‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 7 sur 401 · N° 4. — BASSIN DE L'ESSEQUIBO ET DU HAUT RIO BRANCO · texte numérisé non relu

N° 4. — BASSIN DE L'ESSEQUIBO ET DU HAUT RIO BRANCO

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averne au-dessous du rebord surplombant, Derrière la nappe plongeante, à regard se perd dans la cavité ténébreuse, Le soir, des myriades d’hironelles, s’envolant de la forêt avec un bruissement de flèches, rasent le récipice, descendent avec la vitesse du vertige dans la brume de la itaracte, puis remontent vers la grotte, Telle est la rapidité de leur vol,

que l’on se sent comme entrainé et qu’on se retire prudemment, de peur de suivre ces nuées d'oiseaux au fond du gouffre.

La rivière Mazaruni, à laquelle s’unit le Cuyuni, à 15 kilomètres en amont de l'embouchure commune dans l'Essequibo, apporte une masse liquide à peu près égale à celle du fleuve principal. Le Mazaruni, né dans la partie la plus haute des monts Pacaraima, puisque sa branche maîtresse reçoit les cascades tombées du Roraima, est, de tous les cours d’eau guyanais, le plus coupé de cataractes, et ses chutes se succèdent surtout dans la partie inférieure du cours fluvial : le Mazaruni se trouve ainsi presque entièrement fermé à la navigation. Aux cataractes de Chichi — ou du « Soleil », dans l’idiome des Macusi, — l'altitude du lit fluvial descend de 420 à 150 mètres sur un espace de 13 kilomètres. Les derniers seuils précipitent le courant à 24 kilomètres en amont de la jonction du Mazaruni-Cuyuni, à l’étroit dit Monkey Jump ou « Saut du Singe ». Au-

dessous l'Essequibo s’élargit en estuaire, et à l’endroit où il se déverse .

dans la mer, il atteint une largeur de 24 kilomètres; mais des îles allongées dans le sens du flux et du reflux interrompent la nappe d’eau et la divisent en trois voies principales de navigation. L'énormité de la masse liquide que roule l’Essequibo, et que l'on reconnait jusqu'à une vingtaine de kilomètres en mer, s'explique par l'étendue considérable du bassin, l'abondance des pluies, la nature imperméable du sol. Pendant la saison d'hivernage, les eaux fluviales, refoulées au-dessus des barrages de rochers, s’étalent en maints endroits, reconstituant les lacs qui se succédaient autrefois dans le bassin.

Le Demerara (Demerari), — jadis Lemdrare, — développe son cours à l'est de l'Essequibo avec une régularité parfaite : on pourrait croire que c'est une ancienne coulée latérale par laquelle s’épanchèrent à une époque antérieure les eaux débordées de quelque fleuve à dimensions amazo-

niennes. Le Demerara, né dans les avant-monts du faite, traverse les !

mêmes régions que l’Essequibo, des massifs granitiques, puis des grès percés de diorites, ety vers les côtes, des nappes de terres alluviales, où s'élèvent çà et là des dunes, hautes de 15 à 20 mètres. Des bayous

d'eaux trainantes se ramifient à l’est et rattachent le Demerara à une

rivière de même aspect, mais de moindre volume, le Mahaica.

Le Berbice, le Corentyne (Corentijn), qui se succèdent à l’orient, présentent un parallélisme aussi strict que le Demerara et l’Essequibo : ils ont les mêmes courbes, les mêmes brusques arrêts suivis de cascades, au passage de barrières rocheuses, granits, diorites ou grès. Mais la longueur du cours diffère : le Berbice naît à une grande distance des montagnes

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D faitières, tandis que le Corentyne prend son origine dans les monts Courouburi : il est déjà fleuve puissant au passage des rochers où nait son

Mompagnon occidental, le Berbice. En cet endroit, deux cours d'eau Méonsidérables s'unissent en un labyrinthe ‘: rameaux et descendent par e série de degrés en chutes imposantes, * ‘quelles Robert Schomburgk, jet loyal, a donné le nom de King Frederick William the Fourth mme à la cataracte de l'Essequibo, située sous la même latitude et jrésentant au milieu de roches granitiques un ensemble de tableaux halogues. Le Corentyne forme encore d’autres cascades grandioses aux

hes également cristallines de Wonotobo : trois ou quatre bras, se bdivisant en canaux, tombent d'un ressaut d'environ 30 mètres dans un ac de plus de 1500 mètres en largeur, d’où ils sortent en un courant inique, d'environ 300 mètres entre les rives et de 27 mètres de profoneur. En aval, le Corentyne, encore à 275 kilomètres de la mer, n'a plus n seul rapide; mais, s'ouvrant en un large estuaire, parsemé d'iles, ’ilots et de banes, il n'offre qu'une entrée difficile : les navires d’un irant supérieur à 5 mètres ne peuvent s’y aventurer.

Ia rivière Nickerie, qui se déverse à l’est dans l'estuaire du Corentyne, est un type des cours d’eau côtiers de la Guyane hollandaise, se dévelopbant en un chenal irrégulier, mais continu, de l’ouest à l’est de la contrée. Des rivières, qui naissent dans l’intérieur sur l’un des gradins avancés du faite de partage, descendent vers l'Atlantique, et, rencontrant dans leur bourse ces eaux du littoral, en gonflent le courant et les rejettent à droite bu à gauche, suivant l'importance de la masse liquide et la déclivité du ol. Ainsi le haut Nickerie et le haut Coppename, qui vont rejoindre la boulée du littoral, se prolongent en sens inverse l’un de l’autre par leurs bouches maritimes, tandis qu'entre les deux serpente un bayou, dont le lot se porte alternativement deci et delà, suivant le courant d’amont qui es entraine. Le Coesewijne et le Saramacca ne communiquent pas directement avec le Coppename et ses marigots, mais ils se jettent dans le même Bstuaire. Par son cours inférieur, le Saramacca, coulant de l’est à l’ouest, lécoupe nettement un cordon littoral, en partie marécageux, qu’un ancien Dayou, transformé par les ingénieurs hollandais en un canal régulier, Sole complètement du côté de l’est jusqu’à l’estuaire du fleuve Suriname. L lorient de ce cours d’eau, dont la barre laisse entrer à marée basse des avires calant 5 mètres, une région côtière de forêts et de marécages résente du côté de la mer une longue plage basse à courbe à peine nfléchie et du côté des terres une ligne serpentine de fleuves et de marits à courants alternatifs, changés çà et là par les travaux de l'homme

en canaux régularisés de navigation pour les barques des planteurs : le Commevwijne, le Cottica, le Coermoeribo — Cormontiho, — et la Ouana où Wane creck, se succèdent ainsi de l’ouest à l’est, entre le cours du Suriname et celui du Maroni.

L'inflexion de tous les courants de cette région guyanaise suivant une direction parallèle au littoral maritime et le dépôt de grasses couches d'alluvions entre ces eaux fluviales et le rivage actuel de la mer ne s’'expliquent point simplement par les crues : l'Océan a plus de part que les rivières à cette formation des côtes. Les masses liquides déversées par l'Amazone et le Tocantins dans la « mer douce » du golfe ne s’allègent point de tous leurs troubles dans ces parages : entraînées par le courant littoral, elles longent la côte des Guyanes jusqu'à l'Orénoque, puis s’engouffrent en partie dans la mer de Paria par la Bouche du Serpent. Retardé dans le voisinage du bord, le courant s’y décharge d’alluvions, appliquant ainsi successivement plage après plage sur le pourtour continental. La plupart de ces cordonnets littoraux se confondent : des marigots intermédiaires en montrent la succession régulière, et les eaux fluviales de l'intérieur, heurtées par le flot contraire du courant maritime, se rejettent incessamment vers l'ouest, pour couler parallèlement au flot marin, les péninsules alluviales s’allongent ainsi à de grandes distances, jusqu'à ce qu'une tempête ou une forte inondation rompe soudain la flèche en quelque point faible de son parcours. Tout l'appareil côtier de la Guyane hollandaise s'est ainsi formé avec son double rivage bien distinet, du Corentyne au Maroni. Bien plus nettement dessinées se présentent ces terres d’origine océanique dans la partie des Guyanes contestées située immédiatement à l'est des bouches de l'Orénoque. La rivière Pomerun, qui se termine au cap Nassau, la Waini ou Guainia, la Barima, l'Amacuru découpent autant de tranches du littoral qui se sont déposées en dehors de l’ancienne côte irrégulière du continent.

Le Maroni, — le Maroweijn des Hollandais, — a le premier rang parmi les fleuves secondaires des Guyanes d’entre Orénoque et Amazone : le chevelu de ses hautes branches occupe près de 300: kilomètres en largeur sur le versant septentrional des monts Tumuc-Humac, entre les deux bassins du Corentyne à l’ouest et de l’Oyapok à l’est ; actuellement la plus forte moitié du territoire d'écoulement appartient à la Hollande, tout l'entre-deux compris entre les deux rivières maîtresses de l’Aoua (Lawa) et du Tapanahoni ayant été attribué à la Guyane hollandaise par arbitrage du # tsar, en 1891. L'Aoua, branche orientale, qui sert maintenant de limite à entre les possessions coloniales, est réputé le plus abondant des deu M

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à Henri A. Coudreau, Chez nos Indiens.

L® Jules Crevaux, Voyage d'exploration dans l'intérieur des Guyanes; — Henri A. Coudreuu, letin de la Société de Géographie, 4 trimestre 1891.

5 Henri A. Coudreau, Notes manuscrites.

l'un et de l'autre cours d’eau difitie peu : l'Oyapok, que les voyageurs prirent le plus souvent pour chemin des Guyanes brésiliennes, descend aussi de bief en bief par une série de rapides et de chutes, plus nombreuses et plus hautes que celles du Maroni. Coudreau en cite deux qui plongent de 20 mètres; celle des Trois Sauts est probablement la plus belle de toute la Guyane française. La dernière cascade, le saut Robinson, se trouve à 80 kilomètres de la mer.

A l'est du cap d'Orange, longue pointe d’alluvions apportées par

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