INTERIEUR D UNE HUTTE TICUNA
Dessin de J, Lavée, d'après une photographie communiquée par la Bibhothéque du Muséum.
capturés l'état sauv presque to {-on souve jeune homi mais Si pr comme inf cérémonies trompe. Un d'indépenda leur systèm expliquaient
viales et Ja
assé est ti langueur, le blanc dans 1 de marchanc ci: « Nous a Les Urupè branche maît des Arawak, ?
«Caribane » | Negro et le Sc pondérances, 2{ tribus des liple, Quelque les Tariana, q élit considéré el tribu sacerd semblable à ce les forêts, des luyards mépris rères des Ouit vérilable: Caraï sion et s'adonne sel en traitant [
1 Ribeiro de Sam pi Henry Walter Bat 5 De Pagan, Relati
XIX
MIRANHAS, PASSÉ, UAUPES. 169
capturés comme des fauves et traités en esclaves! Les Passé restés à l'état sauvage et leurs voisins les Uainuma ont l'habitude de se noireir
presque toute la figure en se frottant du suc de génipa : aussi leur donne-
on souvent le nom de Juri Pixuna, « Bouches noires » (Bocapreitos). Le jeune homme doit conquérir sa fiancée après un combat contre ses rivaux ; mais si précieux que soit le trophée, la femme est toujours considérée comme inférieure à l'homme, et n'assiste jamais, même de loin, aux cérémonies religieuses auxquelles les hommes sont appelés à son de trompe. Un voyageur qui visita le Brésil vers l'époque de là proclamation d'indépendance raconte que les magiciens des Passé professaient dans leur système du monde la révolution de la Terre autour du Soleil; ils expliquaient par le mouvement de la Terre l'écoulement des eaux fluviales et la succession des récoltes'. Cette peuplade si remarquable des Passé est très menacée dans ses derniers restes par une maladie de langueur, le defluxo, qui les attaque d'ordinaire après le passage d’un blane dans leurs villages et qui se termine par la phtisie. Quand un canot de marchand approche d'eux, leur première question est toujours celleci : « Nous apportez-vous le defluxo*? »
Les Uaupès, qui vivent sur les bords de la rivière du même nom, branche maîtresse du rio Negro, appartiennent-ils à la souche ethnique des Arawak, à celle des Miranhas, des Caraïbes ou des Tupi? Le nom de «Caribane » donné jadis à la région péninsulaire comprise entre le rio Negro et le Solimôes, prouve que la dernière famille eut au moins la prépondérance*, D'après Coudreau, récent explorateur de la contrée, les 21 tribus des Uaupès, parlant 15 dialectes différents, sont d’origine mulliple. Quelques-unes des peuplades sont incontestablement caraïbes, tels les Tariana, qui ont une certaine prééminence et dont le village principal élit considéré comme une sorte de métropole : à la fois tribu guerrière et tribu sacerdotale, les Tariana disposaient du grand tambour de guerre, semblable à celui des Miranhas. D'autre part, les Mac, qui errent dans les forôts, des Andes à Manaos, évitant presque toujours les rivières, luyards méprisés que les autres Indiens traitent en esclaves, seraient les Frères des Quitoto du haut Japurä, que l'on à aussi reconnus comme de véritable: Caraïbes, Une des tribus, celle des Omaua, pratique la circoncision el s'adonne à la fabrication du curare. Une autre peuplade prépare du sel en traitant par l'eau bouillante les cendres d'une plante grasse. Maluré
! Ribeiro de Sampaio, Diario de Viagem, Lisboa, 1895 ; — von Martius, Ethnographie Brasilien's. ? Henry Walter Bates, ouvrage cité.
* De Pagan, Relation historique et géographique de la grande rivière des Amazones.
XIX, 92
les unions de race à race, toujours exogamiques, la variété des origines uaupès se manifeste par la différence des costumes, des ornements et des mœurs. Les uns sont complètement nus, d'autres S'habillent presque à l'européenne, comme les mamelueos des bords de l'Amazone; les plumes, les os, les épines, la peinture de génipa ou de roucou ornent les Uaupis de la manière la plus diverse. Telle tribu fait encore subir des épreuves dures aux jeunes gens à l'époque de la puberté; dans telle autre, la femme doit accoucher dans la forêt sans le secours de personne; ailleurs, on enterre les morts dans leurs cabanes, et l'on essaye d'en écarter où mème de tuer à coups de flèches le génie qui causa le trépas du défunt. Les mariages ne sont durables qu'à la condition de n'être pas inféconds, Le ravisseur ne prend une femme qu'à l'essai: si elle n'a point d'enfant un an après l'enlèvement, 1l la ramène dans la cabane maternelle".
La religion est le lien commun des Uaupès. Malgré la présence de missionnaires catholiques qu'ils écoutent avec docilité, ces Indiens gardent fidèlement un culte national dans lequel se mêlent des cérémonies païennes et chrétiennes, celles-ci dérivées de l’enseignement des jésuites de Quito au siècle dernier : quelques mots espagnols rappellent ces anciens maitres, Tupan, grand voyageur auquel on attribue les nombreux dessins gravés sur le granit des cataractes, représente le Dieu des chrétiens; le dieu des indigènes, Jurupari, « né d’une vierge Santa Maria », est un génie terrible et mauvais, qui voit avee plaisir chez son peuple l'ivrognerie, h débauche et le meurtre”; des iniliations successives révèlent les mystères de son culte. On célèbre en son honneur de grandes fêtes, danses, flrvellations et orgies, mais on lui offre aussi un culte secret, duquel les femmes sont rigoureusement exclues. Malheur à celle qui verrait les paxiubas où trompes de la prière et le macacaraua, robe noire tissée en poil de singe et en cheveux de femme! Ce serait la mort immédiate. D'après Coudreau, plusieurs expressions cultuelles et diverses légendes lémoigneraient que les femmes uaupès, aujourd'hui rejetées hors de h communauté religieuse, détenaient autrefois le pouvoir : elles auraient été ces « amazones » dont la légende à valu son nom ordinaire au « Fleuve- Roi ». Mais combien diminués en nombre sont les Uaupès depuis qu'ik émigrèrent dans le bassin du rio Negro! Ensemble, policés et sauvages auraient encore été huit mille en 1884; ils fondent rapidement par l'ellit des guerres inlestines, orgies, avortements, infanticides, empoisonnements
1 E, Stradelli, Bollettino della Società Geografica Italiana, 1890. # Henri A. Coudreau, La France Équinoiale.
des infirm des L'arçor capuls pou Les trib Branco, af haut Esseq et sur le ve drait près d depuis la fin nués mainte le nom aurai à la souche Takutu, près à l'ouest vers entre les deu:
Wapisiana, m des versants 1 très redoutés abandonnent ] les savanes où les Macusi con d'anglais.
Après ces ab) Mapouerro, -—
lent la plus fo « Blancs », est gens superbes,
mais qui ne se
} Une peuplade «
Eindiens » qu'ai régions guyanais yeux bleus chez
D aiment à une imberbes, tandis du nord, les Toul
Lieux obliques du
0 rencontre-t-or
{Henri À. Coudre ;u
[ les ‘À es,
pès
AT) ne ON ème
Les , Le
Lun
imis-
vdent ennes
Quito
ailres.
Gr'AvÉS
eu des
ie ter
rie, la
“ait les
sSÈE ET
ent été Fleuve qu'ils
auvages re J'ellel
ements
Indiens » qu'ait vus Coudreau durant ses dix ans de voyages dans les
B veux obliques du Mogol'. Les Ouayéoué ont un naturel heureux : rarement
UAUPÈS, MACUSI. 171
des infirmes et souvent aussi des mères n'ayant pas donné naissance à des garçons. Dans l'intérieur, les guerriers mangent encore la chair des captis pour s'assimiler les qualités du vaincu.
Les tribus indiennes que l'on retrouve dans le haut bassin du rio Branco, affluent principal du rio Negro, sont les mêmes que celles du haut Essequibo, les Wapisiana et les Atorai. Dans les Montagnes de la Lune | et sur le versant méridional domine la nation des Macusi, qui comprendrait près de quatre mille individus. Elle parait s'être beaucoup accrue depuis la fin du sièele dernier, époque à laquelle les Wapisiana, fort diminués maintenant, avaient la prépondérance numérique. Les Macusi, dont le nom aurait le sens d” « Aborigènes » et qui appartiennent probablement à la souche tupi, se divisent en deux groupes, l'un à l'est sur le Mahu et le Takutu, près du seuil de partage entre le rio Branco et l'Essequibo, l'autre à l'ouest vers le haut bassin de l'Uraricuera; les bords de cette rivière, entre les deux groupes, se peuplent graduellement d'autres Macusi et de Wapisiana, menacés en certains endroits par les anthropophages Maracana | des versants méridionaux du Pacaraima. Les Macusi étaient eux-mêmes
lrès redoutés autrefois à cause de leurs flèches empoisonnées, mais ils | abandonnent la préparation du eurare et se servent de fusils. Habitant | les savanes où passe la voie naturelle entre l'Amazone et le bas Essequibo, | les Macusi commencent à s'adonner au commerce et à jargonner un peu À d'anglais. À
Après ces aborigènes, les Ouayéoué, qui vivent au sud-est, sur le haut Mapouerro, — affluent de l'Amazone sous le nom d'Urubü, — constituent la plus forte nation de la contrée. Leur appellation, qui a le sens de « Blancs », est presque méritée : ce sont probablement des Caraïbes purs, | l gens superbes, aux belles formes, aux traits nobles, très industrieux, mais qui ne se hasardant guère en barque sur les rivières de leur pays. Une peuplade de la mème provenance, les Japii, sont « les plus beaux
régions guyanaises. On remarque avec étonnement des cheveux blonds, des | | yeux bleus chez quelques Japit, et l'on se demanderait s'ils appartiennent | | vraiment à une tribu du Nouveau Monde. Pourtant ils sont complètement | imberbes, tandis que, par un singulier contraste, leurs voisins immédiats
du nord, les Toucanes, ont des moustaches, des pommettes saillantes et les en rencontre-t-on un dans les sentiers de la forêt qui ne joue de sa flûte,
!Ilenri À, Coudreiu, ouvrage cité.
percée dans un tibia de biche ; il en tire des sons dont le timbre sonore et la gaieté étonnent le voyageur habitué aux mélopées vagues et tristes de la musique indienne.
Sauf les Macusi, les Ouayéoué, les Pianogoto, toutes les tribus indépendantes du rio Branco, de l'Urubu, du Yamundä, du Trombetas paraissent avoir diminué; plusieurs même ont disparu, teis les Paravilhana ou les « Archers », très puissants au siècle dernier. Des vingt-deux peuplades énumérées en 1787, il n'en existe plus que neuf, et celles-ci, en guerre les unes avec les autres, Ss’'amoindrissent constamment. L'une d'elles, celle de Crichang, sur le Jauapery, en état constant de lutte contre le blancs, était menacée de disparaitre à son tour, lorsque Barbosa Rodrigues, qui parle leur langue, intervint auprès d'eux et finit par amener la conciliation entre les races. En proportion, les albinos sont très nombreux che les Crichanä, au moins un sur cinquante individus. Le mode d’enterre. ment que l'on pratique dans cette tribu est des plus curieux : on fait chois d'un trone d'arbre ‘creux, étouffé par l'étreinte d'une liane clusia, et c'es dans celle gaine vivante aux multiples replis que l'on dépose le cadavre!
Toutes les tribus indiennes sont refoulées dans les bassins des rivières au nord des cascades, et les Tapuyos, nègres et Brésiliens, d'ailleurs fort clairsemés, qui occupent les bords inférieurs des cours d'eau, commencent à se montrer dans les bassins d’amont, à côté des Indiens sauvages. On désigne sous le nom de mucambos ces petites républiques, composées principalement de fugitifs nègres, soldats déserteurs et anciens esclaves, C'est grâce aux mucambos que l'usage du portugais se répand pour we substituer un jour aux langues indigènes : quant à la lingua geral, elle n'a jamais pénétré dans ces régions éloignées de l’Amazone, où l'on cherche encore la tribu des « Amazones », ces Icamiaba contre lesquek eurent à combattre les blancs lors de leur première navigation sur h grande rivière, D'après Wallace*, Orellana et ses compagnons, aperevant de loin les jeunes guerriers indiens, avec leurs longues chevelures, le peigne dressé au sommet de la tête, leurs colliers et leurs bracelets de baies, les auraient pris facilement pour des femmes : d'où l'origine du mythe des Amazones, suggéré par des réminiscences classiques. Barbon Rodrigues, d'accord avec Coudreau, a eru retrouver les descendants de la tribu des prétendues guerrières chez les Uaupès, dont les tuchauäs
distinguent par la possession de « pierres divines », quartz, jaspes 01
1 Relalorio sobre o Rio Yamund4.
# Amazon and rio Negro.
Jades, qu el qui so le haut Y Amazone animaux,
Les tri
beaucoup
nienne : on Ufs et leur ( glossologiqu peuplades à sent avoir e épidémies « nombre, Su
même que | et de sous-s
sont parmi |
CRICHANA, « AMAZONES », 15
ml jades, qu'ils savent percer en ÿ employant le travail de plusieurs années,
el qui sont en même temps des amulettes et le signe de leur pouvoir, Sur le haut Yamundä se voit un lac jadis consacré à la « Mère » Lune, où les
lristes
lépen- Amawvones jetaient leurs muirdkitan, pierres sacrées, représentant des se animaux, des poissons où autres objets symboliques. ou les Les tribus restées libres, sans rapports constants avec les blanes, sont
plades beaucoup plus nombreuses sur le versant mér idional de la vallée amazo-
cuerre l'elles,
Le les