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FLEUVES, RIVAGES, CLIMAT DE L'ARGENTINE

un isthme étroit, recourbant sa masse à droite et à gauche en forme de marteau pour enfermer deux baies latérales. Au sud du grand hémicyele régulier du golfe de San Jorge, le Deseado descend, de même que le riv Colorado et le rio Negro, non vers l’anse qui l'invite, mais au milieu d'un hite péninsulaire.

Les ports sont rares sur cette côte patagonienne exposée aux grands vents polaires. Dans les parages méridionaux, les marins préfèrent ceux de San Julian et de Santa Cruz, l'un et l’autre fermés à marée basse par des barres où l’on ne trouve que 2 à 3 mètres d'eau; mais le flux, qui vélève sur ces rivages à 10 et mème à 15 mètres, permet l'entrée aux plus forts navires presque à toute heure. On redoute surtout les approches de la côte dans le golfe de San Matias, près de la péninsule de Valdes : ls vagues, entreheurtées, se croisent avec violence et les courants s’y rencontrent en décrivant des remous dangereux; on ne peut même jeter la snde dans ces tourbillons qui font dévier le plomb.

La république Argentine n'a qu'une petite bande de territoire dans h zone tropicale. Une seule de ses villes, et l’une des moindres, Oran, est située dans cette zone, dont l'altitude compense en partie la position géographique relativement à l'équateur. On peut dire que l'Argentine correspond pour le climat aux régions tempérées de l'Europe occidentale, de l'Espagne aux Orkney et aux Ferôüer. Mais du 22° au 50° degré de htitude méridionale, lignes entre lesquelles se trouve compris le territoire argentin, quelle succession de elimats, entremèlés par les vents! Aux tansitions qui s'opèrent du nord au sud s'ajoutent celles qui se présenent de l'est à l'ouest, à mesure qu'on s'éloigne de la mer pour se rap. procher des montagnes. La diversité des elir :ts locaux est done infinie, mais Lous ont pour caractère de présenter des écarts considérables et des brusques sauts dans la température. Le relief orographique, des plaines du Chaco aux îlots rocheux de la Fuégie, laisse le champ libre aux vents chauds qui soufflent du nord équatorial, aux vents froids qui refluent du sud polaire : aucun écran de montagnes n'arrête au passage ces courants aériens qui portent ou l'atmosphère embrasée de l'équateur ou le froid

des glaces antarctiques.

! Francisco P, Moreno, Viaje à la Patagonia Austral. xx, 82

Dans la région mésopotamienne, et d’une manière générale dans toute la partie du nord argentin, les vents normaux s'orientent dans la même direction que les montagnes et les fleuves, c’est-à-dire dans le sens du nord au sud ou dans celui du sud au nord, parallèlement aux Andes et à ses avant-monts, Famatina et Aconquija, parallèlement aussi à l'Uruguay et au *arand. Mais on observe un certain balancement entre les régions fluviales de l’est et les régions andines de l'ouest. Dans les premières le vent du nord à une forte prépondérance, tandis qu'à la base des Andes le vent du sud l'emporte, Un autre contraste consiste dans la déviation du vent du nord, qui descend fréquemment du haut des montagnes dans la plaine : c'est la zonda redoutée, qui souffle en tempête, surtout pendant les mois d'hiver, de juillet en septembre. Vent du nord et zonda apportent une température élevée, et plus d'une fois on a vu le thermomètre dépasser 40 degrés. Qu’une saute des airs se produise alors et la différence de chaleur peut comporter dans une journée plus de 50 degrés centigrades, En hiver et sous l'action prolongée des vents du sud qui nettoient l'atmosphère et facilitent le rayonnement, la température tombe au-dessous du point de glace, et les rivières de la Patagonie, à partir du Chubut, vèlent brusquement. On dit qu'à San Juan, au pied des Andes, la transparence de l'air permet de voir les étoiles à l'œil nu en plein jour, même dans le voisinage du soleil.

Le littoral de Buenos Aires, sur l'estuaire de la Plata et le long de l'Atlantique, se distingue, au point de vue du climat, par des traits particuliers. Les riverains jouissent de l'alternance des brises ou virazones, les brises de terre qui soufflent pendant le jour, et les brises de mer qui refluent pendant la nuit. En outre, les vents généraux, c'est-à-dire les alizés du sud-est, prévalent sur cette partie de la côte, non seulement en été, mais aussi durant une grande partie de l'hiver; parfois même des troubles atmosphériques, surtout en mai et en octobre, font régner l'alié en tempête : sous le nom de su-estada, il bouleverse l'estuaire, refoule et fait déborder les eaux de l'Uruguay et du Paranä; la plupart des naufrages dans la rade de Buenos Aires sont dus à ces coups de vent du sud-est, presque toujours accompagnés de fortes pluies. Un autre courant aérien, qui souffle avec non moins de violence, mais que sa direction rend beaucoup moins dangereux pour la rade, caractérise le climat du littoral platéen : c’est le pampero, ou « vent de la pampa », qui traverse les plaines de la pampa centrale dans le sens du sud-ouest au nord-est et longe la côte de l’Uruguay et du Brésil méridional, parfois jusqu'au delà de Santos et du cap Frio. Ce vent, très sec, très pur, très salubre, souffle en

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