‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 47 sur 401 · GRANDES DIVISIONS DU BRÉSIL · texte numérisé non relu

GRANDES DIVISIONS DU BRÉSIL

une périlleuse exploration. Une escadre ennemie mouillée devant l'estuaire de l'Amazone suffirait pour couper le Bré: ! :n deux moitiés presque aussi distinctes que la France l’est de l'Algérie, Aussi n'est-il pas étonnant que les populations civilisées qui vivent sur les bords du grand fleuve aient toujours subi la domination de Rio de Janeiro avec une certaine impatience.

En dehors de l'Amazonie, ce qui reste du Brésil se divise èn provinces naturelles moins nettement délimitées, quoique offrant aussi des contrastes marqués. Le grand espace ovalaire dans lequel se développent les deux fleuves jumeaux Araguaya et Tocantins et qui répond à peu près à l'État de Goyaz, constitue une de ces régions géographiques, s'appuyant à l'est sur la chaine épinière du Brésil central, qui se profile du nord au sud jusqu'au centre principal de diramation des eaux fluviales.

Le musoir de Pernambuco sert de borne à une autre région. Ces terres avancées qui brisent les eaux du grand courant équatorial et le partageni en deux fleuves maritimes s'écoulant en sens inverse, séparent le versant des rivières qui vont se jeter dans le golfe amazonien et le bassin du Säo Francisco. Les États de Maranhäo, Piauhy, Cearä, Rio Grande do Norte, Parahyba, Pernambuco, Alagôas, très rapprochés de la ligne équatoriale, et cependant réputés pour la salubrité de leur climat, du moins dans les campagnes bien exposées au vent de mer, sont des contrées à faible relief, aux vastes plateaux ou sertäos peu boisés, aux collines mouchetées d’arbustes et de broussailles, habitées par des éleveurs de bestiaux que des sécheresses prolongées condamnent périodiquement à la misère ou à l'émigration. De larges plateaux en demicercle, sarmontés par une saillie de montagnes, tournant leur convexité vers le sud et dressant quelques-unes de leurs croupes à plus de 1000 mètres, séparent le versant côtier, notamment celui de la rivière Parnahyba, et les bassins du Tocantins et du Säo Francisco.

: L'entre-deux des montagnes et des hautes terres dont les eaux s’écoulent vers l'artère médiane du Säo Francisco, parallèle au rivage de l'Océan en amont de ses défilés de sortie, constitue une autre province naturelle, dppartenant aux deux États de Bahia et de Minas Geraes, celui-ci le plus Dopuleux de la République, son véritable centre par le climat, la flore. bs habitants, aussi bien que par la position géographique. Les États de h zone côtière, qui se succèdent au sud du Säo Francisco, Sergipe, Bihia, Espirito Santo, Rio de Janeiro, constituent le versant extérieur du Mssin parcouru par le Säo Francisco et possèdent tous ses débouchés Miurels par les cols des monts et les gorges des rivières. Cette zone rive-

raine présente une inclinaison plus rapide vers la mer que celle des sertäos du nord; les montagnes y sont plus hautes et plus rapprochée de la côte, les fleuves plus rapides et d'un flot plus abondant; la flore, alimentée par les pluies régulières qu'apportent les alizés, y est beaucoup plus riche et plus variée. Le climat y paraît moins salubre; là cependant s'élève l’une des deux plus grandes cités du Brésil, Bahia, l'ancienne capitale, d'ailleurs séparée des régions populeuses du sud par un littori relativement peu habité, vers le milieu duquel se trouve le port où commença l'histoire du Brésil par le débarquement d'Alvarez Cabral.

Rio de Janeiro, la capitale moderne, occupe une zone distinete, bien limitée au nord par la profonde vallée du Parahyba et formant une bande étroite de littoral autrement orienté que le reste de la côte. Par la pente naturelle du sol et la direction des rivières, cette partie du Brésil se ratt che aux plateaux de Sûo Paulo, mais une forte part de sa population : essaimé vers le haut bassin du Säo Francisco, qui constitue pourtant une autre province naturelle.

A l'ouest de Minas Geraes et de Goyaz, l'État de Matto Grosso, où s'élèvent les faites de partage entre les fleuves amazoniens et ceux qui descendent à l'estuaire de la Plata, forme aussi une région à caractère distinct, contrastant par ses bouquets d'arbres, ses forêts éparses, s rideaux de verdure le long des rivières, avec les selves immenses dt l'Amazonie et les plaines herbeuses des régions platéennes. Dans ce Gran Ouest brésilien, les populations aborigènes, graduellement refoulées luttent encore contre la prépondérance des immigrants européens à mélissés.

Le Brésil méridional, au contraire, que parcourent le Paranä, l’Urugur et leurs affluents, n'a plus guère d'Indiens parmi ses habitants, et même les Européens de sang pur, accrus par une immigration très rapide, | sont beaucoup plus nombreux en proportion que dans toute autre pari

de la République. Mais, dans ce Brésil du midi, l'État de Rio Grande dB

Sul, souvent déchiré par les partis, constitue un ensemble géographique distinct, presque une île : l'Uruguay à l’ouest et au nord lui dom une limite des plus précises, et si le territoire des anciennes Missions que la République Argentine dispute au Brésil est enlevé à ce dernier, Ri Grande ne tiendra plus aux autres États que par une sorte de pédoneul. Cette région forme une zone médiane entre le Brésil proprement dit ? Superficie et population probables du Brésil, non compris le « contesté » britannique et ces de l'Araguary :

8 075 000 kilomètres carrés ; 16 000 000 habitants; 2 habitants par kilomètre carré,

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