N° 5. — SOURCES DE L'OYAPOK
Ouest de foris
reenwich d'après H.Coudreau C. Perron
0 50 kil.
l'Oyapok, tout l'espace triangulaire compris entre ce cours d'eau et ke fleuve Araguari appartient à la même zone d'écoulement. Oyapok «t Araguari naissent également dans les entre-collines marécageuses des = Tumuc-Humac; de même la rivière Cachipour, dont le cours a pris forme d'un are; enfin tous les autres courants de la contrée, le Counani, le Carsevenne, le Mapa Grande (Amapa des Brésiliens), le Frechal, le Tartarugal, divergent comme des branches d’éventail en partant d'un même faite d'écoulement. L’Araguari indique par son estuaire la fin des côtes guyanaises : immédiatement au delà commencent les eaux et les îles amazoniennes. Le dernier fleuve des Guyanes limite bien par son courant majestueux et son large estuaire cette région nord-orientale du continent,
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énézolane et brésilienne, les rivières varient par la nuance de leurs eaux : s unes, surtout celles des savanes, roulent un liquide louche et blanâtre; les autres, issues des régions forestières, paraissent noires ou
birâtres et cependant restent transparentes ; dans le bassin de l'Essequibo
du continent!
on attribue la nuance de ces rivières noires aux racines et aux branches de M l'arbre ouallaba, baignant dans le flot. Quoique la plupart des rivières guyanaises traversent une forêt continue, de la montagne à la mer, elles ne sont pourtant pas aussi fréquemment obstruées d'arbres tombés que beaucoup d'autres cours d’eau des régions tropicales; la cause en est au grand poids spécifique de presque toutes les essences arborescentes qui crois. sent sur les rives fluviales de la Guyane : au lieu de flotter, les bois que l'érosion ou la tempête jettent dans le courant tombent au fond du lit « pourrissent sur place‘. Mais dans les hauts des rivières, étroites et san profondeur, les branches entrecroisées et les réseaux de lianes gênent les bateliers, qui ne peuvent s'ouvrir la voie qu'à coups de sabre; les arbres s'entassent en barrages, dits takouba par les Indiens de l’Essequibo «t barrancas par les réfugiés brésiliens du territoire contesté; d'autre: « embarras » consistent en amas de plantes aquatiques : les pirogues ont souvent à s'arrêter devant ces obstacles comme devant les sauts et les rapides. Dans presque toutes les rivières, les rochers, grès, granits ou diorites, qui font saillie au-dessus du flot, sont revêtus, comme d'une couche de goudron, par une pellicule composée d'oxydes de fer et de manganèse : de même que sur l’Orénoque, les roches les plus dures s recouvrent de l’enduit le plus noir, exhalant sous les pluies des odeurs pernicieuses*. onde
En aval des rochers et des rapides, les fleuves, larges, profonds, Mique remués par la marée qui en repousse le courant, roulent une eau jau- anal nâtre, souvent cachée par les herbes flottantes, et se perdent en de Mnètre marécages riverains, même en des lacs et des étangs : les colons de h endro
Guyane française ont donné à ces eaux de reflux le nom de pripris. Dans # L'a les parties déjà bien cultivées du littoral anglais et hollandais, des digues et canaux ont réglé la direction et l'écoulement du flot sur bondant : des vannes arrêtent le flux de marée dans les plantations, «! Lie des rigoles ou kokers rejettent les eaux de suintement à marée bass. à la lon
Jusqu'à une grande distance au large, à 10 ou 12 kilomètres, l’eau douce des rivières guyanaises surnage l'onde salée. à
Grâce à la pente égale du sol des Guyanes, les anciens lacs qui pare À maient la contrée, et dont plusieurs ont encore leurs contours reproduits par ceux des savanes, se sont presque tous vidés : la région qui a-le mieur conservé ses nappes d'eau lacustre est celle du territoire contesté franco-B
{ Charles Barrington Brown, Reports on the Geology of British Guiana. # A. de Humboldt, Tableaux de la Nature; — R. Schomburgk, ouvrage cité.
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ésilien, entre les rivières Mapa Grande et Araguari; les pointes basses qui forment la péninsule dite Cap de Nord et l'ile non moins basse de hraca masquent le pays des lacs. À une époque relativement récente, stte zone des eaux douces se prolongeait beaucoup plus au nord, jusqu'à lOyapok, et des bateliers pouvaient faire un voyage de plus de trois cents Éilomètres, constamment par les lacs, les rivières et les bayous, entre Amazonie et la Guyane française. D'après les officiers du fort français de Mapa, qui subsista de 1836 à 1841, desembarcations de 40 tonnes auraient Encore suivi ce chemin vers le milieu du siècle. Au sud du Mapa Grande, in premier lac n'est plus que le reste d'une nappe jadis beaucoup plus Dnsidérable, dont une ile renfermait un petit fort français évacué en 1841 @t rétabli à leur profit par les Brésiliens en 1890*. D'autres lacs s'alignent sud et au sud-est dans la péninsule du cap de Nord : l’un d'eux, le nc, voisin du détroit de Carapaporis, entre le continent et l'ile Maraca, urait encore la forme d’une large baie, mais sans abri; exposé aux tempêtes du large, il serait difficilement navigable pour les pirogues. Le lac méridional de la traînée, le Lago Novo, voisin de l’Araguari, ressemble Aussi à une baie maritime, car il donne asile aux lamentins, qui broutent es prairies d'herbes aquatiques; mais les barques s’y hasardent, grâce des archipels formant autant de brise-lames transversaux : des proondeurs de 10 et de 12 mètres pourraient faire de ce bassin un magni- Mique port de refuge pour des flottes entières, si l’on approfondissait le anal de sortie jusqu'à l'Araguari sur une longueur de quelques kilomètres et si l'on draguait l'estuaire qui s'envase, ne présentant en certains Bendroits que 1 mètre de fond’.
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} 1 Henri À. Coudreau, Notes manuscrites.
3 Rivières principales des Guyanes entre l'Orénoque et l'Amazone, avec évaluations approximatives & la longueur du bassin, du débit et du cours navigable pour petits bateaux à vapeur :
Longueur du cours. Superficie du bassin, Débit moyen. Nuvigabilité.
ilomètres. Kilomètres carrés. Mèt.c, par sec. Kilomètres, Essequibo. . 1 000 170 000 2 000 ? 65
Demerara. . . . 280 8 000 150 ? 149 , Berbice, . 560 35 000 500 ? 265 Corentijn, . . . 725 60 000 1 000 ? 110 Suriname, . . . 480 35 000 500 ? 150 Maroni. . . 625 60 000 1100 ? 75 Approuague. . 510 10 000 180 ? 60 \ Oyapok. . . , . 485 40 000 750 ? 75 Cachipour. . . 520? 20 000 ? 400 ? 80 Counani. . . . . 280 ? 10 000 ? 150? 70 Araguari.. . . . 500 ? 25 000 ? 400 ? 200
s'accomplir très rapidement. Les roseaux et autres plantes se flétrissent en été et leurs débris se déposent en une couche de terreau flottant où diverses espèces végétales, même des arbustes, prennent racine, Parfois les tempêtes déchirent ces tapis de verdure et les transportent vers les rivages opposés ; ils reforment bientôt leur feutrage, s'épaississent, se consolident, et le lac se comble peu à peu ou se change en prairie tremblante, ferme à la surface, boueuse dans les profondeurs : il ne reste de l'étang que le chenal de navigation, l'igarapé ou « chemin des pirogues ». Coudreau hasarde même l'hypothèse que les lacs se vident par un mouvement de bascule du littoral! : en plusieurs fonds lacustres on trouve quantité d'énormes trones dont on ne s'explique pas l'origine, à moins que la terre ferme n'ait existé jadis en ces endroits et qu'elle se soit engouflrée par suite d'un effondrement ou de quelque rapide dénivellation du sol. Mais la forme et l'orientation du littoral suggèrent une autre explication du phénomène. Les pointes d'alluvions, à l'Approuague, à l'Oyapok, au Cachipour, s’allongent dans la direction du nord, et, dans leur cours inférieur, ces rivières suivent toutes la même inflexion, évidemment sous l'influence du courant côtier qui projette latéralement ses dépôts vaseux. N'est-il pas à supposer que, soumis au contact de ce courant, l’Araguari se recourln également vers le nord et que les lacs alignés qui se succèdent dans ve sens sont les restes de l’ancien cours fluvial? Le détroit de Maraca ou l'estuaire de Carapaporis, ce bras de mer projeté entre l’île de Maraca et le continent et qui se distingue si nettement par sa profondeur de toutes les basses eaux environnantes, serait l'ancienne bouche de l’Araguari, à peine déformée depuis le temps où le fleuve se rejeta vers l'est. Nil en est ainsi, rien d'étonnant que le puissant cours d’eau, charriant des arbres comme l’Amazone, les ait déposés dans ses méandres, devenus maintenant des lacs réunis par de tortueux bayous. De mème, le courant littoral apporte des troncs qui s’enfouissent dans les vases du lit el que recouvrent ensuite les alluvions des terres de formation nouvelle. Des amas ligneux ont été trouvés à 23 mètres de profondeur”.
Quoi qu'il en soit, de grands changements se produisent pendant l'époque contemporaine. À la simple vue de la carte on reconnaît que le littoral du territoire contesté franco-brésilien, entre l’Araguari et le Cachipour, diffère singulièrement de la côte orientée de l’est à l'ouest, entre Cayenne et le Corentyne. Cette dernière partie du rivage est tracée avec
1 La France Équinoxiale, Voyage à travers les Guyanes et l'Amazonie. # Villicrs Stuart, Adventures among the equatorial forests.
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