‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 330 sur 401 · VUE PRISE DANS LA VALLÉE D'ACHA, PAMPA · texte numérisé non relu

VUE PRISE DANS LA VALLÉE D'ACHA, PAMPA

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moyenne seize fois par an’, lantôt pour durer quelques heures seulement, untôt pour sévir avec violence pendant plusieurs jours. Malgré ces brusques changements de l'atmosphère, le climat du littoral a moins d'amplitude dans ses écarts : la température est plus égale et l'on ne souffre guère des chaleurs intolérables qui se font sentir, surtout par un temps

alme, dans les « saharas » de l’intérieur.

L'aire des vents alizés du sud-est a des limites incertaines et flottantes sur les côtes de l'Atlantique ; mais dans le conflit entre les courants d’origine polaire et les courants opposés, ceux-ci l’emportent presque toujours dans la Patagonie proprement dite. Les vents du nord-ouest y prédominent pendant une partie du printemps et pendant tout l'été. La cause en est due au contraste des températures à l'ouest et à l'est du triangle lrminal de la Patagonie. Dans les parages des archipels magellaniques coulent les froides eaux polaires, tandis que dans l'Atlantique, le courant se porte en sens inverse, dirigeant vers le pôle les effluves de la chaleur tropicale. Il se produit de l'un à l’autre littoral un écart moyen de 6 degrés «ntigrades sous la même latitude, et cet écart considérable exerce un ippel continu de la zone relativement chaude de l’est sur l'atmosphère plus froide de la zone occidentale. D'une extrème violence, les vents patagniens du nord-ouest empèchent parfois les voyageurs de se tenir à cheval : il leur faut descendre de monture et s’abriter dans quelque ravin, à l'abri du formidable souffle qui rase la plaine. Une végétation arborescente, assez touffue en quelques endroits, peut se maintenir dans ls creux ou cañadones, mais partout ailleurs la terre, desséchée par le vent furieux, ne produit que des plantes basses et des broussailles. On

constate que celte couche aérienne est de mince épaisseur : à une faible dislance au-dessus du sol on voit souvent des nuages marcher en sens inverse du courant inférieur. La brise violente commence d'ordinaire avec

le lever du soleil, pour atteindre sa plus grande force vers une heure de l'après-midi, puis elle diminue et pendant la nuit le calme est souvent absolu*. Plus au sud, dans la Terre de Feu, les vents ont beaucoup moins de régularité dans le dédale des fjords, des baies et des canaux étroits.

Ainsi que le navigateur Anson l’a constaté, il y a un siècle et demi, le

beau temps n’a jamais qu’une courte durée sous ces latitudes méridionales, et la pureté même du ciel présage la tempête. D'une manière générale, les pluies diminuent graduellement du nord

! Martin de Moussy, ouvrage cité.

* Cärlos V. Burmeister, Revista del Museo de La Plata, tome II, 1891.

au sud dans l'Argentine, des régions sub-trobicales vers les péninsules e les archipels sub-polaires. Dans la plaine de Tucuman la part d'humidité versée par l'air est plus forte que dans la mésopotamie platéenne, dans celle-ci plus forte qu'à

N° 446. — DASSINS FERMÉS DE L'ANGENTINE. Buenos Aires, el dans

cette ville bien supérieure à la part de la Patagonie. On constate aussi une diminution dans la quantité des pluies à mesure qu'on s'éloigne de l'estuaire vers la base des Andes, La sécheresse s'accroit loin de la mer, et en même temps changent 4 les phénomènes qui accompagnent la chute de l'humidité. Ainsi sur le littoral la rosée est abondante, et sou-

vent il tombe de petites dans | pluies fines comme en que t Europe; dans l'int- afllue:

rieur de l'Argentine, wnl au contraire, à San qu'en Juan notamment, les au SU brouillards sont pres- d'eau que inconnus et des en m années se passent sans douci qu'on en observe un À rien CFerron seul; mais l'eau tombe aim:

4 : 20000000 x , , Here sous forme d'averses, D'api parfois accompagnées pren:

d’orages et mème de grêle. La pluie, toujours très violente, paraît un évé- and nement anormal dû au conflit des airs; à Buenos Aires, la neige es fjord d’une extrême rareté: cependant Hermann Burmeister en vit tomber :

, quelques flocons en 1871.

L'Argentine, prise dans son ensemble, n’a pas, même dans le voisinage

's les péninsules @ la part d'humidité e platéenne, dans

h littoral, l'humidité nécessaire pour son agriculture. On se rappelle acore à Buenos Aires la longue sécheresse de 1827 à 1831, connue sous

k nom de gran seca : pendant ces trois années, à peine quelques pluies nssagères tombèrent sur les campagnes. Les pâturages se changèrent en Miésert; les bètes sauvages, réunies aux animaux domestiques, errant nsemble à la recherche de l'herbe et de l'eau, périssaient dans les nèmes fondrières'. Dans les provinces de l’intérieur, les sécheresses durent encore plus longtemps que sur le littoral; mais on n'y compte ms sur les pluies du ciel : les récoltes dépendent des neiges de la mon-

-ci plus forte qu'à 10 Aires, et dans

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ks puits artésiens, à 100 mètres de profondeur et davantage pour reueillir toute l’eau qui descend des sommets. Toutefois on se demande ile climat n’est pas devenu plus sec et si les neiges tombent en aussi gande abondance qu'à une époque encore récente. Ainsi l'on dit qu’au milieu du siècle la quebrada descendue de la Sierra de Velasco pouvait arroser autour de la Rioja une superficie de jardins et de vignobles cinq his supérieure à celle qui profite actuellement de l'irrigation. L'accrois-

cheresse s'accroi

de la mer, et en

e temps changent f jhénomènes qui npagnent la chute ‘humidité. Ainsi e littoral la rosée

ment du nombre des habitants, et, par suite, de la consommation d’eau, ne suffit pas à expliquer cette diminution des cultures. C'est le manque

ondante, et sou- l'humidité, sous forme de neiges ou de pluies, qui tarit tant de rivières

dns les plaines du nord et en Patagonie. Dans les « terres maudites » que traversent les rios Colorado et Negro, simples fossés sans un seul ifluent, les pluies sont extrêmement rares, el parfois des années se pas- «nl sans qu'il tombe une goutte d'eau; un peu d'humidité ne se fait sentir qu'en hiver. Les stations des chemins de fer qui parcourent les solitudes a sud de Buenos Aires reçoivent à chaque train leur approvisionnement l'eau. Les voyageurs doivent s’habituer à boire le liquide saumâtre qui en maints endroits suinte du sol : on apprend à considérer comme « eau douce » des breuvages amers que partout ailleurs bêtes et gens refusement; dans ces régions les pumas meurent de soif et les moutons de him”. La végétation ne peut subsister que grâce à la rosée du matin. D'après Moreno, la zone la plus aride de la Patagonie est celle qui com-

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accompagnées prend le bassin du Deseado, longue rivière née dans la région des neiges andines et réduite à l’état de maigre filet quand elle aboutit à son vaste

ford. Mais si les plaines et les plateaux du versant atlantique sont

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en vit tomber

‘ Émile Daireaux, Revue des Deux Mondes, 15 avril 1877. ? Machon, Bibliothèque Universelle, décembre 1893. Josef Siemiradzki, Petermann's Mitteilungen, 1893, Heft LIT.

ans le voisinage

dépourvus de pluies, les Andes les reçoivent en abondance. Les vents du nord-ouest qui soufflent avec une si grande violence, jetant leurs averses sur le côté du Pacifique, trouvent de nombreuses brèches leur permettant de passer sur les pentes opposées et d’épancher dans le voisinage des monts une large part d'humidité. Les autres courants atmosphériques, arrêtés au passage, laissent aussi tomber leur fardeau de pluies ou de neiges, formant çà et là quelques glaciers. Une chaine de lacs longe le pied des monts du côté argentin, et de nombreux bassins, dont l'eau s'est évaporée', paraissent avoir formé jadis une ligne d’eau presque continue, du Nahuel-Huapi au détroit de Magellan. La Fuëgie est suftisamment arrosée, même dans ses plaines orientales”.

La forêt des essences tropicales, analogue à la selve du Brésil et à certaines parties des forêts paraguayennes, ne se présente que dans la zone étroite de l'Argentine où le climat offre une chaleur et une humidité suffisantes. Ces conditions ne se trouvent remplies que dans les provinces de Salta, de Jujuy, de Tucuman, à la base des montagnes bordières du plateau et dans le Chaco, le long des fleuves nourriciers, Pilcomayo et Bermejo. Sur son pourtour cette région forestière se change par transitions graduelles en pares naturels où les bois, s’entremélant aux prairies, constituent l'aire la plus belle et la plus fertile de l'Argentine. Toutes

1 Francisco P. Moreno, ouvrage cité.

2 Conditions météorologiques de diverses villes de l'Argentine :

Ainécs Températures

d'obs. Latitude, Altitude, ; maximale, moyenne, minimale. Écart. Pluie, SAR ts ire 16 24046 1200" 450 170,6 — 20,8 480,8 Ov,070 Tucuman , . +: . . » 260 50° 450" 400 200 — 00,9 400,9 0m,971 Santiago del Estero. » 27048" 210% 450 219,5 — 20,6 470,6 Ur,4ss Catamarca, , . . . ) 28028" D20" 430 200,8 — 00,4 430,4 (n,280 La Rioja . . . . . » 290 26” 510% 45,5 190,9 — 00 430,5 Ur,509 Chilecito.. . . . . » 29042” 1070" 400 170,9 — 00 40° 0,275 Côrdoba, . . . . . » 31025" 438" 440 160,8 — 80,9 520,9 0",660 San Juan . . . . . » 31° 32’ 650" 42,5 180,7 — 5,4 450,9 Ov,060 Mendoza. . . . . . » 320 59" 760" 380 150,9 — 2,5 400,5 0,160 San Luis. . . . . » 33018" 720" 390,4 160,9 — 40,6 440 (m,082 Rosario, . . . . . » 52° 56” 7e 380,7 170,5 — 20,8 410,3 (Ur,)82 Buenos Aires. . . . 52 34036’ 49" 570,75 A70,11 —10,9 390,6» 0,846 Bahia Blanca. . . 20 38045” 45" 400,5 150,8 — 50,5 460 Uw,484 Rawson. . . . . . 5 43017’ 30" 370,6 120,6 — 100,2 470,8 0,205 Ushuia . . . . . . 3 D4053/ 40" 270,5 D0,3 — 100,6 (?) (?)

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ombr celte ainsi liago le La igale ferré d'un mun feuill des c:

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8 4808 0,575 ,9 400,9 0,971 ,6 470,6 Un,4ss ,4 430,4 (m,280 459,5 0",505 ) 400 0,975 ,9 592,9 0,660 ,4 450,9 0,06 > 400,5 0,160 6 440 0,082 ,S 410,5 Uv,)82 9 390,6» 0,846 > 460 0v,484 0,2 470,8 0,995 0,6 (?) (?)

ks essences de la forèt se retrouvent parmi les bouquets d’abres, où l'on wit en outre de nombreuses espèces auxquelles la lumière et la croisgnce à l’air libre sont nécessaires'. Bois et bosquets occupent une assez gande étendue dans la partie septentrionale de la République, mais l'ex- «wllence même des matériaux de construction, d'ébénisterie et de teinture que les botanistes ÿ ont signalés et la pauvreté du reste de la contrée en richesses sylvaines font craindre que le déboisement à outrance ne ruine bientôt ce « paradis » de l'Argentine. Déjà, dans le voisinage des villes, la dévastation a commencé.

Le manque d'humidité et d'humus végétal, de même que la présence de particules salines dans le sol, donne à la végétation un aspect particulier. Sous ce climat et sur ces terrains ne peuvent vivre que des arbres wpacés, à feuilles minces, à aiguilles ou à épines, ne répandant qu'une ombre rare. Les botanistes sous-divisent, suivant les espèces dominantes, elte aire des forêts maigres, qui ressemblent aux catingas du Brésil; c'est ainsi que sur les pentes des montagnes bordières de Catamarca et de Sanago del Estero se rencontrent le cabil, espèce d’acacia, très utile pour le tannage des cuirs, et le quebracho colorado (loxopterygium Lorentz), également riche en tannin et très apprécié par les constructeurs de voies lrrées pour sa force de résistance et son élasticité. Sur les dunes et, d'une manière générale, dans les terrains sableux, l'arbre le plus commun est l’algarrobo (prosopis) ou caroubier, à l’élégante ombelle de minces luilles découpées ; ailleurs, sur les terrains très secs, s'élèvent les colonnes des cactus ligneux et les disques ramifiés des figuiers de Barbarie. Le Chaco doit être également considéré comme appartenant à cette aire des bois chirsemés, du moins dans les parties éloignées des cours d’eau. Certains arbres épineux, entre autres la gleditschia amorphoides, entremélent tellement leurs pointes, qu’un animal pris dans leur trappe peut y trouver la mort’. Des jasmins y embaument l'air de leurs parfums. C'est dans le Chaco que les palmeraies, composées principalement du copernicia cerifera, occupent le plus d’espace. Dans la direction du sud, elles diminuent en étendue et ne constituent plus que de faibles groupes, formés surtout de trithinax campestris. Le yatai (cocos yatai) appartient spécialement à h mésopotamie argentine, c'est-à-dire aux provinces de Corrientes et d'Entre-Rios. On compte une dizaine de palmiers dans la flore platéenne, dont quatre dans cette région d’entre-fleuves que l’on peut considérer

1 P. G. Lorentz, Die Argentinische Republik, von Richard Napp. ? Ludwig Brackebusch, Petermann's Mitteilungen, 1893, Heft NII.

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comme une aire florale distincte, grâce à ses forêts et à la variété de sos espèces.

A l'ouest du Paranä la végétation arborescente présente de lorient à l'occident un contraste remarquable, Les montagnes les plus rapprochées de la mer ont des arbres sur leurs pentes inférieures, du moins dans les régions que la hache n'a pas encore dévastées, alors que les contreforts des Andes, dépourvus de l'humidité nécessaire, ont leurs flanes absolument dénudés et que sur les plateaux élevés, mème là où le sol serait favorable, on ne trouve que des lichens et la [lareta (azerola madreporica), collée sur des pierres comme une moisissure. Les plaines présentent un phénomène contraire à celui des monts. Celles de l'ouest sont en partie couvertes de brousses et même de forêts, bien différentes en cela des pampas absolument nues que limite à l'orient le cours du Paranä. Cependant celles-ci reçoivent une quantité de pluie de beaucoup supérieure à celle qui tombe sur les plaines occidentales". Correspondant aux prairies de l'hémisphère septentrional, le sol des pampas contient aussi l'eau indispensable au développement de la végétation arborescente, et pourtant ne produit spontanément que des herbes. IL est probable que le contraste des forêts et des savanes correspond à l’ancienne distribution des eaux dormantes. Les surfaces naguère inondées sont celles où, toutes choses égales d’ailleurs, prédominent les herbes; les terres émergées depuis de longues époques paraissent plus propres à devenir des régions forestières.

La forêt ne s'arrête pas brusquement aux limites de la pampa. Des péninsules et des îlots d'arbres se projettent en dehors de la lisière du bois, et, d'autre part, des clairières herbeuses se montrent au milieu des arbres. Aux herbes diverses qui composaient la flore des pampas se mêlent, depuis l'arrivée des Européens, de nombreuses plantes apportées de l'Ancien Monde, qui se sont rapidement propagées du littoral jusqu'au pied des Andes en modifiant la physionomie de la contrée : ainsi plusieurs chardons ont envahi la plaine et pendant les sécheresses se pressent en impénétrable fourré. Il paraît que ces espèces européennes ont contribué à l'amélioration du pâturage par l'accroissement du pasto blando ou pasto tierno, bon pour les brebis, aux dépens du pasto duro, que paissent surtout les chevaux’. La flore des pampas ne comprend, en proportion des autres aires végétales, qu'un petit nombre d'espèces, mais remarquables par le nombre prodigieux des individus associés : graminées,

! Griesebach, Vegetation der Erde; — Lorentz, mémoire cité. * P. G. Lorentz, mémoire cité,

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