PRODUCTIONS DU PARAGUAY
les utiliser sur place pour la fabrication des vins et eaux-de-vie. On prépare aussi des essences avec la feuille et la fleur.
On a calculé que la superficie des terrains cultivés était seulement de 65000 hectares, soit environ la #00° partie de la surface du Paraguay : à peine a-t-on égratigné le sol. Les femmes, auxquelles incombe presque tout ce travail, s'occupent surtout de la culture du maïs; la consommalion du manioc diminue à mesure que s'étendent les champs de céréales. De rares champs de froment se montrent dans les plantations, et quoiqu'il yait de nombreuses rizières autour d’Asuncion, et à l’est vers Altos', des chargements de riz, de mème que du blé, arrivent de l'étranger. Des treilles ornent les varandes, mais on ne voit pas de vignobles proprement dits au Paraguay. Chaque paysan à son champ de cannes, mais n'utilise le jus que pour en extraire une cassonnade grossière ou en distiller un rhum impur; le cafier donne de belles récoltes, de mème que les arachides, mais les spéculateurs portent leur préférence sur les tabacs, que l’on s'accorde à regarder comme de qualité supérieure et d’un arome analogue à ceux de la Havane”. Nulle part peut-être la consommation des cigares n'est plus forte par habitant : elle dépasse 11 kilos, tandis qu’en France elle ne s'élève qu'à 758 grammes”. Peut-être cette énorme consommation de tabac serait-elle pour quelque chose dans la patience à toute épreuve des Guarani.
On estimait avant la guerre que les Paraguayens possédaient 2 millions de têtes de bétail. Après la dévastation générale du territoire il n’en restait plus que 15000. Le nombre des animaux, importés du Corrientes et du Matto Grosso, augmente rapidement, mais sans être comparable à celui des temps prospères. Les bêtes pâturent à l’état libre, et, sauf dans la colonie allemande de San Bernardino, on ne sait pas employer le hit, soit pour l'alimentation directe, soit pour la préparation du beurre et du fromage. En 1889, le Paraguay ne possédait pas encore d'usines à viandes comme les républiques voisines. On élève quelques chevaux, très peu de moutons, de chèvres et de pores‘ : une herbe vénéneuse, le
‘ Albert Hans, Notes manuscr'ites.
: Production du tabac au Paraguay en 1886. 10 497 tonnes. Exportation D D » . 4784 »
5 E, de Dourgade la Dardye, ouvrage cité.
* Cheptel du Paraguay en 1891 :
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mio-mio, vendrait impossible, dit-on, l'élevage en grand des troupeaux d'ovidés". Dans le Chaco paraguayen, chevaux, mulets et ânes meuren rapidement sous l'influence d'une maladie infectieuse dite mal de cadeiru’.
Les anciennes pratiques de travail en commun ont été abandonnées, mais la propriété n'a pas été attribuée à celui qui la cultive, Sous le gouvernement des Jésuites, le sol était censé appartenir à tous et les produits se distribuaient partiellement aux associés; plus tard les dictateurs devinrent, au nom de l'État, les véritables propriétaires du territoire, mais chaque paysan avait sa cabane et ses cultures, Après la guerre, presque | toute la superficie du Paraguay, ayant cessé d'être occupée, constituait un domaine publie. Maître de l'immense propriété nationale, le gouvernement la mit en vente à tant la « lieue carrée », suivant la valeur des | terres et la proximité des marchés, Les spéculateurs argentins, anglais, américains du nord, se ruèrent sur la proie, sans mème respecter les
petites enclaves où les familles guarant eultivaient le sol de génération en wénération, n'ayant jamais eu besoin de faire constater leurs titres de propriété; des syndicats de marchands achetèrent les terrains par dizaines, par centaines de mille hectares, afin de les revendre au déeuple et au | vingtuple de leur valeur : un seul concessionnaire aceapara plusieurs | milliers de kilomètres carrés. En peu d'années, les vastes solitudes furent adjugées à des propriétaires absents, et désormais nul paysan paraguayen ne pourra bècher le sol de la patrie sans payer de rente aux banquiers de New York, de Londres où d'Amsterdam. Peut-être les fils des Guarani, après avoir été soumis au régime des Jésuites et à eelui des dietateurs, qui se termina du moins par des années d'héroïsme, auront-ils à subir un troisième esclavage, plus dur encore, ear il en fera des prolétaires dégradés.
Sauf dans les chantiezs d'Asuneion, il n'y a point d'industrie proprement dite au Paraguay: quelques distilleries, des tuileries, des savonneries et des minoleries, voilà où à peu près tout ce que possède la
nation autour de la capitale et de ses bourgs. Mais le Guarani est d'une
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singulière adresse, et les Jésuites avaient su lui enseigner divers métiers:
les femmes tissent des étolfes de toutes espèces, entre autres des äanduti | ou « toiles d'araignée », qui sont d'une extrême finesse. Lorsque l'ère f industrielle aura commencé, le Paraguay ne manquera pas d'ouvriers ù habiles à tous les travaux. Les usines se distribucront au pied des cas- \
1 W. Gifford Palgrave, ouvrage cité, * Albert Hans, Notes manuscrites,
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