‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 43 sur 401 · N° 95, — COLONIA DEL SACRAMENTO · texte numérisé non relu

N° 95, — COLONIA DEL SACRAMENTO

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entre lesquels il reste enserré, au nord le Brésil, au sud et à l'ouik

la République Argentine. Mais, comprimé par ces deux puissants voisin le faible Uruguay est condamné politiquement à la neutralité ou à l complicité .

Au sud-ouest, les Brésiliens livrèrent d’autres combats, non por s'emparer de la limite naturelle que formerait le confluent du Paraguay t

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mo les les régions de la Plata. La guerre, qui dura cinq années, de 1865 à 1870,

igcrent et dans laquelle on vit les armées des deux États platéens, Argentine et

erre. de Uruguay, se coaliser avec les forces brésiliennes de terre et de mer, fut s devin- l'une des plus meurtrières du siècle, pourtant si fertile en conflits sanglants. Il fallut assiéger le pays comme une place forte, l'entourer d'un cercle de fer et de feu, graduellement resserré, et livrer bataille sur bataille en affamant les populations : ce fut la destruction presque entière d'un peuple, un de ces désastres comme en raconte l’histoire des siveles anciens.

Non seulement les guerres extérieures, mais aussi les révoltes intestines témoignent des difficultés qu'éprouve le Brésil à constituer définitivement son assiette politique dans les districts méridionaux, voisins de la Plata. Maintes fois la province de Rio Grande do Sul, limitée au nord par le haut Uruguay et rattachée au reste du Brésil par une étroite zone côtière de pays habités, se mit en rébellion ouverte, et même se constitua en république indépendante. De 1855 à 1840, l'autorité de la capitale n'y était point reconnue. Le nombre des habitants d'origine espagnole y est plus

M grand que dans les autres parties de la contrée, et les mœurs, les relations À. commerciales donnent au Rio Grande, dans les cités platéennes, des —, lcentres d'attraction qui contrebalancent en partie celle des villes brésiliennes du nord, Säo Paulo et Rio de Janeiro. Ce sont là des phénomènes

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analogues à ceux qui se produisent dans le monde planétaire. Il est vrai

Perron

que, d'après la législation actuelle, la république s’est constituée officiellement en groupe fédératif d'États; mais les déclarations de principes faites en haut lieu ne touchent point au fond des choses, et, malgré les résolulions et les discours, la lutte continue entre le régime de centralisation, el qu'il existait sous l'empire, et les exigences des populations qui réclament leur autonomie administrative et politique.

» D'ailleurs, l’unité géographique, et par contre-coup l'union morale des Drovinces les plus éloignées du centre, ne peut que s’accroitre par l’amoin-

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ou à l Un vaste réseau, des bouches de l’Amazone à la Lagôa Mirim, et déjà les Bateaux à vapeur rattachent port à port sur tout le pourtour océanique et on pont uvial de l'immense territoire brésilien. Les villages, les villes se créent

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« trimélissé », d'origine lusitanienne gagne partout la prépondéranu, réduisant peu à peu les éléments étrangers dans la masse de la nation, Toutefois l'immigration s'est accrue si rapidement en ces dernières année, qu'elle a pris une importance de premier ordre et que, dans certaines provinces, la race même <e trouvera fortement modifiée.

Sous le régime colonial, les immigrants portugais étaient seuls admi dans les capitaineries, mais non sans une rigoureuse surveillance, [à colonisation ne paraissait bonne qu'à la condition d'être strictement con. trôlée. Longtemps le gouvernement ne vit guère dans son vaste domaine qu'une colonie de déportés : il y envoyait les degradados où condam. nés privés de tous droits et ne tolérait qu'à demi l'émigration libre, Après 1720, il rendit passible des peines les plus sévères tous les homme coupables de tentative d'émigration sus passeport spécial. Même voulut cantonner comme en un lieu d'exil ceux qui s'étaient rendus dan le Nouveau Monde : tout déplacement devait faire l'objet d'une supplique adressée au ministère de Lisbonne. Néanmoins la population blanche « croisée d'éléments européens s'accrut d'année en année, grâce à la salue brité des avant-monts côtiers et des régions intérieures du Brésil, grâce aussi à l'audace rebelle des Paulistas de l'intérieur qui s'établissaient libre ment partout où il leur plaisait, en méprisant les lois : c’est à eux surtout que la nation brésilienne doit de s'être constituée, Lorsque le régime col nial prit fin, après deux siècles et demi de dépendance administrative, on comptait dans le Portugal du Nouveau Monde deux millions d'homme libres, les deux tiers de la population que renfermait alors le Portugl de l'ancien continent, et tous ces Brésiliens voyaient leur mère patri dans ce même étroit littoral de la péninsule Ibérique.

Jusqu'à une époque récente, le Portugal garda, non par ses livres, sm industrie, son commerce, mais par ses travailleurs immigrés, le rôle pri pondérant dans son ancienne colonie : chaque année, quelques millien d'individus, presque tous dans la force de l’âge, venaient, des bords du Douro et du Minho, de Madère et des Açores, renforcer l'élément lusitanien dans les cités et les campagnes du Brésil; on donne aux insulaires immigrés le nom d’Angicos, d'après Angra, jadis la capitale des Açores, d peut-être est-ce d’après eux que sont désignés nombre de lieux brésiliens à Angical, Arraïal dos Angicos. Quoique la séparation politique des deui États et leur évolution autonome eussent fini par établir un contrast bien net entre Brésiliens et Portugais, ceux-ci, grâce à la communautt des origines, à la presque identité du langage, à la ressemblance de mœurs, s'accommodaient au milieu nouveau et se confondaient rapk

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