‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 72 sur 401 · FAUNE, POPULATIONS DE L'AMAZONIE · texte numérisé non relu

FAUNE, POPULATIONS DE L'AMAZONIE

colonnes d'invasion. Les terriers des saubäs, qui s'étendent à cinquante et mème à soixante-cinq mètres de distance, occupent toute une population de mineurs, pourvus d'un œil frontal comme les eyelopes de la fable où les houilleurs modernes armés de leur lampe Davy. Un serpent en forme de lombrie, l'amphisbæna, que les indigènes disent être « à deux têtes » et dont ils redoutent beaucoup la morsure, à tort réputée venimeuse, habite aussi ces galeries à fourmis : on l'appelle la «mère des saubüs. » Une autre fourmi, plus redoutée que la saubi, la formiga do fogo où « fourmi de feu » (myrmica rubra), a mis des populations en fuite’. Diverses tribus d'Indiens font provision de fourmis, qu’ils échaudent par milliers pour les mêler à leur farine de manioc *.

Les anciennes populations de l'Amazonie n'ont laissé que de rares témoignages de leur séjour : en une parville contrée, au sol meuble périodiquement inondé et couvert de grands arbres qui en élaborent constamment les sues, les traces du passage de l’homme ont rapidement disparu el celles qui existent encore restent cachées dans la profondeur des forêts, Cependant on a découvert, non loin de Manaos, à côté des ruines du fort portugais de la Barra, une nécropole, d'origine évidemment très antique, où des centaines de grandes jarres d'argile, d'un dessin fort élégant, enfer. maient des corps accroupis : on ne sait à quelle nation, certainement très supérieure aux Indiens actuels de l’Amazonie, attribuer ce mode de sépulture, Au contraire, ce serait à une époque récente qu'appartiendraient les « huîtrières », sambaqui ou minas de sernambi, amas de coquillages formés par les débris d'alimentation, qui s'élèvent aux environs de Pari, dans l’île Marajé et près de Santarem; les nombreux fragments de l'industrie humaine qu'on a recueillis dans ces collines artificielles paraissent avoir été déposés par les ancêtres des riverains actuels : on yatrouvé des crânes qui ne diffèrent point de ceux des Tapuyos*. Il semble que ces tombelles ont été souvent remaniées pour servir de buttes funéraires, et dans Marajô on en voit un si grand nombre qu’on à pu donner à l'ile le nom de « Terre des Morts »; cependant quelques-uns de ces monticules étaient tout simplement des lieux de refuge pour les indigènes en temps d'inondation. Un de ces monuments s'élève au milieu

UE von Martius, Ethnographie Brasilien's.

* Barbosa Rodrigues, Rio Tapajoz.

* Couto de Magalhäes, 0 Homem no Brazil.

mène du grand lac Arary. D'autres ont la forme d'animaux gigantesques, d'un caïman par exemple, comme les tertres à formes animales élevés par les Peaux-Rouges de l'Ohio et du Mississippi; ils re; ésentaient l'otem de la tribu et prenaient un caractère sacré : on les utilisait aussi comme lieux de campement". Quant aux haches de jade, ou « pierres divines ;, que l’on a vues çà et là dans les mains des pagets indiens et dont la valeur dépassait celle de l'or, on ignore leur origine. La plupart des voyageurs signalent la région du haut Branco comme le lieu probable de prove nance; Spix et Martius croient que ces pierres viendraient plutôt des plateaux du Pérou. Une sculpture en jade trouvée par Barbosa Rodrigues représente un jaguar dévorant une tortue : le style de cette figurine rappelle celui des objets muyseas. En maints endroits, sur le rio Negro, on signale des « pierres écrites ».

les fleuves, n’en étaii pas moins à une ni dans l’histoire de l’homme, Trois

sur le Tapajoz, sur le Madeira,

L'Amazone, le premier parmi époque encore récente presque siècles après le mémorable voyage du traître Orellana et de ses cinquante compagnons, on ne retrouvait plus qu'un petit nombre des villages que les Espagnols avaient vus sur chaque haute berge; les cent cinquante tribus distinctes qui les peuplaient avaient disparu; l’homme blanc semblait n'avoir passé sur ces eaux que pour faire la solitude. Les chasseurs d'Indiens ramenaient leurs captifs aux marchés du littoral; un millier d'esclaves rouges se trouvaient à la fois en vente dans les barracons de Par”. Fort rares sont les Indiens de race pure que l’on rencontre encore sur les bords de l’Amazone. Les indigènes riverains, qui s'étaient jadis groupés en communautés sous la direction des missionnaires jésuites, se trouvent maintenant confondus en une population homogène parlant h lingua geral, qu'on leur avait enseignée avec le catéchisme, et remplaçant peu à peu cet idiome par le portugais des traitants. On leur donne le nom général de Tapuyos, qui paraît avoir appartenu jadis à une peuplade de Tupinamba, émigrée du Brésil oriental au seizième siècle vers les bords de l’Amazone‘ : mais cette tribu primitive à depuis longtemps dispuu ou du moins s’est fondue dans la foule anonyme des populations hybrides: le nom que portent les Tapuyos, — dits aussi Coboclos, — n'implique aucune idée de provenance spéciale, bien qu'ils se rattachent probablement pour la plupart à la souche tupi, dont les divers dialectes ressenblaient à celui qu'avaient transcrit méthodiquement les jésuites. L'idiome

1 Spix und Martius, ouvrage cité ; — Élie Reclus, Notes manuscriles.

3 Spix und Martius, ouvrage cité 5 Acuña, Descubrimiento del gran rio de las Amazonas,

guarant pa bassin du Tupi de F° distincte, or Brésil sept loques » r publiée par lique public ture, que ll ceuse de leu qui manquen ou leurs mœæ plantes, des !

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