C.Perron
Petite navigation
bateaux à très grande vitesse, comme les transatlantiques de New-York, pourraient accomplir le trajet en deux jours et demi. Les communications télégraphiques se font directement de Pernambuco en Europe et aux États-Unis par des câbles sous-marins : un fil de 6000 kilomètres longe toute la côte brésilienne, de l'estuaire amazonien à celui de la Plata!.
4 Longueur des lignes télégraphiques au Brésil au 1° janvier 1893 : 14784 kilomètres. Noinbre des stations : 235.
Nombre des dépèches télégraphiques expédiées en 1892 : 4 554 689, dont 999 568 privées. Nombre des lettres expédiées au Brésil en 1892 : 38 693 806, soit 2,4 lettres par personne,
Les progrès de l'instruction publique n'ont pu être rapides en un pays dont les travailleurs étaient encore en grande majorité esclaves il y a moins d'une génération. Cependant quelques écoles et des collèges avaient été fondés par les missionnaires jésuites sous le régime colonial, et pendant la deuxième moitié du dix-huitième sièele le marquis de Pombal avait fait ouvrir des établissements « royaux » d'instruction publique; toutefois la masse de la population restait ignorante. En 1854, sept années après la promulgation de la première loi relative à l'enseignement, il n’y avait dans toute la province de Rio de Janeiro que trente écoles, avec 1369 élèves des deux sexes. Les proportions ont heureusement changé; cependant le manque de statistiques scolaires dans la plupart des États témoigne du peu d’empressement qu'on apporte à la diffusion de l'enseignement, et celles que font publier les assemblées locales dans les provinces les plus avancées prouvent qu'une grande partie de la jeunesse reste encore en dehors des écoles. Lors du recensement de 1872, on évalua ceux qui savaient lire à 25 hommes et à 15 femmes sur 100; en outre, on comptait 1 nègre sur 1000 connaissant l'alphabet. Vingt ans après, on estimait que plus des trois quarts de la population, hommes et femmes, blanes, caboclos et noirs, ignoraient encore les premiers rudiments', En laissant de côté les enfants en bas âge, on constate que le nombre des Brésiliens sachant lire n’égale pas encore la moitié des habitants. Mais de nombreux jeunes gens ont fait leur propre éducation. Il n’est peut-être pas de villes où l’on ne rencontre des individus ayant|appris sans maîtres, par la seule lecture, une langue étrangère ou même quelque profession : dans les États du centre, Minas Geraes, Goyaz, Matto Grosso, la plupart des curandeiros ou « guérisseurs », souvent très heureux dans leurs cures, se sont formés tout seuls, par l'étude des simples et des livres. Les nègres, que l'on dit supérieurs aux blanes pour le sentiment musical, se groupent par milliers dans les orphéons.
Les hautes écoles sont entretenues par l'État, à l'exception de divers établissements fondés par les jésuites à l'écart des grandes cités : tels celui d'Itû dans le Sûo Paulo, et le collège de Caraça dans les Minas Geraes. La
1 Nombre présumé des écoles au Brésil en 1893 : 8 000. Écoles en 1886 :
6 161 écoles, dont 5 151 publiques et 1 010 particulières, avec 274 944 élèves. 6% écoles secondaires, avec... . . . , . . , . , . . 9482 » Total : 6224 écoles, et, soit 2 pour 100 de la population . . . . . . 284 396 élèves. (Pires de Almeida, Instruction publique au Brésil.)
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