COMMERCE, NAVIGATION, VOIES FERRÉES
lents dans les régions platéennes, et d’ailleurs ils y étaient moins urgents qu'en d'autres contrées de l'Amérique, grâce aux chemins naturels que présentent les étendues horizontales de la pampa. Avant l'introduction des voitures, les voyageurs pressés parcouraient les solitudes accompagnés de boute une tropilla de chevaux, suivant à la course une jument « marraiue » dont la sonnette ralliait la bande au lieu d'étape. Dès que sa monture était fatiguée, le cavalier en prenait une autre. et la bête en sueur qu'il venait de quitter se reposait en galopant avec le reste de la troupe. De cette manière
À on parcourait 120, même 150 kilomètres par jour‘. Mais pour le transport
des marchandises, à dos de mulets ou sur de lourdes charrettes, on pouait rarement franchir plus de 40 kilomètres, et la nuit il fallait gîter en plein air, en formant avec les bagages et les chars une sorte de camp retranché pour se défendre contre les Indiens. Puis vint l'ère des voitures upides : alors on lançait hardiment dans la plaine les diligences attelées de toute une bande de chevaux, et la voiture cahotée passait à toute vitesse à travers les herbes et les chardons, descendant brusquement dans les lits des rivières, qu'elle traversait en ayant de l’eau jusqu’à l’essieu des normes roues.
Mais si les routes naturelles suffisaient pour un commerce rudimenhire, un grand trafic ne pouvait se faire qu’à l’aide de la vapeur, et l’accroissement du réseau ferré a correspondu aux autres progrès matériels : maintenant il égale celui de plusieurs États européens et, proportionnellement à la population, il l'emporte même sur toutes les contrées de l'Ancien Monde, y compris la Belgique. D'autre part, en comparaison avec kh superficie du pays, la proportion est moins favorable à l'Argentine, dont les habitants sont dispersés sur un très vaste territoire.
Les chemins de fer se répartissent d’une manière fort inégale dans la contrée. Ils rayonnent en lignes très nombreuses autour des deux prineiaux centres, Buenos Aires et Rosario, et forment un faisceau de voies concurrentes, parallèlement à la grande artère de navigation, qui est le Paranä; mais ils ne traversent pas en entier les provinces du nord jusque dans la Bolivie, et du côté de l’ouest ils n’atteignent pas (1895) le seuil des Andes. Au sud, dans ce qui fut la Patagonie, ils ne dépassent pas Bahia Blanca, et dans le vaste espace péninsulaire qui se prolonge au sud du rio Colorado, il n’existe qu’une seule courte ligne de rails, entre lk port et le principal village de la colonie du Chubut. Pris dans son ensemble, le trafic des voies ferrées argentines est fort considérable,
! Martin de Moussy; Burmeister ; Daireaux ; Alexis Peyret, ete.
puisqu'il déplace plus de deux fois et demie toute la population! ; mais le
coût de la construction, d'environ 163000 francs par kilomètre, semble fort élevé pour une contrée où l’on n'a guère qu'à poser les rails sans rem-
blais ni déblais. Les spéculations, les emprunts onéreux, les frais causés
par des conseils dirigeants qui fonctionnent à plus de dix mille kilomèu de leur entreprise, expliquent ces dépenses, couvertes d’ailleurs, pour liers des voies ferrées, par des garanties de l'État. Dans la provine
"es un e de
N° 1053. — TRAGÉ DU CHEMIN DE FER TRANSANDIN,
50 kil.
Santa Fé, où le peuplement rapide et la mise en culture de la contrée assuraient le rendement des voies, le gouvernement local a fait construirel les premiers chemins de fer sans dépenser un sou : il lui suffisait d'émettre! des bons remboursables sur les bénéfices futurs du transport. La largeur de la voie diffère suivant les compagnies : la plupart des chemins ont des rails écartés de { mètre 67, et ceux de Santa Fé d’un mètre seulement, On a projeté le creusement d’un tunnel sous l’Uruguay et le Paranä pour
| viad
! Longueur des chemins de fer argentins en 1893 : 13454 kilomètres. L
Coût d'établissement en 1892 : 1 890 000 000 francs.
Mouvement des voyageurs en 1891.. . 11 310 000
» marchandises » . . 4810 000 tonnes ‘5 Recettes. . . . . , . , . . . . . 55195 000 francs. Dépenses, . . . . , . . . , . . . 39500000 »
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