a 0 500 kil
met les rives du
rio Chubut en communication directe avec Port Madryn à travers le plaleau parsemé de dunes, Le cheptel, chevaux, vaches, moutons, comprend 30000 têtes. Composé d'émigrants faméliques à son départ d'Angleterre, le groupe expatrié des Gallois, qui comprend aujourd'hui plus de trois mille personnes et que renforcent des Anglais, des Italiens et des « fils du
XIX, 9ù
1o4 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE,
pays », n'a plus un seul malheureux ni un seul homme de police!, 4t trouve le loisir nécessaire pour étudier la vieille langue des Welshmen et cultiver les arts : les recensements du Chubut énumèrent les pianos,
les harpes et les violons aussi bien que les charrues et les herses, Los colons sont restés, comme dans la mère patrie, de fervents observateurs du « sabbat ». Chaque secte a son église,
La capitale du territoire, la villette de Rawson, située sur les deux rives du Chubut, que traverse un pont de bois, est très mal placée depuis qu'on ne cherche plus à utiliser l'embouchure fluviale et qu'un chemin de fer rattache la colonie au golfe Nuevo. Trelew, à une quinzaine de kilomètres en amont, entrepose les denrées de Rawson, et là se trouve le siège de la société coopérative qui groupe les Gallois de la colonie «t leur fournit les marchandises d'Europe presque au prix coûtant ?, fe long de la côte, jusqu'au détroit de Magellan, se succèdent quelques “umpements, noyaux de villes futures : San Julian, Santa Cruz, humble chef-lieu de territoire, Gallegos, Cabo de las Virgenes, avec ses gisements aurifères. Puerto Deseado, qui offrirait de très grands avantages à cause de son mouillage et de sa position près d’une forte saillie du littoral, à moitié chemin du Chubut et du détroit de Magellan, à fini par lasser les colonisateurs, tant le climat est défavorable et le sol rebelle à la culture. Dès 1586, Cavendish y avait établi quelques familles anglaises; en 1669, la Grande-Bretagne y envoya de nouveaux colons et en fit le chef-lieu de la Patagonie, proclamée province britannique. A la fin du siècle dernier Viedma éleva un fort sur ses rivages au nom du roi d'Espagne. Puis la république Argentine y transporta quelques malheureux colons : on évalue à 575 000 francs la somme dépensée par le trésor pour l'entretien de chaque famille domiciliée naguère sur ces plages arides; il y restait encore en 1890 une famille française. Mais l'Argentine possède maintenant d'autres régions d'avenir sur lesquelles elle ne comptait pas : le littoral des fjords qui se ramifient au sud de la cordillère de los Baguales vers les campagnes du haut Gallegos, riches en lignite*.
Un hameau de chercheurs d'or surgit dans la Fuégie, sur les bords du golfe de San Sebastian, à l'entrée d’une région de pâturages, beaucoup moins infertile qu'on ne le suppose d'ordinaire et facile à cultiver, malgré ies galeries que le tuco-tuco creuse dans le sol, Plus au sud, sur le canal
1 Informe oficial, Bolelin del Instituto Geogräfico Argentino, 1880,
? Carlos Burmeister, Annales del Museo de Buenos Aires, 1888. 5 Carlos Moyano, mémoire cité,
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RAWSON, USHUIA, 59 du Beagle, se montrent les quelques maisonnettes d'Ushuia (Ouchouaya), autre chef-lieu de territoire, qui, d'après le dernier recensement, renferme ‘ j FRITES 16 habitants, « tous fonctionnaires ». Cette « ville », la plus méridionale de la surface terrestre, est un triste séjour de pluie, de vent, d'orage et
N° 161 — DANIA SAN SEBASTIAN.
Ouest de laris
0 20 kit.
d'ennui. L'ile des États, crête de montagnes (900 mètres) perdue au milieu des vagues et des tempêtes, avait été concédée à un éleveur de bétail, mais l'entreprise a échoué. L'ile n’a d'habitants que les gardiens du phare érigé sur le cap San Juan’, à l'est; mais on prête au gouvernement l'intention d'en faire un grand pénitentier, un Sakhalin platéen.
! Principaux groupes urbains des territoires du sud :
Viedma, . . . . . . 1 500 habitants, Roca . s RTE sul habitants, Rawson, , . . . . . 1000 », Norquin. ... . . . . 500 »
Depuis la guerre de l'Indépendance la population de l'Argentine n'a cessé de grandir, malgré les révolutions qui ont mis aux prises fédéralistes et centralistes, et malgré les conflits de brigandage, honorés du nom de « guerres civiles », qui ont si longtemps désolé certaines provinces et ont tant de fois repris comme un feu mal éteint. À la fin du régime espagnol, la vaste étendue de pays qui est devenue la république Argentine n'avait probablement pas plus de 400000 habitants. Déjà le premier recensement, celui de 1857, indiquait un nombre près de trois fois plus élevé, 1161000. En 1869, après un laps de douze années, une autre énumération donna le total de 1857 500 individus, non compris une cenlaine de mille Indiens. Depuis cette époque, il n° a pas eu de cens vénéral, mais les statistiques locales permettent d'évaluer à plus de # millions d'hommes le nombre des Argentins'. C'est une population presque insignifiante en comparaison de l'immense territoire. Sans doute les régions très hautes des plateaux andins, les salines des provinces centrales et les craus arides de la Patagonie ne peuvent recevoir que des habitants clairsemés; mais la mésopotamie paranä-uruguayenne, les Missions, les vallées et les plaines du nord-ouest, le massif de Cérdoba et les pâturages de la pampa, enfin les hauts bassins de toutes les rivières qui s'écoulent vers l'Atlantique, formant une longue bande de terrain parallèle à la cordillère, constituent un domaine d'au moins un million de kilomètres carrés, où une population de cent millions d'hommes serait encore peu de chose eu égard aux ressources de la contrée. Par le croît naturel des familles, ce peuplement normal mettrait au moins quatre sièeles à s'accomplir, car, d'après les données partielles de la démographie argentine, la mortalité moyenne s'élève aux deux tiers de la natalité, et cet excédent vaut à la République une augmentation annuelle de 50 000 personnes.
Mais depuis le milieu du siècle l'immigration contribue en de fortes
proportions à augmenter l'accroissement : elle le double et le triple en des années prospères. En 1889, plus de 289 000 immigrants ont débarqué à Buenos Aires et sur ce nombre 250 000 sont restés dans le pays. Plus largement comprise qu'au Brésil, naguère pays d’esclavage, où les plan-
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* D'après Latzina (Estadistica del Comercio, 1895), 4 531 000 habitants,
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