‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 110 sur 186 · GRECS DE L'ASIE MINEURE · texte numérisé non relu

GRECS DE L'ASIE MINEURE

goût et ne leur fasse accepter des objets fabriqués à l'étranger bien inforieurs à ce qu'ils possèdent eux-mêmes. C'est ainsi que dans les villes d'Asie la plupart des Grecs s'habillent « à la française », de ce costume banal et sans grâce qui se fait pour l'exportation dans les ateliers d'Europe; ils rougiraient de porter la veste brodée, les braies, la ceinture, qui donnent pourtant à la démaixhe tant de grâce et de noblesse. Jadis ils étaient condamnés à n'endosser que des vétenients noirs.

Par une instraction supérieure, par la conquête des métiers et des professions, enfin par la richesse dont ils s'emparent, les Grecs sont puissamment armés contre leurs anciens oppresseurs. Ils les menacent aussi par leur ubiquité. Marin, voyageur comme au temps d'Hérodote, l'Hellène de nos jours est partout : par son activité, il vaut dix Turcs sédentaires, qui ne sortent du lieu natal que pour respirer l'air pur de la montagne dans un campement d'été. Parmi les Grecs qui habitent l'Asie, un très grand nombre viennent du Péloponèse, de la Grèce continentale et des îles; en retour, des multitudes d'Hellènes de l'Ionie asiatique, des bords de la mer Noire, de la Cappadoce, vont résider chez leurs frères d'Europe. Grâce à ces voyages fréquents, aux alliances de familles d'un continent à l'autre, grâce aussi à des falsifications de papiers auxquelles des employés turcs se prêtent moyennant finance, il est facile à maint Grec d'Asie de se transformer en sujet hellène. Muni du titre qui le soustrait, lui et les siens, à l'administration directe de la Turquie, il revient le front haut dans sa patrie d'origine. C'est ainsi qu'à Smyrne et dans les autres villes du littoral asiatique le consul grec se trouve avoir sous sa juridiction des populations entières : en plein territoire turc s'établissent des colonies d'Hellènes ayant, avec la force que donne l'initiative personnelle, les avantages inestimables de l'indépendance politique.

Parmi les immigrants européens de l'Asie Mineure, il en est un grand nombre que la religion rattache au monde grec et qui peu à peu se confondent avec lui. Tels sont les Bulgares et les Valaques; ils apprennent bientôt la langue grecque et presque tous, à la deuxième génération, sont devenus Hellènes par les mœurs. A ces nouveaux Grecs se joignent les représentants d'une race qu'on ne s'attendrait guère à rencontrer en Anatolie : ce sont quelques centaines de familles de pêcheurs cosaques, établis les uns dans les deltas de Kizil irmak et du Yechil irmak, les autres près du lac de Maniyas et sur le bas Caïstre, dans le voisinage d'Ephèse. Ces Cosaques sont, comme ceux du Danube, des « Vieux Croyants » qui, vers la fin du siècle dernier, fuirent les persécutions ordonnées par la tsarine. Mais, dans les dernières décades, le grand flot d'immigration fut celui des

Tcherkesscs, nom général sous lequel on comprend tous les immigrants d*origine caucasienne, et certes ces étrangers ne sont pas de ceux avec lesquels les Grecs trouvent l'association facile. Il eût été naturel 4'établir ces montagnards dans une contrée peu différente de celle qu'ils avaient quittée; les hautes vallées des montagnes ponliques, du Taurus cilicien,de TAk dagh de Lycie, ce sont là des régions qui leur eussent convenu pour le climat et les produits : ils s'y seraient trouvés mieux que dans la plaine et se seraient fait moins d'ennemis ; mais le gouvernement turc, craignant qu'ils ne se rendissent trop indépendants, les a cantonnés en groupes épars. Installés pour la plupart sur des terres dont il avait fallu priver leurs voisins, Hellènes ou Turcs, pensionnés même aux frais des communes environnantes, les Tcherkesscs furent accueillis comme des spoliateurs et bien peu prirent à tâche de se faire pardonner leur intrusion. Ignorant les langues du pays, dédaignant de les apprendre, toujours fiers et silencieux, les nouveau-venus n'avaient pas tous abdiqué leurs mœurs de pillards en arrivant dans le pays qui leur donnait hospitalité. Les vols de chevaux, même ceux de jeunes filles, coïncidèrent avec leur venue et les soupçons se portèrent aussitôt sur eux. <c Le Tcherkesse vole même le pauvre! > tel est le cri général en Asie Mineure. Tous se liguèrent contre eux. La guerre éclata contre les étrangers, surtout dans les villages grecs, dont les plaintes n'avaient pas les mêmes chances d'être écoutées que celles des Turcs. En maints districts, la loi du sang règne entre les communautés limitrophes. Quand un Tcherkesse s'égare dans les limites des terres ennemies, il disparait soudain, sans que personne puisse ou veuille donner d'explications. Les immigrants du Caucase, étant en minorité, ont dû en plusieurs endroits abandonner une lutte inégale et chercher un refuge dans une contrée moins populeuse; ailleurs, notamment près de Nicomédie, ils ont expulsé leurs voisins. Toutefois il ne manque pas de villages tcherkesses dont les habitants, suffisamment pourvus de terres et de bétail, vivent en paix ' avec leurs voisins, et s'accommodent graduellement au milieu nouveau. Dans la haute vallée du Méandre, quelques colonies caucasiennes pourraient servir d'exemple aux Turcs des alentours pour la bonne culture des champs et l'entretien des canaux d'irrigation. Les Âbkhases sont ceux desquels les natifs ont le moins à se plaindre.

Jadis le commerce de l'Asie Mineure appartenait en grande partie aux étrangers, presque tous catholiques latins, établis à Smyrne et autres ports du littoral : on les comprend sous le nom collectif de Levantins. Avant le réveil de la nationalité grecque, ils étaient les seuls intermédiaires entre les Turcs de l'Ânatolie et les ports de l'Occident; mais l'activité croissante

POPULATIONS DIVERSES DE L'ASIE MINEURE. m

des Ilellènes et les facilités que l'emploi des bateaux à vapeur a données au commerce dii'ect, ont notablement diminué l'inQuence des Levantins. La plupart, établis dans la contrée depuis plusieurs générations, sont de race mélangée ; beaucoup ne savent qu'imparfaitement la langue de la nation à laquelle ils appartiennent par leurs papiers d'origine; mais ils se réclament toujours de leur consul et jouissent du privilège d'être soustraits à la juridiction turque; c'est parmi eux que sont presque toujours cboïsis

les agents consulaires et les employés de bureau des représentants étrangers. Sans nul doute, ils disparaîtront tôt ou lard comme classe distincte, les uns pour se confondre avec la population du pays, les autres pour rentrer dans le sein de la nation de provenance. Bien avant la classe même, disparaîtra le jargon de « langue franque » qu'avaient fait naître les relations commerciales des Levantins avec les indigènes de toute race dans les ports de l'Orient. Ce patois, composé de quelques centaines de mots juxtaposés sans aucune flexion, était surtout italien, la plupart de ceux qui le parlaient étant natifs de l'Italie; mais il comprenait aussi des termes pravençaux, espagnols, français, ainsi que les noms locaux, grecs et turcs,

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des objets de commerce. On peut dire que le grossier assemblage de mois dit langue franque n'existe plus ; il est déjà remplacé par un patois italien et par le français. Un autre jargon levantin est en voie de disparition : le spaniole, ce dialecte qu'emploient les descendants des Juifs chassés d'Espagne, en le mêlant de termes hébraïques, et que les Castillans ne comprendraient qu'avec peine. Peu à peu l'éducation substitue les langues policées aux parlers informes. C'est avec un joyeux étonnement que le Français débarquant à Smyrne entend partout résonner sa langMC, que les gens instruits ont adoptée comme leur idiome commun et qu'ils prononcent d'ailleurs avec une remarquable pureté. C'est le français littéraire qui, pour les Arméniens et les Juifs, aussi bien que pour les Grecs et les Levantins, est devenu la ce langue franque » de nos jours.

Le relief même du sol a groupé sur le littoral les populations les plus nombreuses; à mesure qu'on s'éloigne des côtes, les habitants se font plus rares et l'on finit par traverser de véritables déserts. Les villes, les villages populeux se trouvent en très grande majorité dans le voisinage de la mer; comme dans la péninsule Ibérique, avec laquelle l'Asie Mineure ofTre tant de ressemblance, la densité de population diminue du pourtour vers l'intérieur. Cependant les hauts plateaux de l'Anatolie ont, comme ceux de l'Espagne, un certain nombre de villes importantes, étapes forcées du commerce qui se fait d'un littoral à l'autre. La ligne de faite entre le versant de la mer Noire et celui de la mer de Chypre est à peu près exactement la limite entre deux styles d'architecture : au nord sont des toits inclinés recouverts de tuiles; au sud, des terrasses en ai*gile battue ou en cailloutis, quelles que soient d'ailleurs les conditions du climat \

A l'ouest du promontoire de Jason, considéré comme la limite orientale des côtes pontiques de l'Asie Mineure, la première ville du riche pays de Djanik est le port d'Ounieh, ayant quelque importance par ses chantiers de construction et par ses carrièi^s, d'où l'on extrait des dalles calcaires rouges ot blanches, expédiées à d'autres cités du littoral; les roches excavées par les carriers renferment des bancs d'un jaspe ondulé qui prend un très beau poli : c'est là, pense Hamillon, que Mithridate faisait tailler ces vases de jaspe qu'il aimait à montrer à ses hôtes. Les collines calcaires de l'intérieur sont recouvertes d'une argile jaunâtre dans laquelle se tix)uvcnt des nodules de pierre ferrugineuse, d'une assez faible teneur en métal,

' VoD Moltke, Das nôrdliche Vorland Klein-Aiietu.

OUNIEH, CHABIN KÀRA UISSAR, MKSÂR, TOKÂT. 5:;5

que les gens du pays, peut-être descendanls des anciens Chalybes, fondent et forgent en de rastiques usines; le fer, afflué au feu de charbon, est d^ailleurs d'excellente qualité et le gouvernement turc Tacheté pour ses arsenaux. A la fois mineurs, forgerons et charbonniers, les a Chalybes » d'Ounieh mènent une vie errante, déplaçant leurs cabanes et leurs forges quand un gisement leur semble épuisé. Le pays est tout parsemé de four^ neaux en ruines et de scories amoncelées ^ A l'est, également sur la côte de la contrée des Chalybe, se succèdent quelques ports, Fatisa, Orlou, mais, ne servant de débouchés qu'à de courtes vallées, ils n'ont qu'un faible trafic : c'est dans cette région, abrité par le promontoire de Jason, que se trouve le meilleur ancrage de tout le littoral anatolien sur la mer Noire, Yona-liman : quelques navires s'y réfugient en hiver.

La haute vallée du Ghermili, le principal affluent du Yechil irmak, commence dans le cœur des montagnes pontiques, entre des pentes herbeuses. Le chef-lieu de cette région alpestre est un de ces nombreux Kara hissar ou « Château Noir », ainsi nommés de forteresses ruinées qui s'élèvent sur des rochers à pic. Le Kara hissar de l'Anatolie noixl-orientale est désigné spécialement par le surnom de Cheb-khaneh, Chabanah ou Chabin, à cause des mines d'alun que l'on exploite dans le voisinage et dont les produits sont transportés à travers le Goumbet-dagh au port de Kerasoun; un tracé de route carrossable, non encore exécuté, rattache cette ville aux quais de Tireboli. Chabin Kara hissar, haut perchée sur une roche isolée, dans un cirque de montagnes, est à plus de 1600 mètres d'altitude. L'autre ville commerçante de la vallée, Niksar, l'ancienne Neo- Csesarea, est à 500 mètres seulement; elle se trouve à 50 kilomètres à peine du confluent des deux branches maîtresses de l'Iris. Au milieu de sa vaste forêt d'arbres fruitiers se voient quelques restes des fortiflcations romaines de la Nouvelle Césarée. C'est dans cette ville, la Cabira de Strabon, qu'aurait été, d'après Hamilton, la résidence de Mithridate. Presque toute la population normale des alentours se compose de Kizil bach*.

Tokat, la capitale du haut bassin de l'Iris ou Tosanli sou, est l'une des grandes cités de l'Anatolie intérieure et l'un des principaux lieux d'étape sur la route de Gonstantinople à la haute Mésopotamie. Ses faubourgs se prolongent au loin dans les vallées latérales enti^ les jardins; à 12 kilomètres en amont s'élevait la somptueuse Comana pontique', où l'on voit encore quelques débris des temples maçonnés dans un pont byzantin jeté sur

* ILuniitou, Researches in Atia Minor,

* Taylor, Journal ofihe Geographical Society, 1868.

* Brioty Nota manuscrite*.

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riris. Agglomération de masures en terre et en briques cuites au soleil, Tokat pourrait être facilement reconstruite en marbre, car elle est dominée par deux sommets abrupts de calcaire cristallin, qui fournit les plus admirables matériaux de construction; les schistes fissiles sur lesquels reposent ces marbres se taillent en larges dalles, que les Turcs emploient pour les tombeaux. Le rocher du nord porte les ruines pittoresques d'un château byzantin, et sur Tune de ses parois s'ouvrent des grottes naturelles et artificielles qui servirent probablement de nécropole; un porche, au seuil duquel un reste d'escalier est suspendu, donnait jadis accès aux galeries souterraines. Les jardins qui reçoivent la chaleur reflétée des rocs de marbre et qu'arrosent des eaux abondantes, dérivées de l'Iris, donnent des produits excellents ; leurs pommes et leurs poires sont encore meilleures et plus parfumées que celles d'Angora, renommées dans toute l'Asie Mineure et jusqu'à Gonstantinople. Tokat possède une fonderie de cuivre où Ton apporte du minerai extrait des gisements de Kaban-Maden, au delà de Sivas. Elle expédie des ustensiles de ménage jusqu'en Egypte, en Perse et dans le Turkestan.

En aval de Tokat s'étend, aux bords de l'Iris, la plaine fertile de Kaz-ova ou « Plan des Oies », dont le gros bourg de Tourkhal garde l'extrémité; au-dessus des maisons et des jardins, se dresse une roche complètement isolée, à forme pyramidale, que des saillies, contournant obliquement les parois, font ressembler d'une manière frappante à un temple assyrien, tel que nous les montrent les plans restaurés. Une forteresse ruinée couronne le rocher de Tourkhal. Au sud-ouest de la vallée, dans une plaine qu'arrose un tributaire de l'Iris, la ville considérable de Zilleh, l'ancienne Zela, presque exclusivement peuplée de Turcs, groupe également ses maisons au pied d'un haut rocher détaché des collines environnantes et portant une forteresse. Au sommet s'élevait un temple de la déesse Anahit, édifice vénéré que les anciens rois de Perse, dit Slrabon, considéraient comme le sanctuaire par excellence de leurs divinités. C'est probablement la force de la coutume qui a fait de Zilleh un des lieux de foire les plus fréquentés de l'Asie Mineure ; à la foule des pèlerins attirés jadis par la sainteté du temple a succédé le concours des marchands. Au nord de Zilleh, sur la route d'Amasia, on voit le champ de la bataille que César livra contre Pharnace, roi du Pont, et qu'il décrit si brièvement : « Venu, vu, vaincu* ! »

Amasia, où naquit Strabon et où fut rédigé son grand ouvrage, remplit un étroit bassin que traverse l'Iris, uni presque immédiatement en aval au

* G. Perrot, Méinoires d^ Archéologie , d*Épigraphie tt dHiêloire,

Tcrsekan-sou.A l'est, à l'ouest, se dressent de hauts rochers gris qui privent la ville des rayons du soleil pendant plusieurs heures de la journée. Les collines de l'est, moins escarpées, olîrent quelques terrasses plantées en vignes et parsemées de maisonnettes. Les rochers de l'ouest, flanqués à la base d'un large socle sur lequel s'élevait le palais des rois du Pont, indiqué encore par de faibles débris, offrent une paroi presque verticale, que

termine une nrêle aiguë portant la citadelle décrite parStrahon; pour y atteindre, il faut contourner le rocher el gagner à l'ouest une brèche ardue d'où un raide sentier monte vers l'enceinte. La forteresse actuelle est presque en entier de construction byzantine cl turque, mais on y voit encore deux tours helléniques d'un beau travail, ainsi que des galeries taillées dans le roc, qui descendent à une source cachée, puis vont aboutir à l'air libre par un porche semblable à celui de Tourkbal'. Sur les parois du roc

■ Hamilloa, Reuareha in Aiia Uinor; — G. Pcrrot, Voyage en Ane Mineur*.

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qui dominent l'ancien palais, se montrent cinq lombes royale?, se détachant nettement sur le fond gris de la pierre, grâce à l'ombre des grottei^ taillées autour d'elles.

L'ancienne métropole du Pont ne possède pas d'autres restes antiques, si ce n'est les fragments de marbres sculptés qui ont servi à bâtir les piles de l'un de ses ponts; mais elle aune riche mosquée, de belles fontaines, des maisons pittoresques, des moulins soulevant l'eau d'irrigation par de grandes roues qui tournent avec lenteur, des groupes de mûriers qui s'entremêlent aux maisons, et des rues presque propres. Des vautours blancs, qui nichent dans les crçvasses des rochers, nettoient la ville mieux que ne le feraient des escouades d'ouvriers turcs. Amasia, qui compte parmi ses habitants un grand nombre d'Arméniens et de Grecs, formant environ le quart de la population, est assez industrieuse; plusieurs usines se succèdent le long de la rivière et de ses canaux, moulins, ateliers pour le dévidage des soies, manufactures de draps grossiers. ]^[éanmoins elle est aussi un boulevard du fanatisme turc. « Oxford de l'Anatolie », Amasia héberge environ deux mille étudiants, partagés en dix-huit médressé ou collèges, fondations pieuses qui possèdent des champs, des maisons, des boulimies, dont le produit entretient professeurs et élèves. Ces propriétés rakoufy gérées par un administrateur spécial, qui siège à Gonstantinople dans le conseil des ministres, ne rapportent aux écoles qu'une bien faible part de ses revenus effectifs*.

Amasia et les autres villes du bassin inférieur de l'Iris, Tchoroum et Mersifoun (Mersi>van), n'expédient pas leurs denrées par l'embouchure du fleuve; les bateaux ne remontent point le courant, et le bourg le plus rapproché de la mer, Tcharchamba, à la tête du delta, ne se compose que de maisons dispersées sur les deux rives limoneuses du fleuve Vert. A l'occident du Yechil, Samsoun, le port moderne qui sert d'intermè» diaire au commerce des deux bassins du Yechil irmak et du Kizil irmak, se trouve presque à moitié chemin entre les deux deltas; il a succédé à l'antique Amisus des Grecs, qui s'élevait à 2 kilomètres plus au nord et dont on voit encore les môles et les restes de quais, bordant des terres alluviales cultivées en jardins. La cité actuelle, aux rues tortueuses et sales, n'est remarquable que par sa rade, comprise entre les deux vastes demi-cercles des alluvions fluviales. Depuis le milieu du siècle, son commerce a notablement augmenté, surtout avec la Russie, et dans les projets de nombreux ingénieurs, Samsoun est désigné comme futur point de dé^

< G. Pcrrot, ouTragc cilé.

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