‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 24 sur 401 · N° 41, == DISTRICT DU NORD-OUEST · texte numérisé non relu

N° 41, == DISTRICT DU NORD-OUEST

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licu naturel du district est le village central, sur le Morawhanna. Le gouvernement anglais y a fait établir un ensemble d’édifices publies, tribunal, caserne, hôpital, témoignant ainsi du peu de cas qu'il fait des revendications du Venezuela sur ce territoire".

Le bassin du fleuve Essequibo, malgré sa vaste étendue et le développement de sa ramure, n’a reçu qu’une faible partie de la population guyanaise : là ne se trouve pas encore le centre de l'exploitation européenne. La région des sources est occupée par les Indiens Taruma, au milieu

! Everard F. im Thurn, Proceedings of the R. Geographical Sociely, October 1892. XIX. )

desquels n'apparaissent que de rares voyageurs et qui ne sont en rela- Uions avec la colonie que par l’intermédiaire de traitants clairsemés. Les groupes de paillottes se succèdent à de grande: distances le long du fleuve, surtout aux lieux de portage, où les piroguiers ont à contourner les cascades. Presque nul en amont de la bouche du Rupununi, affluent que suit la route naturelle entre l'Atlantique et l’Amazone par le seuil de Pirara, le mouvement des barques s’accroît au-dessous du confluent; mais les escales sont encore fort éloignées les unes des autres et naguère leur population se composait seulement d’Indiens et de métis, avec quelques marchands noirs ou portugais, aventurés loin du littoral. Toutefois il n’est pas douteux que la large « voie des migrations » ouverte entre le littoral et l'Amazonie ne prenne tôt ou tard une grande importance commerciale. Actuellement la principale agglomération de paillottes dans le voisinage du seuil est l’humble village de Quatata, où se rencontrent Wapisiana, Taruma, Macusi, Ouayeoué et traitants européens pour faire le troc de couteaux, de colliers, de râpes à manioc, de chiens, contre des hamaes, des sarbacanes et autres objets de fabrication indienne‘. Les missionnaires protestants de Demerara et catholiques de Manaos se sont disputé la région, et près de Quatata se voient les restes du fortin de New Guinea, élevé par les Anglais pour assurer en cet endroit de si grande valeur stratégique les prétentions de la Grande-Bretagne. Des métis brésiliens immigrent chaque année dans cette région de savanes pour s’y livrer à l'élève du bétail”.

Le carrefour des caux où, déjà dans le voisinage de l'estuaire, le Mazaruni, gonflé du Cuyuni, vient rejoindre le fleuve, a trop d'importance hydrographique pour qu'une ville n’y ait pas pris naissance : là se trouve la bifurcation naturelle des deux grandes routes, l’une par l’Essequibo vers l’'Amazone et le Brésil, l’autre par le Cuyuni vers l'Orénoque et le Venezuela. La petite ville Bartica Grove, — ou simplement Bartica, — presque enfouie sous le branchage des mangaiers, s'allonge au pied d’une colline qui commande au sud le confluent des fleuves, sur la rive gauche de l'Essequibo. Elle fut autrefois le centre des missions indiennes, mais il n'y reste plus qu'un petit nombre d’indigènes convertis : les familles qu'on y avait attirées ont repris le chemin des forêts, remplacées par des Portugais, des nègres et des métis qui font le commerce des bois de construction et entreposent des approvisionnements de toute sorte pour les mines

1 Everard F, im Thurn, The Indians of Guiana. 3 Ch, Daniel Dance, Recollections of Venezuela; — Henri À. Coudreau, France Équinoxiale.

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