HABITANTS DE L'URUGUAY, SALTO, PAYSANDÉ
mélange des races s'est fait dans l'Uruguay, d'abord entre les soldats espagnols et les femmes indigènes, puis entre leurs descendants métissés et les immigrants de toutes nations qui, pendant les années de commerce actif, arrivent par milliers dans le port de Montevideo. Parmi les Hispano- Américains, le type « oriental » est un des plus beaux.
Au sortir du Brésil, l'Uruguay baigne le village de Santa Rosa, devant lequel un viadue de chemin de fer doit prochainement traverser le fleuve pour rejoindre la ville opposée de Monte Caseros. La rive orientale est faiblement peuplée jusqu'à la ville de Salto ou du « Saut », ainsi nommée de la chute de l'Uruguay. Cette ville, la troisième de la République en population, occupe un lieu indiqué d'avance comme entrepôt et centre de commerce, puisque les bateaux à vapeur du bas fleuve doivent forcément s’y arrêter, sauf pendant la période des hautes eaux, et y déposer passagers et marchandises’. Bâtie sur plusieurs collines et s’étageant en amphithéâtre sur une longue berge fluviale, Salto présente un aspect grandiose, et pourtant ce ne fut qu'un humble village jusqu'au milieu du siècle; ses premières maisonnettes datent de l’année 1817. En réalité, Salto ne forme qu'une seule ville avec Concordia, qui se montre en face sur la rive argentine de l’Entre-Rios : entre les deux cités, le fleuve a un kilomètre de largeur. Au sud s'ouvre la vallée de la rivière Dayman, bordée de plantations appartenant pour la plupart à des propriétaires anglais : elle porte le nom de l’un d’entre eux.
Paysandü, située sur la même rive de l’Uruguay, est d’origine plus ancienne que Salto : un prêtre, le « père » Sandü, la fonda en 1772 et groupa quelques familles autour de lui. Elle occupe une situation analogue à celle de Salto, sur une haute berge de la rive, vers l'issue d’une vallée bordée de cultures et d’enclos d'élevage, presque en face de Colon, qui appartient, de même que Concordia, à l'Entre-Rios. Paysandü, la deuxième cité de la Bande Orientale, se vante d’être la ville du progrès* dans le petit État uruguayen, mais cette ambition lui a valu de fréquentes infor-
1 Mouvement de la navigation à Salto en 1891 : 1626 navires, jaugeant 403 922 tonnes.
2 Mouvement de la navigation à Paysandü en 1891 :
2 867 navires, jaugeant 740 503 tonnes.
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