PRÉHISTOIRE, POPULATIONS INDIGÈNES DE L'ARGENTINE
lines. Il semble que les chasseurs indigènes aient voulu chasser les petits oiseaux aux couleurs gaies avec des flèches ayant le coloris et la beauté de leurs victimes",
Au commencement du seizième sièele, lors de l’arrivée des conquérants espagnols, la vaste contrée qui constitue aujourd'hui la république Argenine, des plateaux de la Bolivie à l'océan Austral, était peuplée d’une multitude de tribus se désignant elles-mêmes et désignées par d’autres sous différents noms, mais ne formant en réalité qu'un petit nombre de groupes ethniques. La région nord-occidentale appartenait aux Calchaqui, associés à la civilisation des Quichua, parlant la même langue et probablement de même origine. La mésopotamie d'entre Paranä et Uruguay était terre des Guaräni, et les nations de cette race, prépondérante dans toute la partie orientale du continent, débordaient au delà de ces fleuves dans les pampas : au sud de Campana, Estanislao Zeballos à trouvé un vaste tumulus guarani, contenant 27 squelettes. Les noms de lieux prouvent que des populations guarani vécurent sur le bas Paranä et même au sud de l'estuaire jusqu’au rio Salado et à la baie de Samborombon : il est même probable que les Querandi, qui firent subir une désastreuse défaite aux Espagnols près de l'endroit où se trouve aujourd’hui Buenos Aires, étaient d'origine guarani, car leur nom paraît le même que celui de caranday, mot purement guarani donné au palmier qui domine dans la mésopotamie platéenne*. Cependant des écrivains, Moreno entre autres, pensent que ls Querandi pourraient être les ancêtres des Puel-che, refoulés depuis dans l'intérieur de la pampa. Entre les Calchaqui policés et les Guarani, auxquels la communauté de langue donnait une certaine cohésion, des peuplades éparses parcourant librement les plaines ne présentaient aucun caractère d'unité, mais se ressemblaient par les mœurs guerrières, le genre de vie, et plusieurs de ces tribus étaient certainement parentes par le langage et par la communauté d'origine. En l'absence d’une dénomination générique, on pourrait les désigner d'après la nation la plus puissante qui les représente aujourd'hui, celle des Toba. Au sud de ces tibus la péninsule terminale de l'Amérique était occupée par les Arauns et les Patagons, qui constituent une sous-race bien distinete des Indiens du nord; enfin, une partie de la Fuégie appartenait à des naturels refoulés du continent et représentés encore de nos jours par quelques
individus,
! Idle Days in Patagonia.
? Estanislao S, Zeballos, Boletin del Instituto Geogräfico Argentino, 1879.
XIX, so
Dès l'arrivée des Européens les massacres commencèrent, et l'on peut dire qu'ils se continuent loujours, des prétextes ou des raisons futiles donnant lieu à maintes guerres d'extermination, Ainsi disparurent nombre de peuplades détruites par le fer et par le feu; le régime auquel les conquérants soumirent les vaineus et les alliés aboutit fréquemment au mème résultat, Apres au gain, les Espagnols se partagèrent les indigènes en encomiendas, sous promesse de vaquer au salut des âmes qu'ils se distribuaient, les uns comme purs esclaves, les autres eomme mitayos où « mélayers ». Sous celle dure autorité, qualifiée de tutelle, mainte peuplade indienne péril d'épuisement, soit au travail des mines, soit à celui du labour; quant aux indigènes que les Jésuites groupèrent dans leurs réductions. sis s'acerurent en nombre pendant les périodes de paix et pendant les années salubres, mais pour succomber par communautés entières aux attaques des mamelucos et à l'invasion des épidémies, La plupart des missions ont disparu, peuplades aussi bien que villages. Mais trois siècles de cohabitation ont graduellement modifié la race, et telle population qui par ses ascendants se rattache certainement à des ancêtres américains se dit maintenant d'origine espagnole : la langue, les mœurs, la vie politique l'ont peu à peu assimilée aux autres Argentins, D'autre part, les Indiens sauvages, qui n'ont cessé de voler des femmes et des enfants à leurs voisins les blanes, appartiennent pour une bonne part, du moins par le sang, à la race des envahisseurs. Chez les Quichua, les Calchaqui du nord-ouest de l'Argentine, les Guarani de Corrientes, la fusion parait définitive. Elle l'est aussi chez les Indiens agriculteurs de Tucuman, de Santiago del Estero, de San Luis, de Côrdoba. Les Comachigones de cette province centrale, de même que les Michilengues de San Luis, les Giyones et les Calingasta de Mendoza, ayant perdu leurs noms indiens, se croient de pure race espagnole; mais la lutte ethnique, même brutale et sanglante, dure entre les Argentins et les races guerrières du nord, les Toba. Au sud, la diminution rapide des Pampéens à mis un terme à la guerre ; rnais réceminent encore elle était sans merci. Peut-être même l'influence espagnole avait-elle rendu ces indigènes plus sauvages qu'ils ne l’étaient, en asservissant les tribus policées qui savaient initier les nomades à la culture, et en développant les instincts de pillage par l'introduction"du cheval et des armes à feu.
Les descendants des Quichua qui habitent la province de drjuy sont généralement désignés sous le nom de Coyos ou Coyas. Ils ont conservé leur idiome, quoiqu'ils sachent tous parler espagnol et tiennent à leurs habitudes avec une singulière ténacité. Presque seuls parmi les Indiens de
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