des Indiens et des nègres métissés campés dans les clairières; ceux-ci descendent de marrons réfugiés en 1758, qu'on n'osa pas poursuivre, mais qui, de leur côté, n’eurent pas l'audace de rester dans le voisinage des blancs et s’unirent aux tribus indiennes”. La colonisation sérieuse commença, vers 1870, grâce à quelques Portugais entreprenants, et depuis cette époque les progrès de la culture ont été incessants et rapides. L'obstacle capital provenait de l’interruption des communications pendant la saison sèche : l'itabbo ou fossé qui réunit le courant de la Moruka à celui du Waini durant les hautes eaux se trouve complètement à sec une moitié de l’année, et même le manque de consistance dans les terrains d'alluvion ne nemset pas aux piétons de se hasarder dans les forêts entre les deux b: \ctuellement des bateaux à vapeur qui vont et viennent entre Georg. wn et le delta de l’Orénoque ont mis tout le « district du Nord-Ouest » en relations faciles

! Brett, ouvrage cité.

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avec le reste de la colonie. Trois groupes principaux de défricheurs et de marchands ont pris possession du nouveau domaine que leur ouvre la navigation : l’un, le plus rapproché des plantations du Pomerun, au earrefour des eaux formé par la lagune de Baramanni sur la rivière Waini; un autre, à l'affluent du Morawhanna, qui rattache le Barima au Waini; un troisième enfin, à l'embouchure du Barima dans l'Orénoque. Le ehel-

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