‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 331 sur 401 · FLORE DES PAMPAS · texte numérisé non relu

FLORE DES PAMPAS

unposites, papilionacées. Le gynerium argenteum, que l'on appelle en furope « herbe des pampas », manque précisément dans la pampa propement dite : on ne le voit que sur les pentes des montagnes, loin de hplaine, et dans les barranques humides, sur les confins de la Patagonie. Welques parties de la pampa, d'un sol légèrement salin, et que recherdent les bestiaux pour en lécher les suintements, produisent des espèces prticulières et forment la transition avec les salines, où croissent prin-

NO 408, —— CONTRASTE DE LA VÉGÉTATION SUR LES PLATEAUX ET DANS LES RAVINS,

si a ne ot f QUE

Ouest de Greenwich dapres Siemi-adzki ; 4 : 4 000 090

üpalement les chénopodiées. La vraie pampa n'a pas un seul arbre, et bus ceux qu'on y voit, eucalyptus, peupliers, pêchers, même loin des habitations, ont été plantés par l'homme. Parmi ces apports de l’homme, on remarque surtout, au milieu de la plaine sans bornes, faiblement ondulée, l'ombü (phytolacca ou pircunia dioica), à l'énorme tronc spongeux; aux noueuses racines rampant sur le sol, au feuillage sombre disposé en forme de boule. Les navigateurs du Paranä qui l’aperçoivent de loin l'utilisent comme point de repère, et c’est toujours à côté que passent les chemins et les sentiers frayés à travers la campagne, tous les

voyageurs le prenant pour signal à travers les solitudes. Les cabanes du pron Nursq sous son épaisse ramure. qurs

La flore pampéenne, limitée au nord par le rio Salado, à l'ouest pur la

rancho s'élèvent dans le voisinage et les troupeaux se mettent à l'ombre

mar Chiquita et par les premières parties du massif de Cérdoba, s'élargit graduellement vers le sud, et jadis comprenait toute la province de Buenos Aïres, maintenant conquise en grande partie par les cultures. Au sud, elle ne dépasse guère Bahia Blanca, mais se montre encore en amont, dans la vallée du Colorado, que l'on peut considérer d’une manière générale comme la limite de la flore patagonienne, caractérisée par les broussailles : des enelaves de pampas apparaissent dans les creux humides. Le gazon proprement dit manque complètement dans l'aire patagonienne, mais quel-ÆS\nt ques touffes d'herbes, graminées et synanthérées, eroissent entre les trones gtret des arbustes épineux et tortus; en 1884, Lorentz et Niederlein n'énumi- RUX <

rent que 500 espèces comme appartenant à la flore de l'immense Pat pe gonie'. Des cactus aux fortes pointes barrent en maints endroits le past

sage aux hommes et aux chevaux. Des ravins sont remplis de totorales uns groupes de gynerium et autres plantes superbes à la tige flexible, à la toufle éclatante et d’un blanc soyeux. Dans la région patagonienne du rio Negro, le seul grand arbre est une espèce de saule (salix humbold-Æ vice liana), qui peut-être serait d'origine européenne”. Mais bientôt il n'en restera plus que de faibles rejetons, car les riverains n’ont pas d'autre hois de construction, et ils remontent toujours plus haut dans la vallée pour y couper les arbres de belle venue et les attacher en radeaux de flottage.

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Sur les terrasses qui dominent la vallée, l'arbre le plus commun, simple

broussaille en apparence, est le chañar (qourliæa decorticans), qui sert revêt en octobre de bouquets jaunes ressemblant aux fleurs du genèt. En de l'A certaines régions désertes, on voyage pendant des journées entières sans que d voir un seul arbre : ceux que l’on rencontre enfin sont tenus pour des gua-fitpr lich, les « génies du lieu »°. Parmi les plantes patagoniennes, quelques- ü de unes ont trouvé leur emploi dans l’industrie ou l'alimentation : telles iclue l'« encens » épineux (duvaua magellanica), qui produit une excellente par résine, et le « thé » de Santa Cruz (micromeria Darwinii), très petit plupe arbuste aux fortes racines, que l'on emploie avec les feuilles pour obtenir mis 4 par infusion un thé très aromatique à goût de menthe. Le calafate (berbe- h te ris buxifolia) revêt en si grande abondance certaines dunes de l'intérieur Se but

1 Informe oficial de la Comision cientifica de la Expedicion alrio Negro. Fr

# W.H. Hudson, Jdle Days in Patagonia. ‘W

5 Fr, Machon, mémoire cité, if

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gon en remarque la couleur bleuâtre à des kilomètres de distance :

Nhsque les Indiens vont couper du bois dans la montagne pour soutenir

kurs tentes, ils se nourrissent uniquement des baies du berberis à défaut

Mi la chair du huanaco'. Une espèce de genièvre leur fournit le maken,

isine qu'ils malaxent et traitent par l'eau pour en faire une gomme kntifrice qui enlève le besoin de fumer, nettoie ies dents et leur donne u brillant remarquable. Tous les Patagons chiquent le maken. Les fucus merocystes bordent les rochers de la côte de k Fuégie au Deseado.

la flore du versant arrosé des Andes contraste pour la végétation amme pour le elimat avee les étendues arides des plateaux et des plaines k Patagonie. Les pentes des montagnes où jaillissent les sources du haut knta Cruz sont recouvertes de « hêtres antarctiques » en forêt continue, utremélant leurs branchages au-dessus des ravins où se cachent les cheaux sauvages”. Plus au nord, les « chènes », les « cyprès » recouvrent k pentes des montagnes, et les vallées où les gaves du rio Negro prenmnt leur source étaient naguère le rendez-vous pour ces milliers de Pai» . pns pendant la saison des fruits, Les Espagnols avaient fait aux Araucans un présent involontaire : le passage des missionnaires jésuites dans les igions andines valut aux guerriers indiens un fruit excellent, la pomme, gice à l'acclimatation rapide des planis comme arbres forestiers.

À une époque géologiquement récente, c'est-à-dire pendant Îles âges krliaires et même dans la période quaternaire, les régions méridionales k l'Amérique avaient une faune de grands animaux beaucoup plus riche que de nos jours. Le gisement de mammifères fossiles que Darwin découmitprès de Bahia Bianca était contenu dans une couché de gravier stratifié de boue rougeâtre, semblable aux dépôts que la mer pourrait former iluellement sur une côte peu profonde; les coquillages qu'on y trouva ppartenaient en majorité à des espèces récentes ou contemporaines”. La fupart des glyptodons ou gigantesques armadillos que les fouilles ont ni au jour dans la formation pampéenne, immédiatement au-dessous de h terre végétale, se montrent non moins complets que les. squelettes des buts et des chevaux tombés dans la pampa. Les conditions du monde

Francisco P, Moreno, Viaje d la Patagonia Austral. W, 11 Hudson, ouvrage cité.

* Ch, Darwin, Voyage d'un Naturaliste autour du Monde, traduit par Ed. Barbier.

animal étaient donc à cette époque ce qu'elles sont aujourd'hni : |

pampa n’a pas de grands carnassiers qui brisent les squelettes et en dis persent les fragments, mais seulement des vautours et autres oisex voraces qui dévorent les chairs et nettoient les os des charognes'. D'aprè le naturaliste Ameghino, l’homme aurait vécu à l'époque où se formère les terrains de la pampa et il aurait eu pour demeure le sol creusé à dessous de la carapace des glyptodons. Roth a trouvé un squelette d'hom sous un de ces toits naturels. D’après les Indiens, le glyptodon aurait vée à une période très récente.

Les naturalistes qui ont mis à découvert les ossements de l’ancien faune tertiaire platéenne et palagonienne s’étonnent de l'abondance ( de la variété des espèces trouvées dans un étroit espace. L'ossuaire Bahia Blanca, couvrant une superficie d'environ 200 mètres carrés, cor tenait : des crânes de mégathérium; un mégalonyx ; un squelette presq complet de scélidothérium, quadrupède de la mème famille, se rappr chant du fourmilier par certains caractères et. de l’armadillo par d'autres trois espèces gigantesques appartenant au groupe des édentés ; un cheva une dent de macrauchénia, parent du chameau et du lama : enfin toxodon, étrange animal qui se rapprochait de l'éléphant par la taille, rat par ses dents de rongeur, du lamentin par ses mœurs aquatique sauf la taille, il ressemblait au capivara paranien. Sur les bords du r Santa Cruz et autres rivières de la Patagonie méridionale, les chercheu ont trouvé des ossements très nombreux de mammifères inconnus jusqu présent et non tous encore parfaitement classés. Parmi ces découverte une des plus précieuses est celle d'oiseaux gigantesques, plus grands qi les dinornis de la Nouvelle-Zélande. Les gisements de la faune patag nienne égalent en nombre et en valeur ceux des Mauvaises Terres ( Grand Ouest nord-américain et ont fait du musée de La Plata le lieu | excellence pour l'étude de l'ancienne faune australe”. Des animaux de t d'espèces et de si grande taille font supposer que la pointe terminale l'Amérique serait le reste d’un continent très vaste, qui comprenait | îles actuellement éparses de l'Atlantique méridional. L'énorme aceum lation d'ossements que l'on trouve sous les tufs volcaniques permet supposer qu'à cette époque le monde animal était représenté par des n riades d'individus” : de nos jours, si une catastrophe engloutissait soudi toutes les bêtes de la plaine, les squelettes en seraient très clairsemé

! Càrlos M, Moyano, Bolelin del Instituto Geogräfico Argentino, 1888, 4 Francisco P. Moreno, Revista del Museo de La Plata. 5 Josef Siemiradzki, Petermann's Milteilungen, 1893, Heft IT,

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